C. Accidents vers les organes respii^atoires
D. — — l'appareil de la visio7i.
E. Eruptions et affections gangreneuses.
A. Troubles de la sécrétion de l'urine.
Nous n'avons pas à revenir sur les modifications chimiques et physiques de l'urine, que nous avons déjà indiquées dans le
chapitre où nous traitons do l'urine sucrée ; un autre point do vue doit nous occuper.
Albuminurie, — C'est ici le lieu de faire remarquer les analogies qui existent entre la glycosurie et l'albuminurie. Thenard et Dupuylren, mais surtout M. Rayer, ont fait connaître la présence assez fréquente de l'albumine dans l'urine des diabétiques. Les premiers considéraient cette coïncidence coiimie de bon augure; M. Rayer, sans combattre absolument cette proposition, semble pencher vers l'opinion opposée, qui, en vérité, est beaucoup plus en rapport avec l'état des connaissances modernes sur l'albuminurie. Ne pourrait-on pas, en eflet, se demander si le passage incessant du sucre à travers les reins, ne déterminerait pas une congestion qui serait le point de départ de toutes les lésions caractéristiques de la maladie de Bright? Prout incline vers celle opinion.
Cependant le môme auteur reconnaît que le diabète n'est pas souvent accompagné d'un changement organique visible, ce qui tient sans doute à la nature éminemment soluble du sucre [the verij soluble nature of sugar)\ mais si ce principe était solide au lieu d'être liquide, on ne peut douter que des dép(Ms morbides ou des lésions organiques fussent la conséquence de son passage. Dans le passage suivant, M. le professeur Rayer résume l'état actuel de la science :
tf Dans un mémoire lu 6n 1806 à la Société de médecine de Paris, et inséré dans son Bulletin {Bulletin de la Société de médecine de Paris, 1806, p. /il), MM. Dupuytren et Thenartl annoncèrent qu'en ne donnant aux diabétiques que des aliments animalisés, leur urine avait changé assez promplemcnt de nature ; que d'abord ou y trouvait une matière albumineuse dont la quantité allant pendant quelques jours en croissant, paraissait ôlre un signe non équivoque de la guérison de la maladie; qu'ensuite l'albumine disparaissait peu à peu, et i]uc l'urine ne tardait pas à reprendre les caractères de l'urine d'un homme sain.
» Comme MM. Dupuytren et Thenard, j'ai vu, chez une personne atteinte de diabèlo sucré, le sucre disparaître de l'urine et (Hrc remplacé par une certaine quantité d'albumine; mais dans
ce cas, l'urine continua d'être chargée d'albumine pendant plus d'un mois, et elle l'était encore lorsque la malade quitla l'hôpital. J'ai rapporté ce cas dans mon Traité des maladies des reins^ l. II, p. 11h. C'était celui d'une femme âgée de trente-trois ans, dont l'urine, après avoir contenu une assez grande quantité de glycose (elle pesait 1037 à l'aréomèlre de Baume), devint ensuite fortement albumineuse et légèrement sangumolcnle. Après la disparition du sucre, il survint un calarrhe pulmonaire, accompaç/né d'œdème et d'autres accidents graves. La toux, la' dyspnée et l'œdème cédèrent au bout d'un mois et demi de traitement environ, et la malade, se regardant comme guérie, voulut quitter l'hôpital. A celle époque, on s'assura de nouveau qu'il n'y avait pas de sucre dans l'urine; mais elle continuait d'être albumineuse. Quatre mois après, j'appris que cette femme avait succombé à une adéction de poitrine, et que l'ouverture du corps n'avait pas été faite.
B On ne peut dire d'une manière positive quelle fut, dans ce cas, la cause de l'apparition de l'albumine dans l'urine. L'œdème passager fut-il lié à l'existence de l'urine albumineuse comme dans la maladie de Bright? Plus tard, dans quel état eùt-on trouvé les reins, si l'autopsie du cadavre eût été faite? Tous ces desiderata de l'observation lui ôtent, je le reconnais, une grande partie de son intérêt; toutefois, elle montre que l'a disparition du sucre, suivie de l'apparition et de la persistance de l'albumine dans l'urine, ne permet pas de s'abandonner à une sécurité complète.
» Au reste un autre cas qui s'est présenté dans mon service à l'hôpital de la Charité, et que M. Bell a cité dans son excellent travail sur le diabète (H. Bell, An Essay on Diabètes, traiislated by Alfred Markwick, Lond., 18/i2), établit nettement que l'apparition d'une urine albumineuse dans le cours d'un diabète est quelquefois l'indice d'une complication grave, au lieu d'être un signe favorable. C'était le cas d'un diabétique qui succomba à une néphrite terminée par su|)puralion.
» Une observation recueillie par M. Christison démontre aussi que l'apparition de l'albumine dans l'urine, dans un cas de diabète, peut être un symptôme très grave, suivi tôt ou lard d'by-
(Iropisie; lo symplôme enfin d'u'io altération des reins qui se terminera par la niorl. Il s'agit d'un homme de quarante ans, bien constitué, qui, souffrant du diabète depuis deux ans, avait perdu graduellement de son embonpoint et de ses forces. L'urine fermentait avec la levure de bière, et pesait de IO/16 à 1055. Entré à l'hôpital le 9 juillet 183S, cet homme languit jusqu'au milieu 'de septembre. A cette époque, l'urine devint fortement coagulable par l'acide nitrique et par la chaleur; sa pesanteur spécifique diminua progressivement : le 10 décembre, elle n'était plus que de 1010; le 5 janvier 1839, de 1005; il n'y avait plus de traces de sucre. Le malade, épuisé par une diarrhée rebelle, mourut vers la fin de mars. A l'ouverture du corps, on trouva des épanchemenls séreux dans le péritoine, les plèvres, le péricarde et l'arachnoïde. Une quantité considérable de matière jaune était déposée dans la substance corticale des reins, et se prolongeait entre les tubes urinifères, altération, dit M. Christison, qu'on observe souvent dans l'affection granuleuse des reins.
» L'autour ajoute que, dans plusieurs autres occasions, il a observé de l'albumine dans les urines de diabétiques, et que dans un cas où la quantité de l'albumine était considérable, les reins présentèrent, après la mort, la dégénérescence granuleuse.
» Pour les autres cas, il ne fait aucune remarque.
» En résumé, si l'apparition de l'albumine dans l'urine des diabétiques est quelquefois un signe favorable, cette circonstance peut être aussi l'inilice d'une complication grave ou de la substitution d'une autre maladie, parfois mortelle (1). ^
Nous rappelons ici seulement pour mémoire que tous les auteurs ont relaté, soit la rétention de l'urine, soit sa suppression, soit la dysurie et le ténesmc vésical, soit endu l'incontinence.
D. — TrOUBLI'S du côté DIÎS onOANKS GÉNITAUX.
La glycosurie exerce généralement une action dépressive sur la puissance génitale; l'opinion des auteurs est unanime sur ce
(1) Comptes rendus el Mém, de la Soc, de biol., 12 avril 1851 , t. lil, p. 44.
point, Martin Solon (1) avait vu chez un diabétique âgé de quarante ans, que Teflet le plus marqué de la maladie avait porté sur les fonctions génitales abolies depuis plusieurs mois. Chez un homme de trente-trois ans, M. Bouchut(2) a constaté que les organes générateurs avaient complètement perdu leurs fonctions; il n'y avait plus ni érection, ni désirs vénériens. On a encore noté que l'impuissance persiste après la guérison. Mais l'attention a été moins attirée sur l'intégrité ou l'exagération de ces fonctions. Griesinger a, dans une autopsie, trouvé des organes génitaux parfaitement sains et des spermatozoaires très vivaces. Dans certains cas, dit-il, les fonctions génitales subsistent dans le courant d'un diabète poussé au plus haut degré. Chez la femme, on a vu la grossesse survenir dans le cours de la maladie. Quant à l'exagération des fonctions génitales, elle peut être fréquente au début et caractérisée par des érections fréquentes, des pollutions, la masturbation. M. Guitard cite un cas de priapisme effréné qui conduisit le malade jusqu'à la bestialité.