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ee, Italie, Sttlni-lloiiiiiiciie, JLiisleieiTC, Rvssie, AUemasne* de 1860 h iSOV.
Bonaparte n*a plus rien maintenant qui puisse le gêner dans ses allures, et nous le verrons, dans l'espace de quatorze ans, s'élever au plus haut degré de fortune auquel il soit donné à un mortel d'arriver , puis descendre au plus bas degré, entraînant avec lui dans un abîme de calamités la France et la plus grande partie de l'Europe. Il est juste de dire qu'avant d'entrer en campagne, il fît aux gouvernements anglais et autrichien des ouvertures de paix qui furent repoussées ; elles le furent même par le ministère d'Angleterre en termes brutalement imprudents et qui
. ÀCCROISSËIUSNT D£8 ABMÉES PERHAMEMËS. 117
soulevèrent de violents orages dans le Parlement, la dépense militaire de l'année s'élevant alors à plus de 47 millions de livres sterling. L'Italie était presque entièrement au pouvoir des Autrichiens. Masséna, enfermé dans Gènes par le général Ott et bombardé par la flotte anglaise, éprouvait toutes les horreurs de la famine, et était enfin forcé de se rendre après avoir perdu la moitié de ses troupes (1800). Bonaparte, qui venait de franchir le Saint-Bernard, perd d'abord puis regagne sur le vieux maréchal Mêlas la bataille de Marengo, où les Autrichiens eurent 8,000 morts ou blessés, et les Français 6,000 : on voit que la perte des vainqueurs égalait presque celle des vaincus. Moreau, qui commandait l'armée du Bhin , défait le général Kray à Hochstett et l'archiduc Jean à Hohenlinden : dans ces deux batailles^ les Autrichiens avaient eu 10,000 morts ou blessés et 17,000 prisonniers. Les Anglais s'emparent de l'Ile de Malte. L'empereur d'Autriche signe la paix de Lunéville (1801). Son exemple est suivi bientôt par l'empereur de Russie, les rois de Naples et de Portugal et le sultan . La paix est également signée avec l'Angleterre par le traité d'Amiens (1802). Cet événement excita des deux côtés du détroit des transports de joie universelle, mais qui devaient avoir bien peu de durée.
Bonaparte rétabUt dans les colonies l'esclavage et la traite des noirs. Il envoie à SainV-Domingue 32,000 hommes pour réduire cette lie, qui avait secoué le joug de la métropole. Saint-Domingue se soumit d'abord. Mais, l'année suivante , la fièvre jaune enleva la moitié de Tarmée, et le reste fut presque anéanti par les noirs, qu'exaspéraient les mauvais traitements dont ils étaient l'objet. Entre autres atrocités commises dans cette guerre, je me contente
lis r&£lilftRI PAMIE.
de citer le fait suivant : un millier de noirs, retenus prisonniers à bord de plusieurs vaisseaux, furent Jetés à la mer, à la nouvelle de l'attaque du Gap.
Bonaparte se fait nommer Ck>nsul pour dix ans, puis Consul à vie. Il réunit à la France Ttle d'Elbe, le Piémont et le duché de Parme. Il se fait nommer président de la république Italienne. Il entretient des troupes en Hollande, et envoie en Suisse 30,000 hommes pour appuyer rétablis* sèment d'une nouvelle constitution des cantons. Dans un exposé fait à l'ouverture du Corps législatif, il parle de l'Angleterre en termes blessants, et annonce l'intention de porter Tarmée à 500,000 hommes. Ces réunions d'Etats, cette intervention souveraine dans les affaires de pays iti* dépendants, ces préparatifs de guerre en pleine paix et cô langage hautain déplurent à TAngleterre, qui cherchait du reste un prétexte pour garder Malte, que le traité d'Amiens Tobligeait à évacuer. Elle rappela son ambassadeur (1803), et se prépara à la guerre en mettant sur pied 180,000 hommes de terre et en équipant 75 vaisseaux de ligue et plus de 100 frégates, bricks, etc., le tout monté par 420^000 matelots. La France avait à peine 50 vaisseaux et 60,000 matelots à opposer à cette formidable marine. Deux frégates anglaises ayant capturé des vaisseaux marchands dans la rade d'Aubierne , Bonaparte répond à cet acte d'odieuse hostilité par un acte encore plus odieux, en déclarant prisonniers de guerre tous les Anglais qui se trouvaient alors en France. Voilà donc la lutte, que tous s'applaudissaient naguère de voir terminée, qui se ranime tout à coup pour devenir plus acharnée que jamais. Sur qui pèse la responsabilité de cette déplorable rupture t On â beaucoup agité cette question. Presque tôusceui qui l'ont
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discutée l'ont considérée à travers le prisme de leurs opinions politiques ou de leurs intérêts, et ont donné des réponses passionnées ou exclusives. « C'est T Angleterre qui « est coupable, ont dit ceux-ci. — C'est la France, ont dit €( ceux-là. » U appartient aujourd'hui aux amis de la paix, juges fort désintéressés dans la question, parce qu ils voient les choses de plus haut que du point de vue des amourspropres nationaux, de dire que les torts existaient des deux côtés. Il résulte évidemment du simple exposé que j 'ai tracé tout à l'heure que la conduite de Bonaparte était faite pour inspirer au gouvernement anglais les plus sérieuses inquiétudes, et pour lui donner la conviction qu'il n'y aurait aucune paix durable avec un homme d'une humeur aussi impérieuse. Mais il est également incontestable que le refus d'évacuer Malte et l'attaque de la rade d'Âubierne mettaient du côté du gouvernemetit anglais les premiers jtorts formels, sinon les plus nombreux et les plus graves dans le fond. On a dit que, lors même que ces derniers prétextes n'eussent pas existé, Bonaparte en eût bientôt trouvé d'autres. Cela est certain aux yeux de quiconque a étudié le caractère de celui-ci, tel qu'il résulte de l'ensemble des événements déjà consommés et surtout des événements subséquents. Mais cela n'excuse nullement le roi Georges, qui devait attendre et qui n'eût pas attendu longtemps des actes directs d'agression : tel est manifestement le devoir d'un souverain qui tient à avoir pour lui le plein droit de la défense. Cette fois c'est une guerre à outrance que Bonaparte veut faire à l'Angleterre. Il cherche par tous les moyens à faire partager sa haine à cette portion la moins pensante de la nation, qui est toujours en immense majorité. De son côté , le ministère anglais ne de-
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meure pas eu reste dans ce rôle détestable où il est secondé par des émigrés français, qui bâtissent de beaux projets sur les humiliations et les désastres futurs de leur.patrie.
Bonaparte ne pouvait espérer lutter sur mer avec avantage contre l'Angleterre. Il n'avait.donc que deux moyens de lui faire la guerre, ou tenter d'y faire une descente avec des forces considérables, ou lui interdire l'entrée des divers ports du continent. Ces deux partis, le dernier surtout, présentaient de grandes ditÏÏcuités. U a recours d'abord au premier. U emploie 40 millions de francs de dons volontaires des villes, et 60 millions de francs qu'il obtient des Etats-Unis en leur vendant la Louisiane, à construire une flottille, composée de 2,000 bateaux plats ou chaloupes caûonnières, et destinées à porter 150,000 soldats, 45,000 matelots, 10,000 chevaux et 400 canons. En attendant, il s'empare de Télectorat de Hanovre , appartenant au roi Georges. Mais voici une violation du droit des gens, suivie d'un acte de criminelle colère, que la plupart de ses admirateurs mêmes renoncent a justifier : il envoie sur le territoire neutre du duc de Bade un détachement de dragons, avec ordre d'enlever le duc d'Enghien, petit-fils du prince de Condé, le fait transférer à Vincennes» juger sans défenseur par une Commission militaire, condamner comme ayant trempé dans la conspiration royaliste de Georges Gadoudal, et fusiller dans les fossés du château (1804) •
Peu de jours après, le Sénat vient le supplier de se faire empereur ; « Vous fondez une ère nouvelle, lui dit le préc( sident, mais vous devez l'éterniser : l'éclat n'est rieu sans « la durée. Nous ne saurions douter que cette grande idée ne « vous ait occupé, car votre génie créateur embrasse tout et « n'oublie rien. Mais m différez point ; vous êtes pressé par
AGCaOlSSEMEHT DES AKMÊEâ PERHANEflTES. 121
a le temps, par les évéûements* par les conspirateurs, par « les ambitieux. » Ceite grande idée avait en effet occupé Bonaparte. Le Tribunal et le Corps législatif lui eiprimèrent le même désir, à l'unanimité moins une voix, celle de Garnot, qui eut le courage de protester. U lui fallut donc céder à l'amour du peuple français. Il fut proclamé empereur héréditaire sous le nom de Napoléon , et le pape Pie VII fit tout exprès le voyage de Paris pour venir sacrer celui que son légat, le cardinal Caprara, avait appelé un nouveau Constantin^. Quand on voit ce concours de servilité, Tesprit se reporte involontairement vers ces temps d'abaissement extrême qui suivirent, à Rome, la ruine de la lib^té, et que Tacite a si énergiquement flétris^.
L'enlèvement et l'exécution du duc d'Enghien avaient soulevé en Europe une indignation générale. Alexandre, empereur de Russie , s'étant plaint de la violation du terriritoire germanique du duc de Bade , son purent, on lui répondit qu'on s'en expliquerait avec ceux que cela regardait ; on ajoutait que, si la Russie eût su à une marche de
i « Catbolicae religionis, Constanlino ilH magno simUUmus, pnesfdiuui « effectus. 9 {BuUetin des lois^ u» 818.)
* « Ruere m servitium consules, patres^ équités ; quantd quis illuslrior, « lantô magis fais! ac festinanles... Patres, gui&us unus tMtus simMUgere c vidermiur, in questus, lacrymas, vota effundi... Mémorise proditurTi- « berium, quolies curift cgrederetur , graecis verbis in liunc modum c eloqui solilum : homines ad servilutem paratos! Scilicél eliam illura « qui libertatem publicam nollet tàm proiectae servientiutn patieniiae (»• « débat... Quaeque alla, summà facundîA uec minore adulatione, ser- « viiia fingelKint, securi defacUitcUe credeniis.., uec melu aut amore sed « ex Ubidine servitUy ut in familiis privata cuique stimulatio; et vile jàm « decus publicum... In senatu cuncla longis aliorum principalibus com- « posita siatim decernumnr. » {Annaiiwn iib. I, art. 7 et U; llb. III, art. 65; Iib. XVI, art. S; Hist4>narum Iib. I, an. 90; Iib. II, art. 55.)
13S mimtaui mmB.
sa frontière les assassins de PaulP'» elle n'eût pas manqué d'aller les y prendre. Cette dernière réponse n'était pas plus admissible comme comparaison que comme raisonne^ ment. Le duc d'Enghien n'était pas un assassin» et quand la Russie eût fait arrêter sur tin territoire neutre, ne fûln:^ qu'à une marche de sa frontière, les assassins de Paul P% ce n'en eût pas moins été, aussi bien que l'arrestation du duc d'Enghien, un attentat au droit des nations. Mais le trait était poignant, et Alexandre le sentit vivement; car, quoiqu'il ne fût pour rien dans le meurtre de son père, il en avait profité, et on lui reprochait de n'avoir point puni les assassins. Des notes irritantes furent échangées et les ambassadeurs rappelés. En attendant les hostilités pro« chaînes et Teipédition» plusieurs fois différée, de la descente en Angleterre» Napoléon se fait proclamer roi d'Italie, et reçoit à Milan la couronne de fer des Lombards (1805). Il donne la vice-royauté à son beau*fils, Eugène Beauharnais, et confère le duché de Lucques et de Piombino à sa sœur, Elisa Bacciochi. U réunit la république Ligurienne à la France. On ne saurait nier que ces envahissements, qui firent naître une nouvelle coalition entre la Russie, l'Autriche et l'Angleterre, ne contrevinssent pour la plupart au traité de Lunéville, qui avait expressément déclaré, par exemple, l'indépendance des républiques Italienne et Ligurienne. J'accorde que, n'intéressant pas directement les deux nouvelles puissances qui vinrent alors se joindre à l'Angleterre , ils ne les autorisaient point à prendre les armes. Elles eussent mieux fait sans doute d'attendre, ce qui n'eût pas tardé, qu'elles fussent elles-mêmes attaquées sur leur propre terrain. Mais, si l'on considère ce qu'avait de menaçant pour tohte l'Europe l'attitude que prenait le
AGGROISSEMElfT I»CS ABËÈÈi PERMAICEMTES. 123
nouvel empereur^ on trouvera là, sinon une justification, &u moins une excuse à ces frayeurs gui la firent courir âu-devant des calamités qu'elle redoutait.
La coalition était en mesure d'opposer à la France 400,000 hommes. A la nouvelle du passage de Tlnn par 90,000 Autrichiens, sous la conduite de l'archiduc Ferdinand, Napoléon entre en Bavière avec 60,000 hommes. Dans ses proclamations aux soldats , il ne pouvait plus se servir, pour exciter leur ardeur, des mois de liberté et de république; il y substitua les mots d'honneur, de glmre et de patrie. Les malheureux feront désormais consister leur honneur et leur gloire à édifier sa fortune, et la patrie ne leur apparaîtra plus que dans la personne du maître,
Peûdànt que Masséna bat Tarchiduc Charles à Caldiero, Napoléon force le général Mack à capituler et à livrer Ulm. Il s'empare de Vienne , va au-devant des Austro-Russes, eoiiimandéé par les empereurs Alexandre et François, et les met en pleine déroute à Austerlilz, où 20,000 cada* vres jonchent le sol et la surface des lacs sur un espace de trois lieues. Il avait défendu à ses soldats de s'arrêter, pendant la chaleur de l'action , à relever les blessés : qu'on juge des effets épouvantables d'une telle défense au milieu d'une telle mêlée ! Dans cette campagne de quelques jours, il avait fait 30,000 prisonniers. Le traité de paix signé, à Presbourg , avec l'Autriche, réunit les États de Venise au royaume d'Italie , crée le grand-duché de Berg en faveur de Murât , beau-frère de Napoléon , et confère le titre de roi aux électeurs de Wurtemberg et de Bavière, alliés de la France. Le roi de Prusse, Fédéric Guillaume III, excité par AleiaMdre et d'Ailleurs indisposé contre Napoléon, à
1^ roEMltaE PARTIE.
qui il reprochait d avoir violé son territoire dans la priacipauté d'Anspach, avait été sur le point de se joindre à la coalition ; mais, après la bataille d'Âusterlitz , il signe, à Schoeubrunn, un traité d'alliance par lequel il cède ses provinces de Franconie, du Rhin et de Suisse, et reçoit en échange le Hanovre.
Pendant que Napoléon obtenait ces succès sur le continuent, la fortune lui réservait sur mer un cruel échec. Les flottes réunies de France et d'Espagne, composées de 40 vaisseaux, frégates et bricks, et commandées par Villeneuve et Gravina, sont presque anéanties, à Trafalgar, par Nelson, qui trouva la mort dans cette bataille meurtrière. Gravina reçut une blessure dont il mourut peu de temps après, et Villeneuve fut fait prisonnier; 18 vaisseaux furent pris par les Anglais ; r Achille sauta, et sur 640 hommes deTéquipage du Redoutable ^ 522 furent tués ou blessés. Les escadres réunies eurent plus de 6,000 tués ou blessés ou prisonniers, et les Anglais environ 2,000. Les jom*s suivants , la tempête fit périr une grande partie de ce qui restait des flottes française et espagnole. Napoléon, qui comptait sur leur arrivée pour escorter ses bateaux de débarquement en Angleterre, fut extrêmement irrité en apprenant ce désastre. Il marchait alors survienne. Cette nouvelle empoisonna la joie de ses nouveaux triomphes. Le géant imprimait à plusieurs de ses actes un cachet de petitesse quelquefois même de fausseté de jugement, qui contrastait singulièrement avec cette grandeur et cette justesse de vues que d'autres révélaient : il fit défendre aux journaux françm de parler de Trafalgar, comme si de pareils événements pouvaient se cacher et que la défense* d'en parler ne fût pas un moyen infaillible d'en faire un
ACCROISSEIieNT DES ARMÉES PflRlIANENTES. 125
sujet d'entretien universel. Tout au plus permettait-il de dire que la flotte avait éprouvé, près du détroit de Gibraltar, quelques avaries, causées par le mauvais temps. Il y gagna, comme cela arrive toujours sous un régime d'asservissement de la presse, qu'on exagéra ses pertes navales, quoique cela lut difficile.
A la nouvelle de la défaite de Trafalgar, le roi des Deux- Siciles avait perfidement rompu la neutralité et attaqué les Français. Napoléon donne à son frère Joseph et à Masséna Tordre d'aller, avec 40,000 hommes, chasser les Bourbons du royaume de Naples. Les Français entrent en vainqueurs dans la capitale, et Ferdinand se réfugie en Sicile (1806). Napoléon donne à Joseph la couronne de Naples, et à son autre frère Louis celle de Hollande. Il distribue à ses généraux des principautés et des duchés. Ces rois, princes et ducs sont ses grands vassaux, et forment en Europe une nouvelle féodalité militaire. Il se fait Médiateur de la Suisse et Protecteur de la confédération du Rhin. Il vise à la reconstruction de Tempire de Charlemagne ou plutôt à la monarchie universelle. Des négociations sont ouvertes pour traiter avec la Russie et l'Angleterre. Fox venait de succéder àPitt, et, soussadirection, les négociations pouvaient arriver à bonne fin ; mais il meurt, et le parti opposé à la paix reprend le dessus. L'olfre que Napoléon avait faite à l'Angleterre de lui rendre le Hanovre, donné à la Prusse par le traité de Schœnbrunn, devient un sujet de mésintelligence avec cette dernière puissance. Frédéric Guillaume, poussé par Tirritation nationale, se résout imprudemment à faire la guerre, et envahit la Saxe. Les armées de Napoléon s'élevaient alors à environ 500,000 hommes ; mais une grande
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partie était diseéminée sur divers points de l'Europe. U s'avance avec 190,000 hommes contre les Prussiens, dont l'armée s'élève à peu près au même nombre. A la bataille dléaa, ces derpiersontl2,000 morts ou blessés, et 15,000 prisonniers, et à celle d'Auerstaedt, qui se donne le même jour, 9,000 morts ou blessés, et 3,000 prisonniers ^. lit fuient dans le plus grand désordre. Napoléon entra à Berlin.Il va au-devant des Russes» qui arrivaient au secours des Prussiens, et les écrase à Eylau et à Friedland (1807) *. La bataille d'Eylau surtout, que les Russes prétendirent égalemept avoir gagnée et pour laquelle ils chantèrent un Té Deum^ présenta l'épouvantable ppeo* tacle de 40,000 morts ou blessés, les trois quarts Russes. ]!fapoléon disait dans son bulletin : «( Ce spectacle est fait a pour inspirer aux princes l'amour de la paix et Yhinr^ur « de la guerre. » Quelques jours après, écrivante son fcèit$ Joseph, qu'il félicite d'être dans ce beau pays de Naplei, çU ron a du vin^ du point de< draps de lit, de lu société if
* Après avoir décrit la bataille d'Iéna, Piocendie de cette ville et les massacres qu'exécute dans les rues de Weimar la cavalerie de Hurat, sabrant sans pitié tout ce qm n'était pas (use% prompt à jetsr S9s arms^, M. Thiers s^écrie : « Scènes lerribles, dont l'aspect serait intolérable^ ù « le génie, si Vhéroïsme déployés n'en rachetaient l'horreur , et si la gloir^ « cette lumière qui embellit tout^ ne venait les envelopper de ses rayons «f éblouissants, > (Histoire du Consulat et de VEmpire^ liv. XXV, t. VII, PariSj tS47.) C'est avec de pareilles phrases que des historiens, aussi Î9r elles à se laisser éblouir que Test M. Thiers, brouillent dans Tesprit du vulgaire loutes les notions du bien et du mal.
* Dans la proclamation qui suivit la bataille de Friedland^ Napoléon disait à ses soldats : « Dans dix jours de campagne enOn, nous avons « pris 120 pièces de canon^ 7 drapeaux^ tué^ blessé ou fait prisonniers « 60,000 Russes !... Français, vous avex été dignes de vous et de moi. Vous « rentrerez en Frainœ couverts de lauriers, et après avoir obtenu une paix « glorimm qui portera avec elle la gamniie de ta élmré$. »
AGCROISSEMEHT ttlt AftHllt tERMANElITES. iVI
mêiM de$ fmimu^ il lui dit : € Nous faigous la guerre dans «( toute son énergie et son horreur. Au milieu de ces « grandes fatigues, tout le monde a été plus ou moins « malade; pour moi, je ne me suis jamais trouvé plus « fort, ^ijai mgraUié. » Le bulletin officiel pouvait taire supposer que la vue des scènes de carnage dont il était tous les jours témoin, et qui lui inspiraient Vhorreur de la guerre, lui ôtait lappétil. La lettre intime nous apprend qu'il n'en était rien. Puisque votre santé, sire, se trouve si bien de ce régime, hâtez-vous d'en jouir pendant que la fortune vous prodigue encore ses caresses enivrantes. Yous voilà bientôt au plus haut point de vos grandeurs, et le vertige n'a pas attendu ce moment pour vous prendre. L'ascension a été rapide : la descente le sera bien davantage.
L'effectif de l'armée française s'élevait alors à 800,000 hommes. Napoléon accorde la paix de Tilsitt à la Russie et à la Prusse, et les oblige à entrer dans ce système de bUh eus eontinentaly qui sera désormais sa marotte et quelquefois aussi son cauchemar. Il dépouille Télecteur de Hesse, le duc de Brunswick et le prince d'Orange, pour créer un royaume de Westpbalie à son frère Jérôme. Les Polonais, à qui il avait promis de rétablir leur nationalité, et qui l'avaient aidé à conquérir le grand-duché de Varsovie, comptaient sur sa promesse : il les donne au roi de Saxe.
Le roi d'Angleterre et ses nouveaux ministres, Canning et Gastlereagh, qui se plaignaient avec raison des violences et des usurpations de Napoléon, commirent alors euxmêmes un acte de violation du droit des gens qui ne saurait être condamné trop hautement, et qui, je dois le dire à l'honneur de la nation, fut énergiquement blâmé dans
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le Parlement par plusieurs orateurs* Le Danemark s'était renfermé dans une stricte neutralité. Une flotte anglaise de 27 vaisseaux de ligne et d'un grand nombre de frégates et de bâtiments de transport, et portant 20,000 hommes, vient sommer le gouvernement danois de se déclarer contre la France et de livrer sa flotte. Sur un refus auquel on devait s'attendre, la vilie de Copenhague est bom* bardée et en partie incendiée : un grand nombre d'habitants périrent dans ce siège. Les Anglais s'emparèrent de tous les bâtiments de la marine danoise. On a là un exemple effrayant de cette perversion des idées morales à la-> quelle le régime de la guerre amène insensiblement les nations et leurs gouvernements. Les mots de droit et de loyauté sont encore invoqués contre les adversaires et dans la rédaction officielle des actes par lesquels on cherche à les obliger, mais on se réserve, dans la pratique, de n'en tenir aucun compte pour soi-même, aussitôt que les intérêts ne paraissent plus d'accord avec l'obligation.