‹ De la gastronomieChapitre 33 sur 53 · LAN · texte numérisé non relu

LAN

on convint qu à monseigneur seul appartenait le

droit de le séparer de sa racine, et le coutelier

voisin fut ch ar gé de faire immédiatement un couteau approprié à cette haute fonction.

Péndant les jours suivants, l'asperg rge ne ft que , croître en grâce et en beauté ; sa re était lente, mais continue, et bientôt on commença à apercevoir Îa partie blanche où finit la propriété esculente de ce légume.

Le temps de la IMmOIssOn ainsi indiqué, on sy prépara par un bon diner, et on ajourna l'opération au retour de la promenade.

Âlors monseigneur s'avança armé du couteau officiel, se baissa avec gravité, ets s occupa à séparer

° il de sa tige le végéte orgueilleux, t tandis que toute

la cour épiscopale m arquait quelque impatience d'en examiner les fibres et la contexture.

M . A . ER a . A ] ais, Ô surprise: © DESRRPERCE RENE : Ô daou-

} se rcieva les mains vides | ss...

leur ! le el L'asperge était de bois.

Cette plaisanterie, peut-être un peu forte, était du chanoine Rosset, qui, né à Saint - Claude, tournait à merveille et peignait fort agréablement.

Il avait conditionné de tout point la fausse plante, l'avait enfoncée en cachette, et Ja soulevait un peu chaque jour pour imiter la croissance

naturelle.

93 De Ia Gastronomie

Monseigneur ne savait pas trop de quelle manière il devait prendre cette mystification (car cen était bien une) ; mais voyant déjà l'hilarité se peindre sur la figure des assistants, A | sourit ; et ce sourire fut suivi de l'explosion générale d'un rire véritablement homérique : on emporta donc

l fu déli É lu déli e corps du aêlift, sans s occuper au délinquant ; et pour cette soirée du moins, la statue-asperge

fut admise aux honneurs du salon.

Page 1