‹ De La Grossesse À La Suite Des Interventions Pour Suppurations PelviennesChapitre 5 sur 39 · À.— UNILATÉRALITÉ FRÉQUENTE DES LÉSIONS · texte numérisé non relu

À.— UNILATÉRALITÉ FRÉQUENTE DES LÉSIONS

L’unilatéralité possible des salpingo-ovarites, et la difficulté de la diagnostiquer a été pour certains laparotomistes, Bouilly (‘) entre autres, un argument en faveur de leur méthode contre l’hystérectomie vaginale de Péan-Segond.

Goullioud, de son côté, explique par l’unilatéralité des lésions tous les faits de grossesse présentés par lui au Congrès de Chirurgie de Lyon (1894) ().

Cet auteur n’admet pas, en effet, pour les trompes

malades la possibilité de recouvrer leurs fonctions. Rencontre-t-on souvent ces lésions unilatérales ?

(1) Bouilly. Société de Chirurgie, 25 février 1891. (2) Goullioud. Cas de grossesse chez des opérées pour salpingo-ovarite.

Dans les premières études publiées sur les salpingites, on avait fait presque Un dogme de la bilatéralité. Les salpingites nettement infectieuses, d’origine blennhorragique, par exemple, atteignaient toujours les deux cotés. C'était l'opinion de Bandl CS; de Monprofit (°), etc.

L'accord ne s’est pas maintenu. Le Tait (°) constate qu'il n’est pas très rare de rencontrer des lésions localisées à un seul côté, et cela surtout dans les cas de salpingites purulentes.

La statistique de Martin (°) au Congrès des Natulalistes de Berlin (4886) contient un nombre considérable de cas unilatéraux. Sur 287 malades, il trouve

91 fois les deux côtés pris ; 58 fois le côté droit seul pris; 138 fois le côté gauche est seul pris.

Cette statistique, basée exclusivement Sur l'examen clinique forcément imparfait, pouvait être critiquée. Mais dans son traité clinique des maladies des femmes, il a donné la statistique de ses opérations. « Vers la mi-février 1887, j'avais à mon actif 77 salpingectomies, dont 45 unilatérales et 32 doubles. » On voit que le nombre des cas unilatéraux lemporte

encore de beaucoup sur l'autre.

Delbet (5) nous fournit encore une statistique im-

(1) Bandl. Deutsche Chirurg., Lief 50, p. à.

(2) Monprofit. Thése de Paris, 1888, p. 36.

(3) Tait. American journal of obstetries 1887, p. 478.

(4) A. Martin. Congrès des Naturalistes allemands, Berlin 1886. — Traité clinique des maladies des femmes:

(5) Delbet. Des suppurations pelviennes. Paris 891, p. 21.

ones a portante dé faits constatés de visu, soit par l’opéra-

tion, soit par l'autopsie. Sur 210 observations où

.“Vétat. des deux trompes est nettement indiqué :

Fe RE 128 fois les lésions étaient bilatérales ; is A : " - 82 fois elles étaient unilatérales ; | 82 fois à ‘gauche ; (HA 30 fois à droite; au Pete ne & DU) 49fois.le côté est. indéterminé. Aron si le nombre de ces unilatéraux est encore. ici assez considérable, nous sommes Join cependant de. er proportion indiquée par Martin.

Pichevin © a présenté sa statistique au Congrès

se * de Bruxelles. Dans cinq cas de salpingo- -ovarite il a NS ee un s'en tenir 1e n'enlever les ‘annexes que d'un NE | côté. ee “4 TE FR

Fi NE Duret et Le Fa ont. fou oitothe des cas sem- | ee et il n’est pas un gynécologue qui n'ait

fon dans sa pratique. plusieurs cas de ce Rte Cette question est complexe, dit Delbet (?) dans 3 son “excellent traité des suppurations pelviennes, et

$ 6 on ne Ja tranchera pas à ‘coup de statistique. a je crois, ce qu'on peut dire de plus général sur elle. Ce sont les maladies de l’endomètre qui produisent secondairement les affections tubaires. Toute métrite infectieuse peut se propager aux é trompes ; mais l'infection ne gagnera ces dernières dans certaines conditions dont les facteurs

Ho Pichevin. bte de Bruxelles 1899. Nouv. SALAIRES de Gynécol, 1898; 413% - ICE peibet. Loc. cit. P: 38.

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sont d’une part, la virulence des agents infectieux, d'autre part, la résistance de la muqueuse tubaire. Ces deux facteurs varient naturellement dans d’énormes proportions ; mais en dehors des cas exceptionnels d'infection très violente, la virulence n’est pas telle que les trompes soient envahies d'emblée, et il faut sans doute une circonstance adjuvante pour que le conduit tubaire soit atteint. Cette circonstance nous échappe le plus souvent, mais ce peut être une béance anormale de l’orifice utéro-tubaire par suite d’une desquamation exagérée de l’épithélium, ce peut être une congestion plus intense,

comme celle qui se produit du côté où un ovule se :

rompt, etc.Cette circonstance adjuvante peut n’agir que d’un seul côté, et alors la salpingite sera d'abord uni-! latérale. On ne voit pas pourquoi les salpingites seraient plus nécessairement bilatérales que les orchites d’origine uréthrale. Mais une salpingite unilatérale étant produite, la cause qui l’a engendrée, la métrite, persiste si même elle n’est pas aggravée secondairement par la salpingite; elle persiste menaçant toujours la trompe du coté opposé et s’il survient du côté de cette trompe menacée quelques modifications qui diminuent sa résistance, elle sera envahie.

€ En somme il me parait très probable, que dans la majorité des cas, laffection utérine se transmet d’abord à l’une des deux trompes ; et que le Ssalpingite commencera par être unilatérale. Mais si on laisse le tout évoluer sans traitement, tôt ou tard, dans un laps de temps variable, la seconde trompe est envahie et la salpingite devient bilatérale,

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