‹ De la greffe animale et de ses applications à la chirurgieChapitre 14 sur 22 · II. — GREFFES ZOOPLASTIQUES · texte numérisé non relu

II. — GREFFES ZOOPLASTIQUES

Dans l'impossibilité de se procurer des lambeaux cutanés humains, ou pour plus de commodité, les chirurgiens se sont adressés aux animaux (obs. 8, 9, 13), et tantôt ils ont pris le tégument externe, tantôt une muqueuse comme Czerny (de Vienne) ; Goze (de Strasbourg) ; Houzé de l'Aulnoit, etc. Nous ne parlons ici que des cas où l'on s'est proposé d'amener la cicatrisation des plaies de la peau, et non de ceux dans lesquels on avait en vue de constituer une muqueuse détruite, et qui forment une catégorie spéciale, à laquelle sont attachés les noms de J. Wolfe, Otto Becker, de Wecker, Illing, (Met de Grandmont, etc.

Quant à l'adhérence de semblables greffes, le Dr Martin nous fournit encore ici 11 observations dont voici le résumé :

•lre Obs. 3 greffes de peau de chien séparées depuis 60 h. 3 adhérences.

» appliquées immédiat.

» séparées depuis

peau de poule

peau de lapin

il»

52 greffes. 37 adhérences.

Dans ces diverses expériences les lambeaux sont restés exposés à l'air libre, ou confinés dans des tubes, et appliqués sur des surfaces granuleuses. Il n'est pas indiqué dans combien de cas le tissu cellulaire sous-cutané a été enlevé.

L'auteur que nous venons de citer ne s'est occupé que de l'adhérence des lambeaux, et n'a nullement parlé de leur sort définitif qui fait le sujet principal de notre travail. Aussi, bien que ses observations offrent plusieurs points intéressants, nous ne pouvons pas cependant en tirer des conclusions pratiques décisives, car pour nous l'adhérence n'est pas un signe infaillible de vie dans une greffe, mais seulement le premier stade de ce travail qui permettra à la partie transplantée de se fixer d'une manière définitive à sa nouvelle place. On comprend que l'adhérence puisse être tout simplement physique, si je puis m'exprimer ainsi, et résulter de l'interposition d'une substance, fibrine ou autre, qui par ses propriétés spéciales maintient en contact d'une façon toute mécanique les suraces contiguës. C'est en effet ce qui a lieu au moins dans les premières vingt-quatre heures, et, par conséquent, on ne peut être fixé après un temps si court sur la probabilité des

Armaignac. g

adhérences organiques qui s'établiront ou non dans la suite, et sur lesquelles nous insisterons quand nous nous occuperons de la question histologique des greffes.

Dans nos expériences sur les animaux, nous avons obtenu presque constamment l'adhérence primitive des lambeaux, toutes les fois qu'il ne s'est pas produit à la surface de la plaie une trop grande abondance de sérosité ou de sang, et qu'une compression suffisante a maintenu assez exactement le rapport des parties ; et cependant les greffes ont eu quelquefois dans la suite un sort que l'état satisfaisant des premiers jours était loin de nous faire prévoir.

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