‹ De la Gastroptose: Abaissement et Déformation de l'EstomacChapitre 15 sur 21 · OA · texte numérisé non relu

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sensibilité stomacale à la pression ; parfois, cependant, un peu d'hyperesthésie cutanée due plutôt au nervosisme concomitent qu’à la gastroptose elle-même.

Le premier phénomène qui frappe l’observateur est l’état de tension et de tonisme de la paroï gastrique : il semble à la main qui palpe que l'estomac est fortement contracté.

On observe aussi d’une façon à peu près constante du clapotage gastrique. On l’obtient en déprimant vivement, la paroi stomacale, ce qui détermine, parfois, un bruit comparable, selon l’expression de M. Bouveret, à celui qu’on obtient en agitant une bouteille à demi pleine d’eau. On peut compléter utilement la recherche du bruit de clapotage par celle du bruit de succussion, que l’on met en évidence en secouant assez fortement le tronc, saisi au niveau des dernières côtes.

A des intervalles plus ou moins éloignés, on peut voir se dessiner, soit spontanément, soit à l’aide de pressions ou de frictions de la paroi abdominale, une saillie globuleuse qui naît sur le côté gauche de l’ombilic, se déplace assez rapidement pour gagner la ligne médiane et l’hypocondre droit. Quelquefois, l’estomac se contracte én masse comme un utérus gravide; c’est là un phénomène que Cruveilhier a décrit et donné comme signe de sténose pylorique en 1852. Mais l’ondulation péristaltique de l'estomac a été seulement mise en lumière par Kussmaul, en 1880. Ces ondes sont parfois si nettes qu’elles permettent, dans les cas de gastroptose un peu forte, de reconnaître non seulement le siège de la grande courbure, mais aussi celui de la petite.

Percussion. — On arrive d’ailleurs assez facilement à

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voir quelle est la limite supérieure de la cavité gastrique en percutant légèrement de haut en bas, depuis les dernières côtes jusqu’à l’ombilic, Cette limite peut sièger habituellement depuis 4 centimètres au-dessus de l’ombilic jusqu’à Pombilic lui-même. La limite inférieure, qu’on reconnaît facilement en percutant de bas en haut pour mieux différencier le tympanisme intestinal de la sonorité gastrique, se trouve toujours au-dessous de l’ombilic, en un point quelconque de la ligne ombilico-pubienne ; il est même des cas où, comme dans notre observation IIT, elle arrive presque jusqu’au pubis. Quoique les ptoses sans dilatation soient rares, il est des cas où la distanceentre les deux courbures est la même que normalement : c’est alors un bon moyen de diagnostic.

Certains auteurs ont décrit dans la gastroptose une zone de matité siégeant immédiatement au-dessous des côtes et correspondant normalement à la limite supérieure de lestomac. Ils l’expliquent par l’abaissement de l’estomac qui permet au pancréas de faire saillie en avant ; nous n’avons pu retrouver, sauf une fois ou deux, cette zone de matité, ni sentir nettement le pancréas; c'est aussi l’avis de M. Tournier. Il n'en est pas ainsi des battements aortiques que l’on perçoit généralement très bien. Dans notre neuvième observation, on trouve bien notée une petite induration allongée qui aurait pu être prise pour le pancréas ; il s’agissait plutôt, croyons-nous, d’un spasme pylorique ou d’une cicatrice d’ancien ulcère.

Il est encore une modification de la sonorité gastrique qui, d’après M. Tournier, a une importance capitale dans la symptomatologie de la gastroptose et pour son diagnostic avec les autres déplacements de l'estomac ; nous

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voulons parler d’une zone que certains auteurs ont appelée sous-mammaire, que M. Tournier appelle « sous-cardiaque-hépatique » et qui commence à l'endroit où normalement on perçoit bien la sonorité de la grosse tubérosité. En cette région existe, à l’état normal, une bande sonore de la largeur de la main ; l'étendue de cette bande est augmentée quand l’estomac est déplacé vers le haut; au contraire, dans l’affection qui nous occupe, elle est réduite à deux ou trois travers de doigt et encore n’obtient-on qu’une sonorité médiocre et profonde, contrastant avec la sonorité superficielle normale.

Auscultation. — T’auscultation peut nous donner quelques renseignements ; elle révèle les bruits de gargouillement gastrique. (Certains auteurs ont décrit comme signe de la gastroptose le bruit de glouglou spontané ; c’est là, croyons-nous, une erreur ; ou, du moins, jamais on ne perçoit ce bruit aussi net, aussi spontané et rythmé par la respiration que dans la dislocation verticale. Il est des cas, cependant, où l’on peut le provoquer légérement en comprimant la base du thorax, relevant le foie et percutant la région gastrique.

On a proposé, dans ces derniers temps, d’unir la percussion à l’auscultation. Bianchi, de Parme, et Bendeski, de Kiev, ont proposé un instrument, appelé par Bianchi phonendoscope.

Il est encore un autre moyen d'utiliser les données de l’auscultation : c’est le procédé que M. Tournier emploie depuis sept ans : on imprime au tronc du malade placé dans le décubitus dorsal des mouvements rapides ana logues à ceux qui servent à la recherche du bruit de suceussion; en même temps, on approche l'oreille tout

AN yees près de la paroi abdominale et, en notant au crayon les différents points où l’on perçoit nettement un bruit de claquement, on délimite d’une facon précise le siège de la grande courbure jusqu’au pylore.

Ainsi, grâce à des procédés en somme faciles d’exploration, l’on peut arriver à fixer assez nettement la situation de l’estomac et son degré de déplacement. Mais il est encore d’autres procédés qui permettent de compléter utilement les données fournies par les méthodes courantes d’examen : nous voulons parler de la distension artificielle de l'estomac et de l'éclairage artificiel de sa cavité.

Distension artificielle de l'estomac. — Nous ne citerons que pour mémoire la distension par l’eau préconisée ar Piorry et vulgarisée par Penzold en 1877. Les résultats obtenus par cette méthode restent bien loin derrière ceux dela distension de lestomac par les gaz. L’emploi des poudres effervescentes est certainement de tous les moyens le plus pratique, surtout en clientèle, et l’on persuade plus facilement d’absorber deux cachets, l’un de bicarbonate de soude et l’autre d’acide tartrique, que de se prêter à l’introduction d’une sonde stomacale. Il suffit de 3 grammes de bicarbonate et de 2 grammes d’acide tartrique.

Néanmoins l’insufflation buccale, préconisée par Poltowiez et fréquemment employée par M. Bouveret, l’insufflation à l’aide de l’appareiïl de Richardson employée par Rüneberg, le double flacon de Jaworsky ou les deux ballons jaugés au préalable comme le préconise Langherans peuvent rendre de grands services.

Ces divers moyens ont l’inconvénient de n’être pas d’un emploi très facile et le plus grand reproche qu’on leur ait

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