‹ De la greffe animale et de ses applications à la chirurgieChapitre 17 sur 22 · TRANSPLANTATION DE CONJONCTIVE · texte numérisé non relu

TRANSPLANTATION DE CONJONCTIVE

M. J. Wolfe, qui le premier a pratiqué des transplantations de conjonctive (obs. XIV, XV), a joint des planches à ses observations (-1), mais il ne donne pas beaucoup de détails opératoires, et si l'on devait en croire les figures, le lambeau serait réuni instantanément par les côtés et tenu appliqué comme par enchantement par 4 points de suture seulement. Nous aimons mieux accuser le dessinateur d'inexactitude, que l'auteur de mauvaise foi, et nous allons décrire l'opération telle que la pratique M. de Wecker.

Après avoir endormi le lapin, écarté les paupières et renversé en dehors la membrana nictitans, on dégage toute la conjonctive oculaire et celle du cul-de-sac afin d'obtenir un large lambeau, mesurant 3 à 3 Ifè centimètres de longueur sur 1 à 1 1^2 de largeur. Ce lambeau est établi sur une plaque de verre placée sur un vase rempli d'eau chaude, en ayant soin de bien placer la surface épithéliale de la conjonctive en dehors pour ne pas confondre les deux surfaces. La conjonctive s'accolle très-exactement au verre.

Ce n'est qu'après avoir tout préparé pour la transplantation que l'on décolle les paupières et que l'on avive les parties sur lesquelles doit reposer le lambeau conjonctival. Tout écoulement de sang étant arrêté, on renverse la paupière inférieure (s'il s'agit d'un symblépharon inférieur) et on attire le globe de l'œil fortement en haut; on étale alors soigneusement la conjonctive sur la plaie, puis à l'aide de soie anglaise très-fine, on commence à réunir tout autour les bords du lambeau avec les lèvres de la plaie. Les premières sutures sont surtout difficiles à placer, à cause de la mobilité et de la minceur du lambeau.

(1) Annales d'oculistique, t. LXX, p. 225, L873.

il 3 B)

Pour fixer une greffe recouvrant tout le cul-de-sac inférieur, ainsi que la portion inférieure du globe oculaire, il ne faut pas moins d'une vingtaine de sutures; celles-ci doivent rester en place jusqu'à ce qu'elles s'éliminent d'elles-mêmes. En outre, il sera bon de placer au milieu du lambeau une suture en anse qui pénétrera à travers la peau de la joue à la manière de la suture dont Snellen fait usage pour l'ectropion. Ce n'est que de cette façon qu'on obtiendra un contact intime du lambeau transplanté avec la surface avivée, condition indispensable pour le succès de la greffe.

L'œil sera maintenu fermé sous un bandeau légèrement compressif , et les pansements se feront avec de grandes précautions et beaucoup de ménagement. S'il survenait une inflammation trop vive , on pourrait appliquer des cataplasmes émollients et l'on prescrirait un repos absolu au lit.

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