PARALYSIE GÉNÉRALE
A côté d’eux, je crois pouvoir signaler les cas nombreux déjà', où des anévrysmes miliaires, soit des artérioles méningées, soit des artérioles de la partie superficielle de la substance grise, ont été rencontrées chez des paralytiques généraux.
On sait, en effet, que dans cette maladie, qui souvent prend rapidement et progressivement les allures d’une affection générale, les méninges et l’encéphale
recueilli à une autopsie faite dans le service du Dr Bourdon, médecin de la Charité.
Le malade, âgé de 42 ans, fondeur en cuivre, avouait des excès alcooliques.
Le système cardiaco-vasculaire était atteint dans une notable étendue: (affection organique du cœur, face interne; concrétions aortiques; trois anévrysmes de l'aorte superposés. L’un, au-dessus de son origine; le second plus haut; le troisième à la fois thoracique et abdominal.
Celui-ci était le plus volumineux et il avait eu des retentissements destructeurs sur les parties voisines.
[Bulletins de la Société anatomique, juillet 1867, page 469.)
subissent, dans quelques-unes de leurs parties surtout, de profondes modifications vasculaires ; aussi, à diverses phases de son évolution, a-t-on pu noter de véritables attaques d’apoplexie cérébrale qui se traduisaient anatomiquement par des foyers hémorrhagiques.
Or les caillots plus ou moins volumineux que l’on rencontre alors peuvent renfermer, comme nous l’avons constaté, des anévrysmes de différentes structures, soit anévrysmes miliaires, soit anévrysmes des gaines.
J’ai dit précédemment dans une note (p. 22), qu’en 1868, mes collègues de la Salpêtrière m’avaient permis d’examiner avec eux plusieurs cerveaux qui provenaient des services destinés aux maladies mentales, et qu’en cette seule année, sur trois cas où le diagnostic avait été porté paralysie générale progressive avec accidents apoplectiques terminaux , j’avais trois fois , rencontré dans les foyers et en dehors, des anévrysmes miliaires.
L’altération générale des vaisseaux était évidente.
Des trois cas, je n’en choisirai qu’un pour le donner entièrement ici.
Les pièces ont du reste été présentées à la Société anatomiqne (1868), par M. Bassereau, qui y joignait des préparations histologiques que j’avais faites du système vasculaire encéphalique altéré.
Je transcris la relation même des Bulletins de la Société anatomique :
« Mai 1868 : M. Bassereau montre un cas de ramollisse-
(' ment très-étenclu du cerveau avec lésions athéromateuses « et anévrysmatiques du système artériel.
« Ces lésions ont été trouvées sur une femme morte à la a Salpêtrière, âgée de 59 ans (service de M. le docteur Mo- « reau), et qui était atteinte depuis longtemps de démence et « de paralysie générale progressive.
« A l’autopsie, on reconnut que les artères cérébrales « étaient athéromateuses, et qu’il existait sur les capillaires « superficiels un très-grand nombre d’anévrysmes miliaires.
« L’examen microscopique fait par MM. Basscreau et Liou- « ville a prouvé d’une manière incontestable la nature de « ces anévrysmes. On reconnaissait que plusieurs de ces di- « latations étaient entourées d’une petite hémorrhagie.
« Les centres cérébraux (couches optiques, corps striés, etc.), « sont atteints de ramollissement rouge).
« Le microscope montre dans ces parties ramollies, des « globules de graisse, des corps de Gluge, quelques tubes « nerveux variqueux, des vaisseaux à parois épaisses, granua leuses ; le tout mêlé à de l’hématoïdine qui colore la « masse. Grande prolifération de noyaux conjonctifs, non « loin de là.
« Dans le cervelet se voit au niveau de l’extrémité anté- « rieur du corps rhomboïdal droit une ancienne cicatrice « d’un foyer hémorrhagique, dans laquelle on retrouve de « très-beaux cristaux d’hématoïdine. La protubérance offre « une particularité du même ordre. »
Pour les autres cachexies si souvent invoquées par les malades, surtout dans l’étiologie probable de leur affection ( syphilis , abus du mercure , qu’on a également tant accusé d’être au nombre des causes d’altérations vasculaires prédisposant aux anévrysmes), mes notes contiennent des renseignements trop incomplets encore, pour que je puisse me permettre de formuler une opinion à ce sujet.
Je n’en dirai pas autant d’une cachexie des plus inéressantes et par sa source quelquefois si difficile à retrouver et par ses effets multiples; cachexie à la fois professionnelle et toxique pour ainsi dire. Je veux parler de l’altération profonde que peut amener l’intoxication saturnine :
INTOXICATION SATURNINE.
Des accidents cérébraux y sont souvent notés, et avec l’encéphalopathie, il n’est pas rare de constater une tendance scléreuse plus ou moins prononcée des artères et artérioles du cerveau. Ce peut être pour eux les premiers pas faits vers la déformation, la dilatation, l’usure et la rupture, et, sous une influence quelconque, l’anévrysme ainsi préparé s’effectue.
J’ai pu en effet, et cette fois encore, dans cette mine si riche de faits présentés à la Société anatomique, voir en 1869, et examiner avec attention des pièces apportées par mon collègue M. Landrieux , comme recueillies chez un saturnin, qui avait succombé à des complications très-accentuées du côté du cerveau. Il y avait des hémorrhagies cérébrales et des anévrysmes miliaires encéphaliques.
C’était dans les salles deM. Gubler, à Beaujon, que le malade avait été observé.