A CK ER M AN, J
- Roquet, è*Rouerrr- -• Yalkttb,
Cantagbel, J à Toulouse.
Peytave,
IIouyn, à Montpellier, Castille, | à Marseille .
Martin, )
Legrand, a Orléans.
Maupin, à Besançon.
Yuno-, *r ~ ^ Soissons” -
Vm.AiiV, 7 »- ■ —
Huet, à Bourges.
Parût, à Mimes. «•
Il en b ion, à Liège.
CnoMEL, à-Genève, etc., etc.
Tous hommes instruits uniquement au moyen de la mimique.
Le langage des signes est donc nécessaire pour instruire le sourdmuet ; c’est sa langue à lui, laiiguo naturelle qu'ou ne pourra jamais lui retirer. Que l'on consulte les hommes compétents, les hommes pratiquant, cl tous diront que c'est lu seul, lu véritable moven pour arriver a donner au sourd-muet une instruction simple, mais solide.
Quant à la parole, son rôle dans 1 éducation est bien restreint. Certes, on doit apprendre a tous ceux qui peuvent en protiter le
niSTOIKK DES FAITS.
moyen de communiquer oralement, et cela se fait dans toutes s les institutions, à Paris , à Bordeaux, à Toulouse, à Nancy, etc. ; il y a des cours spéciaux où l'on exerce les élèves à articuler, mai* combien il y en a peu qui puissent suivre avec finit cet enseigne- i ment spécial : chez les uns, la parole ressemble à des cris sauvages; ^ i chez les autres, elle est lourde, traînante, presque incompréhensible. Chez ceux qui parlent le mieux, et ce sont ceux qui ont perdu l’ouïe dans un âge avancé, elle est fatigante pour le sourd-muet et pour celui qui l’entend.
Et puis, chose remarquable, le sourd parleur au sortir de l'école, rentré dans la société, se sert très rarement de ce moyen do communication ; sa prédilection est tout entière pour le langage mimique: s’il va dans un atelier, il enseigne son langage à son maître, à ses compagnons ; s’il retourne chez ses parents, c'est encore du i
11 langage mimique qu’il se sert. Enfin la parole qu’il a apprise ne j lui sert de lien de communication que lorsqu'il so trouve avec des étrangers, et encore, s’il a du papier et un crayon , il choisira ce moyen , c’est-à-dire l'écriture.
Le sourd-muet a , comme nous l’avons dit . une langue à lui , et il a le môme amour pour elle que celui que nous portons à la nôtre.
Si nous allons dans un pays étranger, nous nous habituerons à parler le même idiome que les gens chez lesquels nous nous trouverons, mais sitôt que nous pourrons nous servir de notre langue, ce sera avec bonheur que nous le ferons.
Pour instruire le sourd-muet uniquement par la parole, il faudrait , comme l’a dit l'honorable doctgur Bégin , lui.jittacher les ; bras pour l'empécher de faire des signes, et cela fait, la lâche serait 4 immense. 11 faudrait d’abord lui apprendre à parler : or, on ne sait pas nu prix de quelle patience, de quels soins, du quelles fatigues on obtient la paroledu sourd-muet, et souvent quelle parole! Puis, lorsque le sourd-muet saurait parler, c'est-à-dire lire, il faudrait lui enseigner la valeur de chaque mot qu'il lit ; et comment y arriverait-on sans le secours d’aucun signe, comme on le proposc?Cest là que nous attendons les innovateurs : il ne suffit pas desavoir lire des mots, des phrases, il faut encore que l'élève comprenne ce qu'il lit; et lorsqu'à l’enfant qui entend nous sommes obligés de faire des signes pour faire arriver a sa jeune intelligence les premières connaissances, on voudrait qu'avec le sourd ou ne se servit pas de signes? Un tel paradoxe est inadmissible.
Unis, dit-on , il y a des demi -sourds pour qui l'instruction auri- Il I culaire serait préférable. A cela nous répondrons : vous serez obligés il / avec les demi-sourds de faire des sigucs comme avec les sourds f 1 j
complets; seulement, à mesure que l'instruction de l’élève s’étendra, vous supprimerez peu à peu le langage mimique et vous terminerez son éducation par la parole. Mais ces sujets sont rares, et quand un instituteur en rencontre, il sait quels devoirs il a à remplir.
On r parlé des institutions d’Allemagne où l'enseignement est donné uniquement par la parole. Et d’abord on s'est abusé: il n'y a, et nous le tenons de bonne source, que les institutions de Leipsick et de Weissenfels où l’on ne se serve pas de signes, et encore, si un homme compétent examinait bien les mains des professeurs et des enfants lors des exercices, il pourrait distinguer quelques signes imperceptibles à un autre œil; ensuite, il faut dire (pic nous avons vu a Paris nombre de sourds-muets instruits par la méthode allemande et qui sont fort au-dessous, sous le rapport de l’instruction, de leurs frères d’infortune élevés en France.
La soi disant innovation que l’on propose aujourd'hui fut, comme I'h dit M. Bounafoutl à l'Académie, tentée eu 1N32 il I Institution de Paris, où M. Ordinaire était alors directeur. M. Ordinaire était enthousiaste de la parole; il avait cru, lui aussi, que le langage des signes nuisait beaucoup aux sourds-muets dans l’éducation de la langue française; aussi il avait fait adopter par le conseil d'administration , alors a la télé de l'Institution , un arrêté qui portait que les signes appelés méthodiques, c’est-à-dire le langage mimique purement aibitraire et conventionnel , serait définitivement banni du système de l'enseignement de l'Institut royal;
Que l’articulation jnjjficielle cl l'art de lire sur les lèvres seraient enseignes a tous les élèves par leurs professeurs respectifs assistés par les maîtres et maîtresses d’étude, les aspirants et les aspirantes;
Que, dans toutes les communications que les élèves auraient hors des classes, soit entre eux, ou avec d'autres personnes pendant le cours des récréations, des promenades, pendant les repas, pendant le travail des ateliers, ils ne s'entretiendraient qu'à l'aide de leurs tablettes ou de l'articulation , cl que ces moyens seraient les seuls dont on ferait usage pour s'entretenir avec eux:
Que les prières communes seraient faites par l'articulation , etc.
Cet arrêté ne put jamais être exécuté, et pourtant M. Ordinaire était directeur, était le maître; mais il est de ces choses qu'il ne suffit pas de commander pour les obtenir!
M. Blanche! et M. Bouvier s’abusent comme s’abusait M. Ordinaire; lui aussi y mettait toute la bonne foi possible: il croyait rendre un grand service aux sourds-muets en introduisant cette réforme, et pourtant il ne put jamais réussir à l'appliquer.