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La chose peut d'ailleurs dater des temps de Saint-Acheul

naissance. Et tant que dura la civilisation des chasseurs, ia société humaine se fit gloire d'être une famille de troglodytes, conçue pour ainsi dire dans le sein de la terre. i Au surplus, de nouvelles et brillantes destinées, une véritable Renaissance, ou, mieux, un complet développement de toutes ses facultés, allait être réservé, après ce besogneux Moyen Age, à l'humanité des chasseurs, devenue fille des cavernes K

L'origine de cette Renaissance, comme celle de ce Moyen Age, paraît être à la fois dans des faits de nature et des faits de race. La nature, dit-on, se montra plus clémente; et si le froid demeura très rigoureux, il devint clair et sec, un vrai froid de steppe, et il permit, hors des cavernes, les longues courses de chasses,^ les stationnements de pêches interminables. De nouveaux animaux arrivèrent, moins dangereux pour l'homme comme adversaires, plus séduisants comme butin, le renne, l'antilope, le cheval. Il s'habitua à d'audacieux voyages, à des expéditions hasardeuses, à un contact plus constant avec la franche lumière et la libre nature. Ses facultés physiques et intellectuelles se réveillèrent à ce jeu plus intense. Une nouvelle espèce d'hommes se présenta sur notre sol, peut-être appelée d'ailleurs par les conditions plus faciles de la vie : race au front droit et vaste, à la tête fine, au cerveau développé, à la musculature solide, puissante, mais à la tournure dégagée, race dont on devine, à ses œuvres, qu'elle possédait dans un corps très sain une intelligence

1. Voyez maintenant, sur ces grottes, les magnifiques publications entreprises par l'Institut de Paléontologie humaine, sous les généreux auspices du prince Albert de Monaco, auxquelles collaborent Boule, Breuil, Capitan, Cartailhac, Peyrony, etc. (Peintures et gravures murales des cavernes paléolithiques, depuis 1906, Monaco) L'archéologie préhistorique est peut-être actuellement celle qui possède en France la meilleure méthode et les plus complets instruments de travail.

non moins saine '. Et alors, sur notre sol, commença la floraison d'une civilisation splendide^ où les principes établis par les générations antérieures parvinrent à leur apogée, où d'autres principes, posés par les générations nouvelles, produisirent des chefs-d'œuvre presque du premier coup.

La vieille pratique du silex fut portée à sa perfection. On pourrait dire, si le mot ne jurait pas avec la matière, qu'elle atteignit une souplesse incroyable. — Voyez, pour la délicatesse des objets, les lamelles de pierre trouvées à Volgu (en Saône-et-Loire). En principe, c'est la lame de Saint-Acheul, avec l'aplatissement de ses deux côtés, son allongement progressif en pointe : mais ici, la lame a jusqu'à près de 40 centimètres de longueur et quelques millir mètres à peine d'épaisseur; pour arriver à la ciseler sans rupture, il a fallu des centaines de coups, donnés par une main d'une légèreté et d'une sûreté infinies. Jamais, que je sache, la pierre n'a livré des œuvres d'une ténuité aussi grande : il n'y aura que le métal pour ramener, longtemps après, un tel résultat. Il est vrai que ce ne sont pas des armes, au moins des armes humaines : car on a dû en faire présent à des dieux ou à des morts; mais pour eux, sous le travail de l'artiste de Volgu, l'antique coup de poing, lourd et robuste, s'est transformé en une feuille de silex à peine plus pesante que la feuille de saule dont elle imite et ampUfle les formes. — Et voyez, pour l'utilité de l'outillage, les instruments d'Aurignac (Haute-Garonne), de Solutré (Saône-et-Loire), de La Madeleine (Dordogne) : là, grattoirs massifs, perçoirs étroits et pointus comme des vrilles, burins aux extrémités angulaires; plus loin, pointes à crans, qu'on devine incorporées dans un manche de bois

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