‹ De la grossesse utérine prolongée indéfinimentChapitre 10 sur 26 · Conclusion · texte numérisé non relu

Conclusion

Nous voyons, en somme, que la plupart des auteurs qui admettent les grossesses prolongées, se placent au point de vue médico-légal. A ce point de vue, en effet, il faut être indulgent, car il faut que le médecin-légiste fasse contre-poids aux juges qui n’ont que trop de tendance déjà à voir un criminel dans chaque accusé. C’est ainsi qu’Alberti , Teichmeyer, Büttner admettent les grossesses de 10 mois et hésitent à rejeter complètement celles de 11 et 12 mois. Hebenstreit admet leur légitimité jusqu’au commencement du 11' mois. Osiander accorde la possibilité d’un retard de 6 semaines au delà du terme ordinaire. Louis et Haller admettent les accouchements à 10 mois, ainsi que Schnobel1, Roose, Klose, Masius, Bernt2, Sprengel, Mende3, Wildberg4, etc. Low accorde 300 jours comme terme extrême de l’accouchement retardé. Henke5 déclare légitime un accouchement retardé d’un mois au delà du terme normal, si les circonstances parlent en faveur de la mère.

Voilà l’opinion que la philanthropie dicte au médecin-légiste. Autre est le devoir de l’accoucheur et du physiologiste, qui observent comment la nature évolue et ne considèrent que le point de vue scientifique pur, sans égard aux applications que l’art se permettra d’en tirer. C’est devant des considérations de cette nature que l’homme de science s’arrête quelquefois et hésite à dire toute sa pensée quand il voit une pauvre femme qui n’est point coupable au point de vue naturel, mais que l’état social actuel condamne.

Si l’on songe aussi à combien de mensonges honorables conduit le

1 De partu serotino. Iena 1786.

1 Handbuch der gcr. A. K. , p. 103. Wien 1828.

6Beob. u. Bem. aus d. Gebiete d. gcr. Med., Bd. 3, p. 286. Gôtt. 1826.

4 Lehrbuch der gcr. Arzneiwissenschaft , p. 167. Erfurt 1824.

lGer. Med . , § 104.

respect des mœurs et le besoin de l’estime d’autrui, on découvrira alors les vrais motifs de ces fixations de l’accouchement de 7 à 10 mois par toutes les bonnes lois. Les institutions des peuples n’ont-elles pas pour but de servir à leur bonheur en assurant leur tranquillité ? Ainsi , c’est la pudeur des femmes, c’est l’honneur des familles, c’est une juste sollicitude pour les enfants, c’est le respect dû au mariage et l’incontinence naturelle à notre espèce, qui donnent à la naissance de l’homme une fausse apparence d’incertitude et d’inconstance. Chez les peuples sauvages, les femmes accouchent toujours à 9 mois ou 270 jours ; et il n’y a guère de variations chez nous que pour les enfants posthumes ou les premiers-nés. Toutefois il faut ajouter que mille causes morales, absolument étrangères aux animaux, rendent l’avortement naturel beaucoup plus fréquent dans notre espèce qu’en aucune autre.

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