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FrMiee, Russie • Angleterre, Allemagne» Suéde Denx-Slelles, de 181» à 181S
Alexandre, vivement blessé déjà parla spoliation de son parent, le duc d'Oldenbourg, supportait impatiemment le joug du système continental; il avait renoué des relations commerciales avec l'Angleterre, et ilfai-
sait des armements. Napoléon lui déclare la guerre (1812), contre l'avis de ses ministres et des grands personnages de sa cour, qui, maintenant gorgés d*or et de dignités, ne veulent plus que jouir de leur fortune. Assisté de rAutriche, de la Prusse et de la Pologne qu'il leurre une seconde fois de l'espoir du rétablissement de sa nationalité, il s'avance au cœur de la Russie avec une armée de 500,000 hommes. Il s'empare de Wilna et de Witepsk. Déjà les vivres commencent à devenir rares, et son armée diminue tous les jours par la faim, les maladies et la désertion. Il bat l'ennemi h Ostrowno, à Polotzk, à Mohilew, à Smolensk et à la Moskowa : à cette dernière bataille, les Russes eurent 50,000 morts ou blessés,- et les Français 20,000. L'armée était déjà réduite de plus de moitié lorsqu'elle entra à Moscou, qu'on trouva presque désert et qui fut bientôt livré à l'incendie par la main même des Russes. A mesure que ceux-ci s'étaient retirés devant l'armée française, ils avaient entraîné avec eux les populations et brûlé les villes et les villages. Ils laissent Napoléon perdre du temps à Moscou, où il espère recevoir des propositions de paix, et ils attendent prudemment l'arrivée de la mauvaise saison, n'en revenant pas de la surprise que leur cause un aussi habile homme en s'aveuglant à ce point sur les périls de sa situation. Vers la fin d'octobre, il est forcé d'exécuter cette horrible retraite où le froid et la faim dévorent son armée. Après le passage de la Bérésina, il abandonne ses soldats et revient précipitamment à Paris. Des 500,000
hommes qu'il avait emmenés avec lui, une cinquantaine de mille seulement revirent leur patrie [4]. La nation est consternée. Le désenchantement est eom« plet. Déjà des trames souterraines s'ourdissent, même et surtout parmi ceux qui avaient le plus contribué à exhausser le colosse. Les rois ses alliés, attachés h sa fortune par les seuls liens de la crainte, Tabandonnent. La Prusse se réunit à la Russie et à l'Angleterre (i8i 3). Depuis longtemps cette dernière puissance fournissait aux coalitions des subventions considérables, qu'elle se procurait en grande partie par des emprunts. Cette année, les subsides votés par Je Parlement s'élevaient à plus de 72 millions de livres sterling (près de 2 mil-
[1] Les désastres de la campagne de Russie dépassent tout ce qu'on peut imaginer. Pour en trouver qui puissent lui être com parés f il faut remonter aux croisades, ou aux invasions des barbares, ou aux grandes guerres de Tantiquité. On peut en lire les détails dans la relation, non suspecte d'exagération, d'un témoin oculaire, grand admirateur de Napoléon {Histoire de la grande armée pendant l'année 1812, par le général comte de Ségur, Paris, 1825). Je n'en cite rien ici, parce que je ne saurais à quelles pages donner la préférence. J'indique particulièrement au lecteur le liv. VI, chap. viii; le liv. VIÏ, chap. xii; le liv. IX, chap. vri, vni, XI et xiv; le Uv. X, ch. ii. vi, vin et ix; le liv. XI, ch. m, VIII et IX ; et le liv. XII, ch. i, n et m. La France a du payer de la vie de plusieurs centaine^ de mille de ses enfants l'aveuglement d'un maître qui, habitué à ne plus rencontrer de contradicteurs, s'avise un jour d'exiger foi et hommage des climats.
ACCROISSEMENT DES ARMlÊES PERMANENTES 175
liards de francs). On verra, dans la seconde partie de cet ouvrage, à quel taux ses emprunts successifs por-» tèrent sa dette publique. Napoléon fait une levée de 300,000 hommes [1] et se remet en campagne. On s'était un peu pressé de croire le lion tout à fait abattu. Il gagne la bataille de Lutzen, où les alliés perdent 25,000 hommes. Il repousse des propositions de paix qui lui sont faites et qui, s'il les eût accueillies, pouvaient encore prévenir sa chute imminente. L'empereur d'Autriche, après avoir inutilement interposé sa médiation, se joint à la coalition, dont les forces s'élevaient à plus de 500,000 hommes. Napoléon défait à Dresde Schwartzemberg, à qui il tue 30,000 hommes et fait 42,000 prisonniers. Mais ses généraux Ney, Macdonald, Oudinot et Vendamme essuient plusieurs défaites. À la bataille de Katzbach, Macdonald avait eu 10,000 morts et 15,000 prisonniers. La confédération du Rhin se dissout. Les Saxons, les Wurtembergeois et les Bavarois font défection. Napoléon est contraint de rentrer en France avec les restes d'une armée désor-
[1] Il faut avoir vécu dans ces temps désastreux pour en avoir une juste idée. Il faut avoir entendu les gémissement^ des pères, les lamentations et les cris des mères et des sœurs, lorsque les villageois et les ouvriers amenaient à la conscription leurs derniers enfants. Il avait promis aux pères de famille qui auraient sept fils d'en prendre un à sa charge : on a dit qu'il avait bien tenu sa promesse, en les prenant tous. La plaisanterie pourrait paraître fort bonne si l'on avait envie de rire en si triste matière.
ganisée. Le Sénat lui accorde, en murmurant tout bas, une nouvelle levée de 300,000 hommes. Mais les muets du Corps lé^slatif recouvrent tout à coup la parole et se dédommagen! de leur long silence. Us demandent l'abandon des pays conquis et le rétablissement de la liberté. Napoléon congédie ces serviteurs malavisés, qui ont attendu le jour de l'adversité pour prendre avec lui de grands airs libéraux.
La France était menacée sur toutes ses frontières (1814). Les Anglais, maîtres de l'Espagne et conduits par Wellington, franchissaient les Pyrénées. Les Autrichiens, maîtres de l'Italie, menaçaient l'est. Bernadette, que le roi de Suède, Charles XIII, avait désigné pour son successeur, et qui oubliait tout ce qu'il devait à Napoléon, s'avançait en Belgique. Les Prussiens, les Russes et les Autrichiens, commandés par Schwàrtzemberg et Blûcher, pénétraient en Champagne. Napoléon court arrêter ces derniers; il les bat à Champ- Aubert, à Montmirail, à Château-Thierry, k Vauchamps et à Hontereau. Mais les Anglais étaient à Bordeaux et les Autrichiens à Lyon; Bernadotte joignait Blûcher en Champagne. Pour comble de misère, Morat, ce beau-frère de Napoléon, roi de Naples de sa façon, s'unit contre lui à la coalition. Pendant que Napoléon se porte sur Saint-Dizier, dans le dessein de fermer à ses adversaires la sortie de la France, ceuxci s'avancent sur la capitale. La population parisienne était, comme le reste de la France, lasse et dégoûtée de la guerre. Les armées confédérées, après avoir eu*
à soutenir une dernière résistance sous les murs de Paris, où elles perdirent 15,000 hommes, entrèrent dans la capitale. C'était maintenant le tour des plus hauts dignitaires de l'Empire de se montrer impunément lâches. Inspiré par Talleyrand, ce fossoyeur des gouvernements, qui avait l'odorat si fin qu'il sentait avant tout le monde le moment où ils entraient en décomposition et où il devait se mettre à sa besogne, le Sénat appelle Napoléon tyran et le déclare déchu du trône. Celui-ci abdique en faveur de son fils. La coalition exige une abdication absolue et lui donne en échange la souveraineté de l'île d'Elbe. La France est réduite à ses limites de 1792. Le Sénat rappelle les Bourbons, en ayant soin de stipuler le maintien de ses pensions. Louis XVIII est solennellement proclamé roi de France et de Navarre. Avec lui s'abattent sur le pays une nuée d'hommes de l'ancien régime, qui parurent ne rien savoir de ce qui s'était passé en France depuis vingt-cinq ans, et qui firent si bien que lorsque Napoléon s'échappa de sa prison et remit le pied sur le sol français, la masse de la nation n'en éprouva pas ce sentiment d'effroi qu'elle eût ressenti si elle eût pu prévoir tout ce qu'allait lui coûter cette équipée. Toutefois Napoléon fait d'inutiles efforts pour ranimer les sympathies de la France. Le mot de liberté lui revient î\ la mémoire; mais il le prononce mal, comme un mot désappris depuis trop longtemps, et VActe addition'nel aux constitutions de V Empire dit assez clairement an pays ce que serait, une fois le danger passé,
478 PREMIÈRE PAUTIE
cet amour tardif de la liberté. II se débat en vain contre la nécessité de la chute définitive dont Theure va sonner : rien n'y fait, pas même la comédie du Champ de Mai, où il parait avec ses frères sous un cos* tume chevaleresque, en toque emplumée et en manteau d'or et de soie, et où il jure sur les évangiles. La coalition se remet en marche. Murât, voulant se débarrasser du remords de sa trahison de Tannée précédente, avait attaqué prématurément les Autrichiens en Italie. Son armée est battue et dispersée et son trône renversé. On sait sa fin misérable. Napoléon, après avoir refait sa dernière armée avec de grandes difficultés, car on ne voyait plus guère alors en France que des vieillards et des enfants, s'avance à la rencontre d^s alliés. Il venait de les battre à Ligny, dans un combat des plus meurtriers [1], lorsque le grand
[1] K Alors 8*engage, dans le village entier, une des luttes « les plus acharnées dont rbistoire ait gardé le souvenir. « Prussiens et Français sont confondus dans la plus efiroya- « ble mêlée, donnant et recevant la mort sans que nul ne « songe à demander quartier. Les officiers eux-mêmes ont « pris le fusil. Ce n*est pas un combat, ce sont mille como( bats qui se livrent à la fois. Chaque rue, chaque bâtiment, « chaque clôture est attaquée et défendue avec fureur. On « se fusille, on se déchire à la bayounette, on s'assomme <( à coups de crosse, sur les degrés des maisons, dans les « chambres, dans les étables; on se poursuit, on se tue « jusqu'au milieu des incendies qui éclatent à chaque ins- « tant, La bravoure est devenue de la férocité.... L'aspect
drame se dénoue à Waterloo [1], où 60,000 morts ou blessés des deux armées couvrent le sol (1815). Le
« de ce théâtre de carnage était horrible, ont dit les témoins « oculaires. Dans les rues, les maisons, les jardins, les cac( davres étaient par monceaux* La principale rue de Ligny « était encombrée de débris humains, écrasés, broyés sous « les roues de l'artillerie, qui avait passé au galop sut* les « morts et les mourants ; des rives du ruisseau au moulin « de Bussy, on se heurtait, à chaque pas, aux cadavres et « aux blessés. » (Le lieutenant-colonel Charras, Histoire de la campagne de 1815, ch. 8 et 11, Bruxelles, 1857.) Cet auteur évalue le nombre des morts de la bataille de LIgny à 29,000 hommes, dont 18,000 Prussiens et 11,000 Français.
[1] La défaite de Waterloo est, après les désastres de la campagne de Russie, la plus rude leçon qui pouvait être in- ' fligée à Napoléon, si quelque leçon profitait jamais à des hommes atteints à ce degré de la frénésie mititaire. Ce jour-là, quelques heures seulement avant de tomber au plus bas de sa fortune, il montrait une gaieté inaccoutumée et qui fur remarquée par ceux qui l'entouraient. Peu d'ins-* tants avant de donner à ses cuirassiers cet ordre d'attaquer le plateau de Mont-Saint-Jean, qui fut le signal de sa déroute, il se croyait tellement sûr du succès, qu'il expédiait à Paris un courrier chargé d'annoncer qu'il avait gagné la bataille. A Sainte-Hélène, il écrivait encore que, s'il l'avait perdue, il devait la gagner : ce n'était pas lui qui s'était trompé, c'était ce qu'au temps de ses prospérités, dans son matérialisme superstitieux, il appelait son étoile.
M. Thiers, en décrivant labataiUede Waterloo, soutient cette thèse que, si Napoléon Fa perdue, ce fut par suite des fautes stratégiques de Ney, de d'Erlon, de Grouchy, et
champ de bataille demeure aux Àuglais, commaudés par Wellington. Napoléon rentre à Paris, où les deux
d'autres encore. Si Napoléon eût été vainqueur, personne, et M. Thiers moins que personne, ne se fût aperçu de ces causes de défaite; la fougue de Ney, les hésitations de d'Erlon, les lenteurs de Grouchy eussent passé pour autant de traits de génie et pour avoir contribué au succès. 11 n'est pas jusqu'au violent orage qui vint tout à coup détremper les terres argileuses de Mont-Saint-Jean, qui n'eût partagé l'honneur du triomphe. Dans d'autres, temps, le héros avait eu à essuyer et il avait surmonté bien d'autres contrariétés, soit de la part des hommes, soit de ceUe des éléments. La science militaire de ses lieutenants» s'il est permis d'appliquer à pareille chose le beau nom de science, ne lui a pas plus fait défaut que la sienne propre à Waterloo. La vraie cause de son dernier désastre et de sa chute définitive est ailleurs : il était inévitable que la France, dont il avait depuis quinze ans détourné toutes les forces au profit de son ambition personnelle, finît par se lasser et par l'abandonner ; mais il était juste en même temps que Timmense orgueil de rhomme et l'immense faute de la nation qui s'était laissé enivrer par lui de vaine gloire et lui avait fait litière de tous ses droits et de toutes ses libertés si chèrement conquis, il était juste, dis-jé, que tout cela reçût enfin sa récompense; et si, après un demi-siècle écoulé, cette nation, se laissant aveugler de nouveau, oublie une aussi terrible leçon, il faudra bien qu'elle en reçoive encore de plus terribles peut-être. Comme on doit être équitable envers ses adversaires aussi bien qu'envers ses amis , j'ajouterai que, malgré tout l'encens que M. Thiers prodigue à son idole, la force de la vérité lui arrache par moments des aveux qui soiU en pleine contradiction avec l'esprit général de son
Chambres le forcent à abdiquer. L'armée coalisée envahit de nouveau la capitale, et Louis XVIII vient se
livre, et qu'on pourrait lui opposer comme réfutation. C'est surtout dans son dernier volume que ces retours tardifs de libéralisme viennent contraster avec les dithyrambes dont ils ne sont souvent séparés que par quelques lignes. Je citerai comme exemple de ce louable amendement les passages suivants , quoique j'eusse encore plus d'une expression à en retrancher : « Il y avait (à Waterloo) un homme « extraordinaire , un guerrier incomparable , que tout son « génie ne put sauver des conséquences de ses fautes poli- « tiques ; il y eut un géant qui , voulant lutter contre la « force des choses, la violenter, Toutrager, était emporté, « vaincu comme le plus faible, le plus incapable des hom- « mes... Ce sage devenu fou, fou d'une autre folie que celle « de quatre-vingt-treize , mais non moins désastreuse , im- « molait un million d'hommes sur les champs de bataille, « attirait l'Europe sur la France qu'il laissait vaincue, noyée « dans son sang, dépouillée du fruit de vingt ans de vie- « toires, désolée en un mot, et n'ayant pour refleurir que « les germes de la civilisation moderne déposés dans son « sein. Qui donc eût pu prévoir que le sage de 1800 serait « l'insensé de 1812 et de 1813? Oui, on aurait pu le préce voir, en se rappelant que la toute-puissance porte en soi « une folie incurable , la tentation de tout faire quand on « peut tout faire, même le mal après le bien. Ainsi dans « cette grande vie, où il y a tant à apprendre pour les mi- «litaires, les administrateurs, les politiques, que les ci- « toyens viennent à leur tour apprendre une chose , c'est « qu'il ne faut jamais livrer la patrie à un homme, n'importe « l'homme , n'importent les circonstances. » ( Histoire du Consulat et de l'Empire, livres 60 et 62, tome XX, Paris, 1862.)
rasseoir sur ce trAne vermoulu, qui devait eoeore 9'écrouler deux fois avec fracas. La France paya cher [I] cette courte visite de Napoléon et Thonneur d'avoir de nouveau un roi par la grâce de Dieu et der bayim* nettes étrangères.
Napoléon se réfugia, h Rochefort, sur le Bellérophon, après avoir écrit au régent que, nouveau Tbémistocle, il venait deinander Tbospitalité à l'Àhgleterre. La comparaison était plus spécieuse que juste. Lorsque le vainqueur de Salamine vint demander un asyle au roi de Perse, il ne lui faisait pas la guerre ; et puis sa présence en Orient n'avait rien de menaçant pour la paix du monde d'alors. Le gouver-
[I] « EII0 se voyait maintenant occupée pour tinq an- « nées ; elle perdait Landau en Alsace, Sarrelouis en Lor^ < raine, Philippevilie et Marienbourg dans le Hainault, « Yersoix dans le pays de Oex; elle consentait à ladémoli- « fion de Hunfngue et à rendre ft la Savoie et aux Pajs-Bas ff le territoire qoe nous avait assuré le traité de Purls de « 1814. Elle llrrait pour cinq ans 16 forteresses sur la frona tière, s'obligeant à y entretenir une année d'occupation « de 180,000 hommes. Une indemnité de 500 millions fut « stipulée, et 12,040,000 fr.de rentes furent créés pour Pex- « tinction des dettes particulières contractées hors de notre « territoire actuel. En ajoutant ft ces sacrifices la perte eauc sée par le passage et le séjour des troupes étrangères, on « estime que chacun des cent Jours a coûté à )a France « 30 millions ; total des cent Jours : 3 milliards* frais d'une « marche de Bonaparte. • (Chateaubriand, Congrèidé Vérmie, Paris, 1S3S.)
AGCAOISSEMENT DES ARIHEES PERMANENTES 483
nement anglais, trouvant qu'il n*y avait pas uue exacte parité, et jugeant que le repos de l'Europe ne permetlait pas qu'on laissât aller en liberté celui qui y mettait si opiniâtrement obstacle, ainsi que venaient de le démontrer les derniers événements, déclara Napoléon prisonnier de la coalition et le transporta à Sainte-Hélène. Il n'y avait là qu'une mesure de prudence, et nullementun acte de cruauté et de déloyauté, comme on l'a répété si souvent après lui. Je ne reproche donc point au gouvernement anglais un exil que méritait trop bien celui qui le subissait [1]. Mais
[i] « We admire nothlng more in Bonaparte than tlie « effi*obtcry with whichheclaimed protection from ihe laws c of nations. Tbat a man, who had set ihese laws at open c défiance, should fly to them for shelter; ihat the oppres- « sor of the world should daim its sjrmpathy as an op- « pressed man, and Ihat his claim should find advocates; a thèse things are (o be set down among the extraordinary « eirenls of Ihis extraordinary âge. Truiy, the human race c is In a pitiable state. It may be trampled on, spoiled, < loaded Itke a beast of burden, made the prey of rapacity, « insolence and the sword ; l)ut it must not touch a hair, or « disturb the pîHow of one of its oppressors» untess it can « find chapter and verse in the code of national law, to au- « thori26 its rudeness iowards the privileged offender. For « our-'civés, we should rejoice to see every tyranl, whether « a usurper or bereditary prince, fastened to a lonely rock c in the Océan. Whoever gives clear, undoubted proof t that he is prepared and sternly resolved to make the « earth a slaughterhouse and to crush every will adverse
IB/i PREMIÈRE PARTIE
voici ce que je lui reproche. Dans Tadversité, qui est la pierre de touche des grandes âmes, et où Napoléon pouvait trouver l'occasion de se réhabiliter aux yeux de l'Europe, il s'est au contraire montré misérablement petit, jusqu'à faire pitié à ses plus chauds partisans, et cela seul suffirait pour montrer combien peu de valeur morale il avait réellement. Eh bien ! je dis que le gouvernement anglais ne devait point permettre que ses agents à Sainte-Hélène respectassent aussi peu qu'ils l'ont fait une grande infortune, et qu'en
(c to is own, ought to be caged like a wild beast... Our « sympathies in this parlicular are wayward and untractaa table. When we would carry them to that solitary island, i( and fasten them on the illustrious victim of British cruelty, « Ihey will net tarry there, but take their flight across the a Medilerranean to Jaffa , and across the Atlantic to the « platform where the dqke d'Enghien was shot, to the pria son of Toussaint, and to fields of battle where thousands « at his bldding lay weltering in blood. When we strive « to fix our Ihoughts upon the suflerings of the injured (( hero, other and more terrible sufferings, of which he was « the cause, rush ui^on us ; and his complaints, however loud « and angry, are drowned by groans and exécrations which « fill our ears from every région which he traversed. We « hâve no tears to spare for fallen greatness, when that (( greatness was founded in crime, and reared by force and w perfidy. We reserve them for those on whose ruin it « rose. » (William Channing, Remarks on ihe life and characler of Napoléon Bonaparte, part, 1, the Workê, vol. I, Boston, 1843.)
rîrritant et l'aigrissant par une infinité de petites misères et de tracasseries aussi peu dignes qu'inutiles, ils en rendissent le spectacle encore plus triste qu'il ne Vêtait déjà par lui-môme. Il fallait donc eiltourer d'égards et de respect Tillustre prisonnier, qui regrettait si fort ses grandeurs passées, et lui laisser la puérile satisfaction qu'il goûtait à faire encore Sa Majesté VEmpereur dans un état d'abaissement où il n'avait pas su trouver la véritable grandeur. Je ferai encore au gouvernement anglais un autre reproche, qui surprendra beaucoup de gens, c'est, après avoir trop peu honoré Napoléon pendant qu'il vivait encore, d'avoir consenti à ce qu'il fût trop honoré après sa mort. Lorsque Louis^Philippe, caressant un stupide engouement, dont il était destiné tout le premier à payer les frais, demanda à l'Angleterre la permission d'envoyer prendre à Sainte-Hélène les restes de Napoléon pour les oflfrir triomphalement à l'idolâtrie populaire, l'Augleterre devait répondre : « Ces cendres « resteront sur ce rocher stérile, au milieu des solide tudes de l'Océan, pour servir de leçon aux peuples « et surtout à ceux qui sont chargés de les conduire. »