‹ De la gastronomieChapitre 40 sur 53 · EU OS · texte numérisé non relu

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De la Gastronomie 117 TEE —,

2 rotie nation excelle dans l'art de faire la salades

(C voudriez-vous nous favoriser et en accommoder ç une pour nous 4 >

D’AlÏb: gnac y consentit après quelque hésitation, Red tout ce qu A crut nécessaire pour faire le chef d œuvre attendu, Ne mit fout ses soins et eut le bonheur de réussir.

Pendant qu Al ét udiait ses doses, il re épondait avec franchise aux questio ons qu on lui faisait sur sa situation actuell Fo il < lt qu 1 était émigré et avoua, non sans rougir un peu, qu 1 recevait les secours du gouvernement anglais, circonstance qui autorisa sans doute un des jeunes gens à lui glisser dans la main un billet de cinq Lvres sterling, qu il accepta après une molle résistance

Il avait donné son adresse et à que

To % z ; temps de 1a il ne fut que médiocrement surpris |

de den oumer lors ll ESS ae recevoir une lettre par aquelie on le priat, dans les termes les plus honnêtes, de venir ac-

commoder une salade dans un des plus beaux hôtels de Grosvenor square.

D’Albignac, commençant à prévoir quelque SUAASE durable, ne balança pas un instant, et

arriva ponctue ellement après s être muni de quel-

ques assaisonnements nouveaux qu il jugea conve-

rad

oh és QT AR

nables pour donner à son ouvrage un plus haut degré de perfection.

Il avait eu le temps de songer à la besogne 7. . . . { qu il avait à faire ; il eut donc le bonheur de réussir encore, et reçut, pour cette fois, une grati- . . 11 ,, REA l Pa fcation telle au il n eut pas pü la reluser sans se nuire.

Les premiers jeunes gens pour qui “| avait 1 Le) opéré avaient, comme on peut le présumer, vanté . RE Q 7 . + { 7e jusqu à l'exagéraftion le mérite de la salade qu il ë - = FT 1 :

avait assaisonnée pour eux. La seconde compagnie ft encore plus de bruit, de sorte que la répu- . 1 2RA 1: LE .

tation ae d A\ibignac s étendit promptement ; on PS .C . f .

le désigna sous la qualification de fashionable salat-maker CS dans ce pays avide de nouveautés, Æ . A tout ce qu il 3£ avait de plus élégant dans la capitale des trois royaumes se mourait pour une À mn salade de la façon du gentleman français : É die e . ? L ; Jor 1t, C'est l'expression consacrée.

Désir de nonne est un feu qui dévore, Désir d'Anglaise est cent fois pire encore.

D'Albignac profita en homme d'esprit de l'engouement dont il était l'objet ; bientét il eut un carrik pour se transporter plus vite dans les divers endroits où il était appelé, et un domestique

3 ? . Ss portant, dans un nécessaire d'acajou, tous le

ingrédients dont il avait enrichi son répertoire, tels que des vinaigres à différents parfums, des huiles avec où sans goût de fruit, du soy; du caviar, des truffes, des anchois, du calchup, du jus de viandes et même des jaunes d œuf, qui sont le caractère distinctif de la mayonnaise.

Plus tard, il fit fabriquer des nécessaires pareils, qu'il garnit complètement, et qu'il vendit par centaines.

Enfin, en suivant avec exactitude et sagesse sa ligne d'opération, l vint à bout de réaliser une fortune de plus de 80.000 fr. qu'il transporta en France quand les temps furent devenus meilleurs.

Rentré dans sa patrie, il ne s amusa point à briller sur le pavé de Paris ; mais il s occupa de son avenir. Il plaça 60,000 fr. dans les fonds publics, qui pour lors étaient à cinquante pour cent, et acheta pour 20.000 fr, une petite gentilhommière située en Limousin, où probablement il vit encore, content et heureux, puisqu'il sait borner ses désirs.

Ces détails me furent donnés dans le temps par un de mes amis qui avait connu d'Albignac à Londres, et qui l'avait tout nouvellement ren-

contré lors de son passage à Paris.

me

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