MÉMOIRES ORIGINAUX
plaie de sortie à la face antérieure de la cuisso gauche. — Le 26 septembre, incision et débridement de la plaie de la cuisse; pansement aux cataplasmes, puis à l'acide phénique. La plaie devient granuleuse, les bourgeons cependant sont peu saillants, un peu mollasses.
16 octobre. La cicatrisation commence sur les bords : je fais trois greffes; procédé habituel, bandelettes.
Le 17. Greffes en place, gonflées. — Linge cératé et acide phénique.
Le 18. Liséré gris pâle autour des greffes; elles tendent un peu à s'enfoncer. Même pansement.
Le 19. La partie supérieure de la plaie est devenue grise, pult^cée . Perchlorure de fer, greffes en place, enfoncées.
Le 21. Un érysipèle débute autour de la plaie.
Le 22. L'une des greffes se détache.
Le 23 et jours suivants, l'érysipèle s'étend à la fesse droite, le 5 novembre il cède enfin, et la cicatrisation commence à reprendre ; pendant ce temps, deux greffes ont disparu; une seule est peut-être restée en place; mais elle est peu visible, en tous cas très-étendue. Le malade est évacué le 16 novembre.
Il est à noter que l'érysipèle a débuté autour de la plaie de la balle, et s'est étendu jusqu'à la fesse opposée; mais la jambe où les greffes avaient été prises n'en a point présenté. Je dois toute la fin de cette observation à mon excellent ami, le Dr J. Carrière.
§ 8. Les greffes une l'ois adhérentes et les îlots tendant à se former, la rapidité de leur développement dépend encore de l'état général du sujet, outre l'état local.
En règle générale, la marche des îlots est parallèle à celle de la cicatrice marginale, et quand même elle est lente, c'est toujours autant de gagné, comme je vais le montrer.
Cependant il y a des cas où ce parallélisme n'existe pas : ou bien les îlots devancent beaucoup la cicatrice marginale, et c'est un bénéfice de plus; ou bien, sans raison appréciable, l'inverse se produit, et alors les avantages de la grelFe sont moindres ces derniers sont, du reste, beaucoup en minorité.