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HISTORIQUE ET NOUVELLE DÉNOMINATION

Comme le fait observer à juste titre M. Gautier raffection qui nous occupe offre ceci de particulier, que, jusqu’à présent, les auteurs dont elle a attiré l’attention ont paru ignorer les travaux antérieurs, au moins en partie.

Rayer ^ en 1831, a exposé le premier une affection analogue dans son traité des maladies de la peau, sous \q nom pityriasis lingual. Quelques lignes seulement servent à la définir.

Vient alors la description de Mœller% de Kœnigsberg, en 1851, sous le nom ^excoriation linguale. Les observations de ce professeur me paraissent devoir se rapprocher beaucoup plus de Vintertrigo de Santlus ' et du lichénoïde de Vanlair malgré les dénégations de ce dernier [Revue mensuelle de médecine et de chirurgie., 10 mars 1880, page 233), que de l’affection que je vais décrire.

1. V. Gautier. ■— La desquamation épithéliale de la langue. — Genève, H. Georg, libraire, éditeur. — Chromo-lithographie et planches gravées.

2. Rayer. — Traités des maladies de la peau, t. II, p. 167, Paris, 1831.

3. Mœller. — Klinische Bemerkungen ueber einige Weniger lekannte krankheiten der Zunge. Deutsche Klinik,Bd. III, S. 272, Berlin, 1831.

4. Santius. — Journal für Kinderkrankheiten., Bd. XXIII, S. 161, Erlangen, 1854.

Betz’, de Heilbronn, en 1853, décrit comme Bayer le pityriasis lingual et apporte cinq observations à la science.

En 1864;, Bergeron^ dit à la Société médicale des hôpitaux, qu’il a observé depuis plusieurs années cet aspect singulier de la langue (dessins à contours irréguliers^ semblables à des cartes géographiques^ qui se montrent sur la langue) àowi il ignore la signification séméiologique et qu’il a vu chez des sujets convalescents, et chez des sujets valides.

Gubler ^ en 1869, consacre une page à la description de Y état lichénoide de la langue. Après avoir fait remarquer qu’il lui donne ce nom, afin de ne rien préjuger de sa nature étiologique, et pour rappeler son analogie d’aspect avec le thallus centrifuge des lichens crustacés appartenant aux genres Lepra, Lecanora, etc. , il conclut, malgré ses résultats négatifs, à la présence d’un mycoderme ou d’un autre parasite spécial.

Bridou \ en 1872, est le premier qui aborde le sujet d’une façon un peu complète. Dans, ses recherches bibliographiques il ne remonte pas au delà de Santlus et décrit la lésion sous le nom affection innommée de la mucqueuse linguale. Aidé par les communications orales de Lailler, Barthez, Bergeron, Archambault, il fait un bon exposé des symptômes, et

n Betz. — IJeber Qhronische Exkoriationemauf der Zunge der Kinder. Journal für Kinderkrankheiten, Bd. XX, S. 190, Erlangen, 1853.

2. Bergeron. — Société médicale des hôpitaux. Séance du 11 mai 1864.

3. Gubler. — Article Bouche du dictionnaire Dechambre. État lichénoïde de la tangue, série, t. X, p. 234.

4. Bridou. — Sur une affection innommée de la muqueuse linguale. Thèse de Paris, 1872, t. 3.

dans ses conclusions il hasarde la nouvelle dénomination à' état tigré de la langue.

Aliberr, interne à l’Iiôtel-Dieu de Toulouse, dans le service du docteur Labéda, signale la desquamation épithéliale de la langue comme un symptôme assez constant de la syphilis, à la période secondaire.

Dès 1878, M. Gautier-, à qui nous devons un mémoire sur la desquamation épithéliale de la langue (1881), établit un rapprochement entre l’exfoliation de la muqueuse utérine et la desquamation épithéliale. Il distingue trois formes à l’affection qu’il décrit: une première à découpures nettes ; la seconde est la desquamation linguale à contours festonnés., et la troisième le lichénoïde linqual.

La description de cette troisième forme est empruntée au mémoire de Yanlair ^ M. Gautier ne l’ayant jamais rencontrée. Comme le fait remarquer M. Parrot ^ au professeur de Liège, la lésion qu’il décrit et dont il fait en quelque sorte la base de sa monographie ou tout au moins de ses recherches histologiques, diffère de l’affection décrite par MM. Bridou et Parrot par des particularités importantes, et si elle a avec elle quelques traits de ressemblance, il n’y a à cela rien de surprenant puisqu’il s’agit de part et d’autre d’une desquamation linguale. Cette distinc-

1. Alibert. — Desquamation épithéliale de la langue. Gaz. deshôpit., 1875, p. 806.

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