‹ De la graisse neutre et des acides grasChapitre 4 sur 10 · COMPARAISON BES INPILTEATIO-NS ÊT DÈS DÉSÉNÉRESCENCES GRAISSEUSES · texte numérisé non relu

COMPARAISON BES INPILTEATIO-NS ÊT DÈS DÉSÉNÉRESCENCES GRAISSEUSES

Résumons les caractères des infiltrations que nous venons de décrire avec ceux dés dégénérescences, passées en revue en premier lieu. .

1. Dans les infiltrations la graisse ne se. dépose que dans certains éléments, déjà habitués à en être le dépôt à l’état normal.

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Dans les dégénérescences, la graisse paraît partout dans des éléments qui, normalement, n’en contiennent pas une granulation.

Cette distinction, qui paraît la plus nette, est en réalité spécieuse, car elle renferme un •petitio principii. Car il s’agit justement de savoir si des éléments, qui normalement ne contiennent pas de graisse, peuvent à un moment donné, en recevoir du sang.

II. Dans les infiltrations les éléments retiennent leur structure et même leurs fonctions intactes. Dans les dégénérescences ils sont toujours détruits. Ce caractère a une valeur réelle et même très-grande.

III. Les infiltrations co existent avec une surcharge graisseuse des fluides qui abreuvent les éléments atteints, et sont en rapport avec quelque grand mouvement de bascule qui se fait sentir dans toute l’économie. Les dégénérescences surviennent quand il y a une diminution dans la quantité de fluides nutritifs qui abordent les éléments, ou quand une interruption d’influx nerveux met ceux-ci hors d’état de profiter des matériaux qui leur sont présentés.

IV. Dans le foie, qui devient fréquemment le siège de l’une ou l’autre lésion, l’aspect des cellules infiltrées est tout à fait diflerent de celui des cellules stéatosées. Nous avons déjà détaillé ces différences.

V. Dans tous les cas d’infiltration incontestable, les granulations ont une grande tendance à se réunir et à former des gouttelettes et des grosses gouttes. Une seule goutte énorme remplit la vésicule adipeuse : des grosses gouttelettes distendent les cellules hépatiques pendant la turgescence digestive : même dans 1 épithélium rénal, les gouttelettes, quoique beaucoup plus petites, se forment néanmoins. Il n’y a qu’une seule exception, l’épithélium intestinal, et même ici, on surprend souvent des grosses gouttelettes, colorées par la büe, enclavées pour ainsi dire dans la cellule conique.

Dans les dégénérescences, la graisse est toujours à l’état de granulations, fines et noires, uniformément distribuées dans toute

la cavité de la cellule ; plus la cause de la stéatose a ag’i rapidement, plus l’isolement et rabondance des granulations sont complets. Elles sont surtout caractéristiques dans les cylindres qui se forment dans les tubes urinifères, par un empoisonnement phosphôrique.

On dirait que, dans les infiltrations, là graisse était plus fluide; dans les dégénérescences, que chaque granulation était enveloppée de quelque substance qui n’était pas de la graisse.

De ces considérations il résulte que les infiltrations sont distinguées par de nombreux caractères des dégénérescences, et par conséquent, qu’on ne peut pas accepter la seconde hypothèse émise sur l’origine de la graisse dans les dégénérescences, à savoir qu’elle aurait été infiltrée dans la cellule du dehors.

Mais, d’autre part, quoique l’infiltration se passe dans des éléments habitués à recevoir de la graisse, elle ne peut pas s’effectuer à moins que celleaji ne se décompose èt revête une forme spéciale. Ce n’est pas de la graisse, mais les éléments de la graisse qui sont versés dans la cellule, pour être reeombinés ensuite de nouveau. Au lieu donededire qu’une cellule est infiltrée quand de la graisse s’ÿ forme, il serait plus exact de dire que delà graisse se forme quand une cellule s’infiltre.

Dans les infiltrations, tous les éléments nécessaires pour la composition de la graisse, sônt présentés en inême temps à la cellule, et proviennent tous de la même source. Pour eSeetuer cette composition, il n’y a besoin de rien emprunter à la substance de la cellule, et effectivement, nous avons vu que la gouttelette graisseuse paraissait en être tout à fait indépendante. Si maintenant la cellule ne retirait du sang qu’un des éléments de la. graisse, comme l’acide gras par exemple, et si l’autre, la glycérine, était soustraite de sa propre substance, ses entrailles pour ainsi dire, il est à supposer que la granulation formée serait bien plus intimement associée à cette substance, et moins disposée à se réunir avec ses semblables.

Robin disting-uelagraisse par ce trait, qu’elle est tellement indifférente aux tissus au milieu desquels elle se trouve, queses molécules ont plus de tendance à se réunir ensemble qu’à se combiner avec ceux des substances voisines. Ce trait distingue au plus haut degré la graisse des infiltrations ; il est bien moins marqué dans les granulations fines et isolées des stéatoses. On pourrait dire que sous certains rapports celles-ci représentent une sorte de terme moyen entre les substances non graisseuses dont elles étaient en train de seformer,et lagraisse parfaite àlaquelle elles pourraient aboutir plus tard.

■ Ces considérations amènent donc vers la troisième hypothèse que nous avons énoncée; que, dans les dégénérescences graisseuses, la graisse visible provient de graisse qui aurait été présente déjà dans la cellule, mais sous une autre forme. Dans ce sens, il est vrai, la formation de lagraisse dans la dégénérescence se rapprocherait de celle de l’infiltration, où, comme nous avons vu, la graisse se constitue, ou plutôt se reconstitue à l’intérieur de la cellule. De plus, la forme soluble sous laquelle la graisse est infiltrée dans les cellules spéciales de dépôt, la rendrait également capable de pénétrer dans les cellules quelconques ; mais sous cette forme elle est incomplète; ce n’est pas de la graisse, mais un des éléments de la graisse, qui est apporté peut-être comme savon. Dans l’infiltration, l’autre élément est apporté au dehors aussi, et en même temps; la cavité cellulaire nesertque comme lieu de combinaison. Dans la dégénérescence, suivant cette hypothèse, quoique le savon soit apporté du dehors, il est . possible que les autres ingrédients de la graisse manquent, soit par défaut de fluide nutritif, soit par défaut du pouvoir assimilateur de la cellule. Et qu’alors, c’est la substance même de la cellule qui est mise en réquisition. C’est cette circonstance quiserviraitsurtoutà distinguer les infiltrations et les dégénérescences, lesquelles, sous certains rapports, paraissaient se confondre; la graisse se formant dans laeellule infiltrée, etles matériaux de la graisse s’infiltrant du dehors.dans laeellule dégénérée.

Voilà pour la première conclusion qui ressort' de cette revue des infiltrations, conclusion qui se rapporte entièrement à leurs relations avec les dégénérescences. Il y en a une autre, ou.plutôt une indication, qui, cette fois-ci, est propre à la considération des infiltrations seules.

En parlant de la polysarcie, nous avons entrevu une possibilité sur laquelle nous n'osions pas nous, appuyer, que l’accumulation de graisse par l’abaissement de l’activité nerveuse et musculaire était due à un rapport spécial entre la graisse et la nutrition de cette activité. Plus positivement nous avons pu affirmer, que les infiltrations cachectiques offraient des preuves indirectes de l’emploi de la graisse dans la nutrition. Des preuves de la même nature sont offertes par les phénomènes d’amaigrissement dans l’inanition et dans certaines maladies aiguës, surtout celles dans lesquelles le foie devient parfois gras.

Or, toutes ces évidences d’une valeur nutritive de la graisse, sont en frappant contraste avec les caractères des dégénérescences, où la graisse est liée à un abaissement notable de la nutrition.

Une seconde circonstance à noter, c’est que, toutes les fois que la graisse parait intervenir activement dans la nutrition, elle. devient invisible et soluble. C’est ainsi quelle est charriée dans le . sang après chaque digestion, et toutes les fois que le tissu adipeux sé vide, pour offrir des matériaux d’un repas autophage. D’autre part, aussitôt arrivée aux cellules dans lesquelles elle devait séjourner passive pendant un certain temps, eUe se revêt de nouveau de sa forme visible plus ou. moins semblable à celle qu’elle présente dans les dégénérescences. D’où la conclusion qu’ii existe pour la graisse deux formes et deux fonctions correspondantes ; que, quand elle est insoluble, visible et chimiquement indifférente, elle est passive et associée avec un ralentissement de la nutrition ; quand, au contraire, elle devient soluble, invisible, et entre en combinaison, qu'alors elle intervient activement pour soutenir la nutrition.

La yaleur.niîlnitiTO de. la graisse sera mise enc^jre en éyidenee, par la eo.nsi.déraf(i.oft d’autres ordrési de faitsi EUe exjste en p.ermanenee dans l’éeonomie, tantôt combinée ayeç les. tissus, tantôt à upétat d’isolement, comme tenue en réserve pour une combinaison plus tard.

Tissu adipeux. — C’est dans le tissu adi peux,'dont elle constitue, 80 parties sur tOO, que la graisse se trouve en plus grande quauT, tité, Ce tissu ne sert pas seulement comme réceptacle de graisse ingérée, car il commence à se former vers le troisième mois de .la. vie loetale, bien avant l'ingestion du premier repas.

Le tissu adipeux aétésouventregardéeomme un simple matériel; d emplissage. Charles Bell fa appelé «le tissu béatifique, «puisqu’en comblant les oreuxeten arrondissantlescpuches, il embellit un corps qui serait, autrement, trop anguleux et disgracieux. Le fait est que, chez les mammifères et les oiseaux la grande masse de graisse existe dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans les interstices

tité de grai'ss'e 'anatomique est contenue dans le fore. NoUs'disiOns ■tout à l’heure rjüe, chez quelques poissons-, la "graisse hépatique remplaçait entièrement celle disposée dans le tissu conjonctif.

Frey donne, comme proportion moyenne de la g-raissé dans le foie, le chiffre de 2,40 pour 100 (1). Une analyse de Beale, 'citée par Budd, ddnne 3 pour 100. Von Bibrà en a trouvé 3,6S. J’ai moi-même trouvé 3;67 pour 100 de graisse dans un foie qui paraissait sain sous tous les rapports, quoique pris sur un sujet qui avait Sueconibé à une maladie, âu lieu d’avoir été tué en pleine santé, par une chute, ce qui était le cas pour le sujet de l’analyse ^le Beale. Enfin, Saikowsky prétend que, chez les chiens, au moins, la proportion 'normale de graisse est § ou 6 pour 100, ce qui me semble'excéssive.

La graisse anatomique dans le foie est retenue avec une grande ténacité, même chez les animaux nouveau-nés, chez lesquels elle existe en plus grande abondance que chez les adultes; un jéûne prolongé, qui peut diminuer notablement la graisse dans les cellules, ne les fait pas disparaître tout à fait. On chat nouveâumé; séparé de sa mère presque immédiatement, et sans avoir été allaité plus d’une ou deux fois, fut laissé trois jours à jeun; il mourut de faim, et très-amaigri. Mais, dans les 'cellules hépatiques, on trouvait encore de nombreuses granulations, noires, réfringentes, tranchant nettèment sur lé fond de granulations albumineuses au milieu desqüélles elles étaient dissérai'nées.

Cbez un autre ‘chat de la inêmé portée, sacrifié environ douze heures après l’allaitèment, les cellules hépatiques eonlenaieut,''âu heu de granulations, dé petites gouttelettes, avée Un contour lïoiset net, et un centre brillant. Ces gouttelettes représentaient bien plutôt la graisse anatomique du foie que la, gr;ais.se provenânt d'une diète lactée, e'âr sur uii troisième Chat, tué en pleine digestion, lagraisse était beaucoup plus abondante, lesgouUelettesbrdlantes plus nombreuses et plus volumineuses que dans l’autrê è&.

(1) Traité d’histologie.

Chez les cochons d’Inde et les lapins adultes, à l’état normal, j’ai toujours été frappé de la rareté des granulations graisseuses dans les cellules hépatiques. Deux ou trois seulement, éparses, sans mélange avec des gouttelettes à contour.

C’est la même chose pour le foie humain sain, examiné dans une période interdigestive. Cependant, l’analyse chimique, dans ces trois cas, foie humain, foie de lapin, foie de cochon,d’Inde, m a donné le même chiffre de graisse neutre, environ 3 pour 100

Pour finir avec ce qui a trait à la graisse anatomique du foie, rappelons que, suivant Lereboullet, dans le foiè des mollusques,' des crustacées, des poissons, et des fœtus de quelques mammifères, la graisse est contenue dans des cellules spéciales. Celles-ci, chez les fœtus, n’ont qu’une existence transitoire et se transforment en cellules biliaires par le dépôt de granules pigmentés et albumineux, et par l’absorption (partielle) de la graisse.

Ok—L a graisse constitue lagrande partie des substances médullairesdesos, augmentant en raison de l’âge du sujet, et changeant lacouleur primitivement rouge de la moelle, pour laeouleur jaune caractéristique de l’âge adulte et de la vieillesse. Elle est pl

Gi-ame du sang. — Dans le sang, la graissé neutre n’existe que dans certains cas exceptionnels, que nous avons déjà notés, après un repas fortement graisseux, dans l’alcoolisme, dans le choléra, et, ajoute Hassall (1), après des saignées ou des hémorrhagies répétées. Mais a l’état ordinaire, dit Robin, la graisse dans le sang est reprise molécule à molécule dans l’épaisseur des tissus

qui les cèdent à l’état de combinaison saline savonneuse et so’ lubie (2). ue, savonneuse et so-

Bouchardat et Sandras comptent deux ou trois parties de substances grasses pour mille parties de sang (3). Et ces substances.

(3) Comptes-rendus; 1843.

suivant les recherches de Boudet (1), Lecanu (2); de Simon (3), de Berzelius (4), de Becquerel et Rodier (5), seraient principalement combinées avec la fibrine et l’albumine du plasma, et existeraient sous cinq formes distinctes : la cholestérine, la séroline, des graisses phosphorées, des graisses saponifiées, des acides gras libres.

. Poumon. — Natalis Guillot a trouvé 6,40 p. 100 de matières grasses dans le poumon d’un adulte, et 11 à 18 p. 100 dans celai d’un fœtus. Il attribue la diminution chez l’adulte à la combustion de la graisse pendant la respiration.

Tissu nerveux .— Enfin, le siège le plus singulier pour cette matière graisseuse, dite inerte, et pour cette substance reléguée au plus bas de l’échelle des matières organisées, c’est le tissu nerveux. C’est ce tissu, doué de l’activitépar excellence, ayant une structure des plus compliquées, et pour fonction les plus hautes expressions de la vie animale. Que ce soit l’acide eérébrique et oléophosphique de Frémy (6), la cérébrine et la lécithine de Gobley (7), ou bien la protagone de Liebreicb (8) et Hoppe (9) dont les autres substances ne seraient que des produits de décomposition', il est toujours vrai que les substances grasses entrent pour un des éléments les plus importants dans la composition de la masse cérébrale. 11 faut y ajouter le cholestérine, substance grasse non saponifiable, qui, suivant Frey et Von Bibra, réprésente un tiers de la masse totale des graisses du cerveau, mais qui est certainement un produit de décomposition, et ne devait pas être rangée avec les corps gras saponifiables.

Puisque la graisse entre dans la structure anatomique du corps, au même titre que les substances albumineuses et minérales qui

■en forroent.Ja trame, elle doitieo'trsr aussi dans r'alimentatiôn,-destinée à réparer toutes-les pertes journalières desisubstanees anatonjjques.iC’ostilà^.en^eiïet, que nous'aïïdns lia rétrouver.

Nous n’avons pas-besoin désister long-uement sur la nécessité' bien-Eceonn-ue de faire entrer des corps g'ras dans la nourriture des animau.t. d’appareil spécial préparé pour l'absorption delà graisse chez -un grand nombre d’entre eux, indique déjà son importance alimentaire. On en a retrouvé d’autres preuves dans

de 1 organisme, car les betteraves ne suffisent pas pour nourrir les vaches, quoiqu’elles contiennent assez de sucre et de fécule, outre les matières azotées, mais il leur manque de la graisse (1)'.' Dumas remarque qu’un animal nourri avec des sub.stànces albumineuses» peut jusqu’à un certain point se passer de subslâncés grasse^, si ces dernières sont remplacées par des féculents •

quil peut .absolument passer de féculents, pourvu qu’il-reçoive une quantité-suffisante de subtanees grasses » (2).

La graisse paraît tellement essentielle à la nutrition du corbs, que, quand sa quantité alimentaire est insuffisante, ledéfieitèst comblé par les-énergies de réconomie, qui en fabrique aVéfe-tés autres aliment.-Nous avons vu (p. 38) que cette formàtion paraissait exiger 1 addition d’une certaine proportion de graisse aux substances albuminoïdes sucrées ou amyloïdes aux dépens desquelles des métamorphoses graisseuses avaient peut-être liéu Mais le fait que ces métamorphoses-S’effectuent, indique-u'ae nécessité impérieuse pour l’accumulation-de corps gras, tels-qaÆ

leor'attnBüe'queiqnes fônetions spécdàlèsi qôi'ne'peüreirtpas-^e mn.pliès-mêrne-par’d’âuti’es hydrocarbonés'.

C@‘fail'-jetté un-certain dis(îréJit'sar-IéTÔleieélè'b'rè attn'bqé''à'14i, graisse,-comme aliment combustible; en vertu dû-carltonequ’eHtf' epntiènU Liebig rappellè « aliment'respiratoire ■»; Tbdd‘ét Bow" man- <c aliment calorifère - », e’èst-un-lieu coram,uà''dè‘mesurer‘lè Kssoin d’alimientalion graisseuse-par‘ le degré; dè-îrôid contre lèquell’organismeaura-àlutfèr. Onparle quelqàe^oisdedaœmbüs-'

tiOn delà graissé; comme si elle étaitallüméé à part, comme- une bû'ehedansunegrille, etquelecorpsstéehauffâtau'fëusans-s’ÿ'brûîi' lèrluimêrae.:Or,silàgraissen’était ingérée quepourètreb'rûléé, lés autres matières-bydroearbonécs-devaienti y-suppléer-, car elles brûlent dans de sang-avec beaueoup'plùs de facilité tfue -la-gruisse;et- on affirme que eelté dernière-n’est jamais- attaquée que -lOrsque la provision de sucre et de fécule-a été-consommée;- Ob-a-vu que-lé soGre- et la fécule ne sauraient pourtant'suppléer complètement à là graisse,- c'est-donc-que, cettê dernière-serta autre-cliose qu’à' êtpe-a-brûlée.- » Cette théorie de là-combustion dè -lâ'graisse; qui figure souvent, encore aujourd’hui,'dans des théories médicophysioibgisles, telle que biêbigl’aénoncée,- est en-réalité-pai-trop simple. La-chaleur animale n’-esfpas-le--résulta); de FOSydation direete d’-une- seule substance introduite'expTès'-dans .l’éôono-mie,-^ mais - résulté de -rensemble'd'actions -chimiques^ qui ont lieu-sans- cesse entre' toutes - lés-moléculés- de tsut-és’des' sub- Stanees du-corps-. ïoulés lés fois qu’il y -a combmaisonobimique,' il-y a- dégagement dé- chaléur. Tôules-lés-fois qudlÿ-a déeOmposi-tien-, il ;y-a-absorption- dé chaleur; Dans le -corps vivant-la ;eKalèùr est- maiptenue- à 37°, papce-que-là somme-des--GOMbinaisoas chimiques, l’emporte- sur- là'somme- dés'décompositions; Dansiiê cospé-mOrt,' la-température s’abaisse"d*-cille dèsmorps-arnbiànts; parce que la somme des décompositions l’emporte sur celle des combinaisons. Ce n’est pas la graisse.seuiement .-liis la. foymatipn de l’acide carbonique qui est en jeu.

Autre chose. Sites oxydations,, qui en dernier lieu donnent naissance à de l’aeide carbonique, ne sont pas, comme on. croyait, jadis, bornées au parenchyme des poumons, à plus forte raison ne sont-elles pas limitées aux endroits où la graisse s’accumule, ni même dans les grands canaux de la circulation, dans lesquels est versée la graisse provenant de la digestion. Dans les capillaires où est le siège de tous les échanges nutritifs, ont lieu toutes les oxydations, de la graisse apportée aux tissus, aussi bien que des substances qui s’y trouvent déjà. La combustion de la graisse, au lieu d’être un phénomène à part, à côté de la nutrition, y est intimement associée. La graisse, au lieu d’être en opposition avec les substances albumineuses, les seules véritablement nutritives, se trouve tellement mêlée aux métamorphoses de celles-ci, qu’on est forcé de les classer ensemble, comme exerçant une action on pareille ou réciproque à la leur.

Les expériences de Bischoff (1) et de Botkin (2) indiqueraient, suivant le dernier auteur, que la graisse ingérée, au lieu de s’offrir comme matière combustible et d’épargner ainsi la combustion des matières protéiques, servait à favoriser leur assimilation.

Quand Bischoff donnait de la viande et de la graisse à des animaux affamés, qui vivaient aux dépens de leurs propres tissus, et chez qui, par conséquent, le chiffre d’urée dans l’urine étaitfort eleve, il trouvait, à son étonnement, que la quantité d’urée augmentait encore au lieu de diminuer, comme elle fait quand on donne delà graisse toute seule. Botkin explique ce résultat par la circonstance qu’on permettait au chien de boire à son gré et que la quantité d’eau ingérée aidait à activer les métamorphoses de 1 albumine prise dans l’alimentation. Bépétant l’expérience, mais en limitant la quantité d’eau, de façon qu’elle fût la même pendant la période de jeûne et d’alimentation; il trouvait que

(t) Physiologie du sloffwechseis.

(2) Archiv für Anat. ; 1858.

l’urée diminuait quand l’animal n’avait plus besoin de consommer ses propres tissus. Mais d’autre part, le poids du corps aug- mentait, et cela hors de proportion avec la diminution de l’urée; non-seulement il y avait une épargne de tissus, mais ily avait un accroissement, par la S.xation de nouvelles substances albumi-: iieüfes-/K”elles se fixaient, ou les échanges nutritifs se faisaient, suivant la pensée de l’auteur, Sous l’influence de la graisse qui faisait partie dé l’alimentation (1).

Une troisième série de faits sert à relier le rôle calorifique, depuis si longtemps attribué à la graisse, et son action plus récemment devinée, plus obscure, sur les échanges nutritifs des substances protéiques. C’est ce qui touché à la transformation de la chaleur en. forces musculaires, motrices, électriques et chimiques. Si nous supposions que le sort spécial des molécules graisseuses est de subir une oxydation, la chaleur dégagée pendant le processus pourrait se convertir dans des forces d’affinité chimique, qui seraient employées dans toute une série de combinaisons intéressant d’autres molécules, et dont l’ensenible constituerait le double mouvement d’assimilation et de désassimilation.

En résumé, la graisse constitue un élément obligé de l’alimentation pour satisfaire à trois indications importantes. Elle répare les pertes delà graisse anatomique; elle concourt, par ses oxydations successives, au maintien de la chaleur animale; au moyen de cette influence sur la production de la chaleur, et probablement d’autres propriétés moins bien définies, elle favorise les échanges nutritifs d’autres substances ingérées avec elle.

DE LA. GRAISSE COMME AGENT THÉRAPEUTIQUE DANS LES MALADIES DE NUTRITION.

Quand le besoin de remplir «

, plus urg*ent

daiiè déHaînes maladies de la nutrition, comme la scrofule, lerafe'hltismèj'la tubéreulose, le rhumatisme chronique, c’est encore âùk substances grasses qu’on demande le remède. L’huile de foie morue doit certainement son efficacité aux substances grasses qui là 'composent presque entièrement (1), et non pas à l’iode ou à d’autres ingrédients minéraux qui s’y ajoutent, comme voudraient ïe fairé croire Hopp 'et Delatre (21 Que cette huile merveilleuse ait des propriétés spéciales, dues, soit à son origine anatomique, soit à son admixture minérale, soit à quelques propriétés chimiqiiès, comme sa grande aptitude pour la saponification ; qu’elle ne 'puisse pas être remplacée par des préparations de beurre ébrnme affirme Trousseau (3), ni même entièrement par les huiles d’autres poissons, comme le squale et la raie, comme le veulent Dàâtre et Devèrgie^ tout 'eéla n’èmpèehe pas que ce soit comme une rnatière grasse do nature spéciale, que l’huile de foie morue ffifervierit pour relever la nutrition languissante des tissus. Ce n’est pas en stimulant la digestion dans les primæ viæ, comme prétend Thomas (?), car l’huile a une tendance naturelle à provoquer des indigestions affreuses, et ce n’est que lorsque cette Ifehdànce a pu être surmontée ou évitée, que la puissance nutritive du médicament se Tait sentir. J'ai donné de l’huile de foie morue à un jeune Chat parlaitement bien iportant, anais qui, à partir du moment qu’il prit 10 grammes deT’huile par jour, eom-

'(QTlevergie. Bulletia lhérà|ieatiiîue ; 4839.

Hirtz. fhés» de Strasbourg; .1843.

Bennett. Mémoire01 jecoris.

(2)’ Bull, th'érap.; 1839.

•!(3).Trailé.(lethérap.

(4) Thèse de Paris; 1834..

œença à dépérir. Il ne vomissait que de temps en-temps et n’ayait aucune diarrhée, mais il perdit son appétit, çgssa de gagper du poids, puis en perdit, détint morne et triste; le poil se ternit gt sécha, les yeux devinrent chassieux. 11 se mit à-tousser, et, quqiquion cessât d'administrer de l’huile, il .alla de mal en pire,,et enfin succomba spontanémei.it à une cong'estion pulmonaire, un mois après le commencement de l’expérience, environ dix jqurs après la cessation de l’huile.

Plus tard, j’ai vu que Klencke (1) avait fait des expériences, précisément analogues, avec, le même résultat singulier de jeter les animaux dans un marasme simulant celui de la scrofule, et qui aboutit à des congestions pulmonaires mortelles.

Théories sur le mode daction de Vhuile de foie morue. — Bennett (2), Bazin (3) et Walshe (4), ont. spécialement insisté sur la nécessité de faire parvenir l’huile de foie morue aux recoins moléculaires de l’économie, avant qu’on puisse espérer qu’elle influe sur la nutrition. < Toutes les fois qu’un malade tuberculeux digère facilement l’huile, on peut espérer une guérison radicale, dit Bennett, et il raconte un cas de succès après un traitement de trois ans. ,1 L’huile de foie morue n’est utile qu’aux malades qui peuvent accélérer leur respiration au moyen de l’exercice, » dit Bazin, comme si la respiration constituait..un espèce d’appel a fronte, qui attire Thuile à travei',s l’organisme, la forçant de se brasser intimement avec toutes les molécules rencontrées en rouie. » L’huile de foie de morue ne profite que lorsque le malade gagne en poids » , observe 'Walshe.

Nous ,ne. nous arrêterons pas.ici pour chercher le mécanisme exact de l’action de ce médicament nutritif. Nous n’avons pas

,(1): Der Lebertbran als Heilsmiltel. (Cité dans la thèse,de.HirtZ;>

(2) Clinical lectures.

(3) Leçons sur les scrotulides.

(4) Diseases of tjie chest, p. 329.

besoin d’imiter Bennett, et de nous appuyer sur la naïve théorie d’Ascherson, qui, voyan t des simulacres de cellules se former avec des gouttes d’huile dans un .liquide albumineux , a cru y découvrir tout le mystère du développement cellulaire (1). Nous ne sommes pas non plus forcés de conclure avéc Taufflieb et Baur (2), que l’huile compense l’excès de matières albumineuses introduites dans le système par la prédominance de la digestion stomacale; ni enfin, de chercher avec Klencke si l’huile peut augmenter vraiment les corpuscules graisseux dans le chyle qui avaient été diminués par la ligature du vaisseau cholédoque, et l’empêchement de l’afflux de bile dans l’intestin. De tout ce qui touche à l’action de 1 huile de foie morue., il n’y a qu’un seul point qui importe à notre sujet, c’est le fait net, qu’une substance grasse est l’agent par excellence pour modifier des processus désordonnés de la nutrition , quand les mouvements moléculaires aboutissent à des produits normaux, au lieu de l’assimilation naturelle.

Co.Nausios de la revue ; f des infiltrations, 2» de l’anatomie, 3" de l’alimentation. — La graisse, au lieu d’être liée exclusivement avec la mort, est indispensable à la nutrition de la vie.

De cette revue sommaire, de l’intervention de la graisse ailleurs que dans les dégénérescences, il ressort une preuve des propriétés tout autres que celles que nous lui avons d’abord attribuées. C’est un élément anatomique des üssus, c’est un constituant obligé de l’alimentation, même dans les infiltrations cachectiques, elle paraît agir primitivement pour soutenir la nutrition, et quand celle-ci

et au lieu de dire : «La graisse, loin de supporter la vie, n’est., qu’un signe de la mort » ; on pourrait afBrmer : « La graisse, loin d’être un signe de la mort, prête un concours indispensable au maintien de la vie. »

Mais ce n’est pas fout. 11 existe deux groupes de faits ayant tous les deux rapport au développement de tissus embryonnaires, sur lequel la graisse paraît exercer une influence inattendue.

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