‹ De la glossite exfoliatrice marginéeChapitre 10 sur 15 · Debove. — Le psoriasis buccal. Thèse de Paris · texte numérisé non relu

Debove. — Le psoriasis buccal. Thèse de Paris

Mauriac S Lailler ^ Fairlie Clarke % Trélat % Verneuil % Vidal Duhring \ Merklen

Observation publiée dans la thèse de M. Saison, intitulée Psoriasis linguai, provenant aussi du service de M. Lailler.

Laluque, soixante-neuf ans, cordonnier, faubourg S;dnt-Antoine. Entré le 19 mars 1869, sorti le 11 mai 1869 État stationnaire.

Constitution moyenne. Tempérament lymphatique. Ce malade est bien conservé et présente tous les attributs de la santé.

Il n’a pas eu de gourme, d’ophthalmies, d’otorrhées, de glandes au cou dans son enfance. Il a fait la campagne de France en 1814: depuis ce temps, il est sujet à des douleurs articulaires à marche subaiguë dans les grandes articulations. Lumbagos, pas de torticolis. Pas d’angine. Appétit conservé, digestion lente, constipation; hémorroïdes qui ne donnent plus de sang actuellement.

Une blennorrhagie à bâge de dix-huit ans. Pas de syphilis. Nourriture très insuffisante ; pas d'habitudes alcooliques, fume environ pour 0 f. 05 de tabac par jour, ne chique pas, la pipe présente un tuyau assez long.

La maladie actuelle a commencé il ya environ trois mois. Le malade l’attribue à l’état fonctionnel du tube digestif, qui est le siège d’une constipation habituelle et opiniâtre.

1. Majirlao. — Du psoriasis de la langue et de la muqueuse buccale. Union médicale, ’87:l-lî<74.

t Lailler — Leçons sur Quelques a ff'^cHons cutanées . 1877 p. 55.

3. Fairlie Clarke. — A Treatise on the diseuses of the tongue. 1873, p. 95

4. Trélat. — Rapports entre le psoriasis et V éplthélioma de la langue (Société de chirur^^ie 8 décembre 1878).

5. Verneuil — tinithélioma de la langue succédant au psoriasis. (Tribune médicale, 1S7H).

6. \idal. — De la leucopiasie buccale. Union médicale, 1883. n°s i et 4.

7. Dutiring. — .Traité pratique des maladies de la peau traduit par le docteur Barthélemy et le docteur Colson, p. 370.

8. Merklen. — L psoriasis buccal de Bazin {Annales de dermatologie et de syphililagraphie, 1883, p. 157 et 216).

Elle s’est d’abord montrée sur la face supérieure de la langue par des points ayant une apparence blanchâtre. Jamais il n’y a eu de boutons. Depuis celte époque, la maladie a toujours été en progressant.

État actuel. — La face supérieure de la langue dans ses deux tiers antérieurs, c’est-à-dire la portion de l’organe qui, située en avant du V lingual, présente un aspect opalin blanchâtre, lequel n’offre pas une disposition que l’on puisse rap^porter à la disposition circinée ou nummulaire. Les points d’apparence blanchâtres ont une épaisseur variable.

Sur certaines portions, elle est d'un blanc resplendissant, nacré, dans les points surtout ou la muqueus • présenté des élemres papuleuses de la gi'osscur d'un grain de mi let mais d’une superficie un peu plus grande. Ces élevures sont appréciables avec le doigt: elles donnent la sensation que l’on éprouve en passant la main sur une portion de peau atteinte de lichen.

Au niveau de ces parties blanchâtres, on observe des enfoncements, des sillons transversaux et antéro-postérieurs. Enfin entre les points où la muqueuse offre cette teinte opaline, il y a des endroits où elle paraît presque saine. Signalons une petite ulcérat'ion allongée superficielle qui se trouve à la basse de l’organe.

L’apparence opaline existe également à la pointe de la langue et un peu vers les bords latéraux, mais elle ne se propage pas sur la face inférieure et sur le plancher buccal.

On retrouve encore quelques lamelles blanchâtres à la face interne des commissures et des joues. Rien aux gencives ni à l’isthme du gosier.

Au toucher, on ne trouve pas d’induration profonde dans le tissu lingual. La nuit, il a une sécheresse très accusée de la cavité buccale. Pas de démangeaisons. Douleurs provoquées par les aliments chauds et non par les aliments froids. La sensation gustative paraît intacte. >Sa'ivation abondante, surtout après le repas. — Sommeil très bon, appétit conservé.

Pas de ganglions occipitaux, sous-maxillaires ou paroti-

diens, pas d’alopécie, pas d’angine, pas de maux de tête ; pas d’autre éruption sur le corps que des furoncles.

Au scrotum, démangeaisons très vives depuis trois semaines, mais sans éruption. Induration à la face interne des cuisses de chaque côté (cordonnier).

Traitement. — 10 grammes de bicarbonate de soude pour un litre d’eau. Pulvérisation matin et soir. Tisane de séné. Mâcher de la racine de rhubarde.

Jusqu’au 24 avril, l’état reste à peu près stationnaire, pourtant les points saillants, les élevures semblent s’affaisser un peu et surtout perdre de leur dureté.

Cautérisation de la langue au nitrate d’*argent.

Mai. — Comme caractère extérieur, la maladie n’a guère changé d’aspect, mais la maladie indique surtout des modifications favorables au point de vue des douleurs qu’il éprouvait presque constamment. Elles ont disparu. La mastication s’opère facilement, la soif est normale.

Le malade quitte l’hôpital sur sa demande. Très légère amélioration dans l’éruption. L'épaisseur du produit épithélial est moindre ; les saillies, qui avaient une dureté fibreuse, se sont affaissées en partie. Plus de douleurs. Santé générale bonne.

Depuis, ce malade est revenu à la consultation de M. Laitier, et en février 1869, on moula sa langue (N° 118). On n’en a plus eu de nouvelles.

En résumé, les principaux caractères consistent en des plaques blanchâtres et le plus souvent argentées ou même o’un blanc nacré sur la face dorsale de la langue. Ces plaques nacrées sont des squames et des lamelles, prêtes à se détacher.

Glossüe cachectique et des convalescents. — Celle affection desquamative se produit pendant les maladies aiguës et dans les affections chroniques, surtout lors- . que le malade arrive à la période cachectique. L’aspect est le même dans les deux cas et si l’exfoliation est per-

sistaiile dans le dernier cas, elle disparaît au contraire à la fin d’une convalescence. L’organe se trouve' envahi en partie ou en totalité. Toujours est-il que dans la partie desquamée, la muqueuse est d’un rose ' plus ou moins vif, unie, lisse au toucher comme à la vue, sans saillie des papilles qui sont presque effacées.

Très souvent la langue présente l’aspect suivant : une partie de la face dorsale est exfoliée et le reste représente assez bien un tamis ou un filet dont les mailles de fine dimension et en quelque sorte à forme ovoïde indiqueraient les parties dénudées tandis que les fils elles nœuds, c’est-à-dire la charpente du filet, représenteraient les parties de la muqueuse où l’épithélium se trouve conservé. Les endroits exfoliés ne sont pas limités parmi liseré comme dans la glossite exfoliatrice et les bords sont à découpures plus ou moins nettes. Il existe comme un état criblé de la langue en dehors des larges plaques desquamées.

Glossite des fumeurs. — Dans un premier degré la muqueuse est rouge, lisse, et sensible surtout aux aliments épicés ou acides. C’est en quelque sorte un léger érythème ou une brûlure au 1" degré.

A une période plus avancée, M. Fournier^ la décrit de la façon suivante :

(( Or, cette glossite, alors qu’elle a atteint un degré avancé, peut être facilement confondue avec certaines lésions syphilitiques de la langue, notamment avec les glossites scléreuses.

» C’est qu’en effet cette glossite du tabac bien ac-

Page 1