Pareil fait se constate en Afrique
attrait exercé par l'ambre sur les peuples de l'Europe, je vois l'héritage moral laissé par leurs fondateurs. Quand ils étaient partis de là-bas, ils avaient emporté avec eux le fétiche de leur foi, et ils l'avaient transmis à leurs descendants.
Qu'étaient exactement ces hommes, que valaient-ils, et pourquoi partirent-ils? Il faut bien se poser ces questions, puisque leur départ a donné le branle à l'histoire de la moitié du monde.
J'ai déjà indiqué leur nature physique, ce qu'on appelle communément la race. Il ne faut pas d'ailleurs lui attribuer une grande importance : elle va se modifier suivant les nouvelles conditions de leur vie, le pays où ils s'établiront, les populations au sang desquelles ils mêleront le leur.
J'ai également indiqué les mérites que les Anciens ont cru reconnaître chez les peuples de ces régions : le sens du travail, un certain idéal de justice et de bonté, l'amour de la paix entre eux et l'humeur accueillante. Les institutions communes qu'ils ont léguées aux populations de leur descendance dénotent chez eux le respect rehgieux du droit, un sentiment profond de la solidarité humaine, un désir intense d'organiser la société sur des principes rigoureux et pour une durée éternelle. Mais là encore, il ne peut s'agir de qualités immuables : les dangers de la vie ou de mauvais contacts pourront changer ces vertueux Hyperboréens en cohortes de guerriers ou en hordes de pillards. Tous les hommes, quels qu'ils soient, et les peuples comme les hommes, dépendent moins de leur nature que de leur histoire, de leur origine que de leur éducation.
Enfin, je crois que ces peuples du Nord étaient arrivés au même degré de civilisation que la plupart des tribus occidentales auxquelles ils vont imposer leur maîtrise. C'étaient dès lors des agriculteurs, et ils connaissaient l'or et le cuivre'.