‹ De la généralisation des anévrysmes miliairesChapitre 25 sur 42 · GOUTTE · texte numérisé non relu

GOUTTE

Je ne connais point encore d’observations où des anévnjsmes hémorrhagipares aient été rencontrés chez des goutteux , dont les autopsies sont, du reste, si rares, au moins dans les hôpitaux de Paris.

Toutefois, l’altération des vaisseaux me paraît devoir jouer dans cette maladie un rôle plus important que celui qu’on a l’habitude de lui assigner (1).

(1) Nous ne possédons malheureusement que très-peu d’études complètes concernant les altérations vasculaires dans la goutte. Les faits suivants sont donc utiles à enregistrer :

Dans un cas rapporté par Schrœder van der Kolk (1853), « l’urate de soude, accumulé en notable quantité dans diffé- « rents points du corps, aurait envahi les parois des veines. »

Dans un autre fait bien étudié par MM. Charcot et Cornil (1863) : Femme âgée de 84 ans. On constate à l’autopsie du crâne que : « la dure-mère est épaisse : à sa surface interne,

« sur les parties qui correspondent à l’hémisphère gauche,

« on remarque des îlots rouges, comme imbibés de sang , « saillants, irréguliers, disposés sous forme de plaques ou de « simples points accolés à la dure-mère et bien indépen- « dants de l’arachnoïde : ce sont des néo-membranes vascu- « laires et infiltrées d’ extravasations sanguines. La moitié droite « de la dure-mère présente quelques points rouges analo- « gués, non réunis sous forme de plaques. Le cerveau paraît a sain dans toute son étendue. Les artères de l'encéphale sont « à peine un peu indurées. »

Enfin dans ses leçons sur les maladies des vieillards faites à la Salpêtrière en 1867, M. Charcot ajoute que chez les goutteux « l état athéromateux des artères , peut donner lieu à « des hémorrhagies cérébrales ; et alors on|observe de vraies et « non de fausses apoplexies. »

Ne sait-on pas que les hémorrhagies, et quelquefois les hémorrhagies multiples sont assez fréquentes chez les malades atteints de cette affection éminemment générale? Les hématuries, les épistaxis s’y rencontrent surtout.

Des troubles cérébraux, des manifestations ressemblant à celles que produit l’hémorrhagie cérébrale, sont présents à l’esprit des praticiens qui ont eu à diriger le traitement de ces maladies spéciales.

Toutefois, à ma connaissance, rien de très-exactement observé et contrôlé n’a été publié à ce sujet, qui serait cependant fécond en intéressantes notations ; mais la situation particulière des malades qui sont le plus fréquemment atteints de la goutte rendra de longtemps encore ces recherches bien difficiles et bien incomplètes, si l’éducation ne fait point disparaître certains préjugés.

Je crois qu’il serait aussi très-intéressant de rechercher des coexistences analogues dans des cas de lésions cérébrales (brusques et se traduisant par un foyer hémorrhagique), survenues pendant la leucémie , la grossesse , Y anémie, le scorbut et dans le purpura généralisé , ainsi que dans les fièvres qui présentent un caractère malin , semblent s’être emparées de tout l’individu, et s’aggravent bientôt par des complications hémorrhagiques multiples . On comprend facilement qu’ici les documents n’abondent point encore.

Il s’agit en effet d’un ordre de sujets tout à fait nouveau, sur lequel nous voudrions beaucoup plus attirer l’attention que donner des conclusions, qui nous sem-

bleraient actuellement prématurées. Toutefois nous croyons devoir transcrire les quelques notions suivantes qui peuvent intéresser ce point spécial, et qui sont les seules qui soient, jusqu’à présent, à notre connaissance.

LEUCOCYTHÉMIE.

D’intéressantes recherches poursuivies depuis 1866 par MM. A. Ollivier et L. Ranvier, tendent à démontrer que Y hémorrhagie cérébrale peut être plus fréquemment constatée qu’on ne le dit dans la leucocy thé mie.

Toutefois je n’ai point encore pu recueillir de cas où des anévrysmes miliaires aient été rencontrés dans les foyers cérébraux ainsi produits.

Les auteurs cités plus haut ont jusqu’à présent cru devoir rattacher les lésions encéphaliques au trouble circulatoire suivant : « Accumulation des globules « blancs, etc., distensions consécutives des capillaires « qui finissent par se rompre en détruisant la pulpe « cérébrale (1). » ♦*

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