‹ De la Greffe Ollier-ThierschChapitre 23 sur 37 · Beitrage zur Klinischen chirurgie, IV ter Band · texte numérisé non relu

Beitrage zur Klinischen chirurgie, IV ter Band

None

pas exister dans une greffe bien faite). Cette couche intermédiaire plus ou moins épaisse est formée par un réticulum fibrineux à mailles de volumé variable et à travées d'autant plus épaisses et plus serrées à mesure qu’on se rapproche de la surface de la plaie. Dans ces mailles se trouve du plasma sanguin ei des globules rouges, résultant de l'hémorrhagie occasionnée par l’ablation des bourgeons charnus. Cette couche intermédiaire à une action sur la prise et la guérison de la greffe, car on a remarqué que plus elle est mince plus le succès est assuré et rapide.

Pendant les premières heures on observe du côté de la plaie (surface râclée) une multiplication très grande des cellules conjonctives et des cellules endothéliales des vaisseaux. Du côté de la grefle on observe des cellules migratrices, qui, situées dans l'épaisseur du derme, gagnent le réticulum fibrineux intermédiaire.

La greffe à ce moment est peu vivace et pendant les premières heures il y a fort peu de changement de ce côté. Garré avait cependant observé dès la neuvième heure des cellules à noyaux multiples y pénétrer en suivant les anciens vaisseaux. Ces cellules viennent de la plaie après avoir traversé le réticulum. A côté de ces éléments embryonnaires (cellules à noyaux multiples) on observe ensuite l'apparition des cellules à noyau unique (cellules fibroplastiques) qui deviennent de plus en plus nombreuses. À ce moment, on voit la couche cornée des lambeaux se ramollir, se gonfler et se détacher. En même temps on voit apparaître en certains endroits des phlyctènes qui vont grossissant el finissent par détacher complètement la surface cornée. Ces phiyctènes renf rnent un liquide séreux produit de la désin-

tégration cellulaire. Il ne reste plus alors que la partie superficielle du derme recouverte par quelques cellules de la couche de Malpighi.

Si on fait des coupes de la grefte le deuxième et le troisième jour, on voit que les cellules fibro-plastiques sont maintenant très nombreuses, tandis que les cellules multinucléaires n’augmentent plus; quant aux globules sanguins ils disparaissent.

Il semble que les cellules rondes qui s’insinuent dans les vaisseaux sectionnés sont surtout chargées de la nutrition du lambeau, tandis que les cellules fibro-plastiques serviraient à l’organisation de l’exsudat intermédiaire.

Vers le troisième jour, on observe que l'organisation de l'exsudat est presque complète. On y voit des vaisseaux de nouvelle formation qui se dirigent vers la face profonde de la greffe. Ces vaisseaux vont mettre en relation la greffe et la plaie, et par les modifications qu'ils amènent on constate dans le lambeau greffé une multiplication nucléaire très marquée qui à pour résultat de produire des bourgeons cellulaires qui se dirigent pour se mouler vers la surface cruentée de la plaie en repoussant et en détruisant l'exsudat intermédiaire.

Ensuite les cellules embryonnaires se flétrissent, la couche cornée commence à se réparer, les anciens vaisseau x disparaissent par place en subissant une dégénérescen:e hyaline.

Les vaisseaux de nouvelle formation après avoir tra versé la couche intermédiaire, vont dans les papilles, mais ils n’y lormeraient pas ces anastomoses régulières qu'on trouve dans

les papilles normales de la peau; ils arrivent jusqu’à la cou-

To —

che de Malpighi, et à mesure que ces vaisseaux se forment : les anciens dégénèrent et sont comblés par des proliférations épithéliales. Quant à la couche intermédiaire elle s'organise de plus en plus, et vers le dixième jour elle est remplacée par une couche conjonctive très fins, reconnaissable par quelques amas de cellules fibroplastiques et par des cellules à noyaux multiples très rares.

Telle est la période d'organisation.

A partir de ce moment et lorsque les phénomèënes de restauration ont passé par les différentes phases que nous avons signalées, la greffe est organisée et vivante, car elle se trouve, à peu de chose près, dans les mêmes conditions physiologiques qu’une peau normale. Les néocapillaires pénètrent dans la greffe et forment les anses papillaires. On peut observer encore ces mêmes néocapillaires s'abouchant par endroits avec les anciens vaisseaux qui ont persislé.

Vers le quatrième, cinquième mois, et plus tard l’exsudat qui est devenu de plus en plus mince, en s'organisant, a complètement disparu, les papilles se sont réformées ; cependant la vascularisation est moins grande que normalement.

En résumé, cette étude montre que la vascularisation de la sreffe se rétablit surtout au moyen des néocapillaires, car les anciens disparaissent presque tous ; que la partie impor tante de la greffe est formée par les couches profondes de l’épiderme qui vont par prolifération s'adapter sur les inég 1lités du tissu de la plaie, que la couche intermédiaire retard» la réunion du lambeau à la couche nourricière dès qu’elle présente une épaisseur un peu marquée, et comme elle est remplacée pir du tissu conjonctif nouveau, elle doit favoriser

la rétraction en raison directe de Son abon lance.

[ep]

Page 1