Conclusion
Tous les cas de Mühlbeck, de Bartholin, de Cheston , de Caldwell, sur lesquels s’appuie Carus, sont des cas de grossesse extra-utérine évidente où l’on a pris le kyste fœtal pour la matrice. Erreurs d’autopsie
faciles à comprendre à une époque où l’on ne soupçonnait pas qu’on pût avoir à rechercher un fœtus ailleurs que dans la matrice. Dès qu’on trouvait une enveloppe plus ou moins épaisse autour de l’œuf, on disait: voilà la matrice, sans chercher une autre preuve, sans chercher non plus s’il n’était pas possible de trouver soudé sans doute à ce kyste un organe atrophié comme l’est la matrice d’une femme de 60 ou même de 9ù ans, surtout si l’on a affaire à une matrice vierge, comme dans le cas de Caldwell. Pour prouver que le contenant est la matrice, il faudrait montrer au microscope les fibres musculaires lisses qui caractérisent le tissu utérin et qu’on ne trouve pas dans les parois d’un kyste. Il faudrait surtout prouver qu’on a cherché la matrice véritable sans la rencontrer.
Nous avons commencé par rapporter les idées de Carus sur la rétention du fœtus, parce que c’est lui qui a fait revivre cette hypothèse en Allemagne. Sa notoriété avait entraîné à sa suite tous les auteurs allemands modernes, qui l’admettent encore pour la plupart à l’heure qu’il est. Il nous reste à examiner dans tous ses détails cette question telle qu’elle est encore défendue par les auteurs contemporains.