CHAPITRE V
Quelques considérations sur l'analoraie patliologique. .
Après les développements qui précèdent, nous n'avons plus rien d'essentiellement important à faire connaître , au point de vue de l'anatomie pathologique; mais nous voulons rapprocher dans un résumé les faits dispersés dans les chapitres an térieurs.
A l'égard du diabète, bien qu'on ait cherché à le localiser, on n'a jamais trouvé de lésions principales et constantes d'aucun organe important. M. Dezeimeris a trouvé les reins hypérémiés et les traces de ce qu'il appelait une gastrite chronique. M. Monneret a rapporté un cas de diabète sucré accompagné d'une néphrite double ^ mais, loin défaire de la néphrite la cause du diabète, il a fait remarquer, au contraire, que cette inflammation n'avait pas empôché le passage du sucre dans l'urine.
On s'est peu occupé des lésions du rein consécutives au passage prolongé du sucre. Un médecin anglais, G. Johnson (1), aurait observé une modification des cellules épithéliales et leur chute.
Une lésion beaucoup plus fréquente , signalée par plusieurs observateurs, retrouvée par M. Cl. Bernard, est la congestion du foie sur laquelle nous n'avons pas à revenir.
Rappelons seulement quelques lésions du pancréas rappor* tées par Frerichs.
(1) Med. Times and Gaz., 1859*
A côté de ces lésions principales et qui peuvent, à la rigueur, avoir des relations directes avec la production du sucre, notons des altérations secondaires : la phthisie pulmonaire , la pneumonie , la gangrène du poumon , les gangrènes diverses , les anthrax, les furoncles, diverses éruptions cutanées, quelques désordres des organes génitaux, enfin les lésions variées de la goutte.
A l'égard de la glyeœorie proprement dite, on a noté, tour à tour, les faits suivants :
Chez les femmes grosses et dans l'état d'allaitement, aucune lésion, puisqu'il semble que chez elles la glycosurie d'une certaine abondance soit un phénomène normal;
Les altérations variées de presque toutes les affections pulmonaires et cardiaques qui donnent lieu à une diminution de l'hématose;
Un certain nombre de lésions des centres nerveux et spécialement du quatrième ventricule, et même les altérations de la partie supérieure de la moelle.
Si les individus ont succombé par suite d'attaques convulsives (éclampsie, épilepsie), aucune modification organique.
Les lésions du choléra, supposées mais non observées.
Altérations du sang. — La glycose a été constatée dans le sang; c'est seulement quand elle atleirit la proportion de 3 pour 1,000 de sang liquide ou de h pour 100 de son résidu sec qu'elle apparaît dans l'urine (Cl. Bernard).
A part ce fait, désormais incontestable, aucune analyse précise du sang n'a été faite. On répète les mots d'appauvrissement, de défibrination, mais sans les appuyer sur aucune observation directe. Tout reste à trouver dans l'état actuel de la science
CHAPITRli: VI.
Coïncidence clo divers états nîorl>idcs avec la glycosurie.
Lorsque, par une cause quelconque, l'urine contient une quantité plus ou moins grande de glycose, il est bien évident que l'organisme n'est plus dans son élat normal. Quoique le liquide urinaire puisse en présenter habituellement à l'état physiologique une petite quantité, toute exagération est le signe d'un trouble fonctionnel, général ou local, et l'on se demande si, concurremment avec cette excrétion exagérée, il ne peut pas exister d'autres altérations physiques ou fonctionnelles de l'économie.
Cette question est résolue afiirmativement par l'examen des faits, car nous voyons tour ù tour survenir, chez le glycosurique, de l'albuminurie, des éruptions furonculeuses, des anthrax, des gangrènes, des affections de l'appareil de la vision, des altérations du sang, en un mot des troubles portant sur un grand nombre de fonctions et d'organes. Ces phénomènes se montrent particulièrement dans le diabète confirmé, c'est-àdire établi depuis longtemps, mais ils se présentent aussi dans la glycosurie récente, et peut-être même a-t-on vu l'un d'entre eux apparaître le premier et ne s'accompagner de glycosurie que dans le cours de son évolution. Quelque soit au reste le mode d'association des deux étals morbides, elle est assez fréquente pour que l'on ne puisse méconnaître qu'il existe entre eux une relation intime.
Diverses explications ont été proposées et elles peuvent se résumer comme il suit :
S'il survient un des accidents indiqués dans le cours d'un diabète établi , doit-on l'attribuer à l'épuisement de l'économie consécutive à la dépense de glycose? Peut-on l'attribuer à une altération du sang?
L'imprégnation des tissus par la matière sucrée et les modifications que celle-ci peut subir, ne changent elles pas les conditions normales d'innervation, de circulation, de nutrition des tissus?
Quand la glycosurie apparaît dans le cours d'une autre affection, d'un anthrax par exemple, 'comment doit-on interpréter e fait? L'anthrax produit-il la glycosurie à titre de cause primitive et directe? N'est-il pas plutôt la manifestation d'une cause préexistante capable de produire également la glycosurie? N'est-il pas alors l'excitateur de la disposition diabétique qui existait antérieurement, et ne faut-il pas rattacher les cas de ce genre au diabète intermittent décrit par Bence Jones et par M. Rayer ? Toutes questions jusqu'à présent insolubles et que nous verrons se représenter dans chacun des paragraphes suivants. Pour nous, nous faisons particulièrement consister notre tâche dans l'exposition des faits.
Dans les cas où le sucre a été trouvé dans l'urine d'une manière passagère, comme à la suite d'une contusion sur la région hépatique, sur la tête, à la suite de l'inhalation des anesthésiques, on ne voit que rarement les coïncidences en question aussi (développées que dans le diabète permanent. Aussi les remarques suivantes sont-elles particulièrement applicables à ce dernier. Faut-il attribuer ce fait au peu d'intensité delà cause» à lafaible quantité de sucre dans l'urine de la glycosurie passagère? Nous l'ignorons. — Il serait bon que des recherches nouvelles fussent dirigées sur ces différents points auxquels on n'a pas encore accordé toute l'attention qu'ils méritent.
Le sujet se divise en plusieurs points que nous exposerons de la manière suivante :
A. Troubles de la séci'étion de rurine.
B. — du côté des organes génitaux.