‹ De la guerre et des armées permanentes (volume 4)Chapitre 39 sur 54 · IX · texte numérisé non relu

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AbAteHUflscoBteBt de l'espéee h«mai«e|» caiwé

par la gnefre.

Dans le recrutement des armées» on a soin de choisir les jeunes gens les mieux faitset les plus fortement constitués. Or un grand nombre de ces jeunes gens sont emportés, en temps de guerre, par les chances des batailles, ou périssent, en temps de paix, par l'efiEet de leur séjour dans des climats meurtriers pour des Européens, comme l'Afrique et les colonies; plusieurs enfin, après l'accomplissement de leur temps de service, prennent de nouveaux engagements, ou, rentrés dans leurs foyers avec les habitu* des vicieuses contractées dans les garnisons, ne se sentent aucun goût pour la vie laborieuse et rangée du père de famille. De toutes ces causes il résulte que le plus grand nombre des soldats ne se marient pas, et que le soin de perpétuer les générations par la seule voie légitime et hon-

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néte est abandonné à la partie la moins fortement constituée du sexe masculin. De là cet état chétif et malingre de certaines populations, cet affaiblissement, cet enlaidissement même des races les plasheureusement douées. On a remarqué avec raison que, pendant les guerres de l'Empire, l'abâtardissement de l'espèce humaine faisait en Europe et particulièrement en France de rapides progrès. C'est là une considération grave et sur laquelle j'ai dû appeler l'attention du lecteur. Je ne m'en exagère point rimportance toutefois; car je suis de ceux qui mettent la santé de T&me bien au-dessus de celle du corps. Mais celle-ci a son prix cependant, et, si elle n'accompagne pas toujours la première, si même, dans beaucoup de cas, elle semble l'exclure, elle ne l'exclut pas en réalité et doit même , toutes choses égales d'ailleurs, y contribuer.

Parmi lesimmoralitésdelaguerre, on sait qu'il faut compteretcetabominableusage, empruntéaux sauvages, d'armes et de projectiles empoisonnés , usage qui s'est maintenu en Europe jusqu'au dix-septième siècle, et qui avait pour effet , non pas seulement de mettre les combattants hors d'état de continuer de combattre , mais de les empêcher de guérir de leurs blessures; et ce déloyal emploi de pirates armés en guerre pour voler ou détruire nonseulement les propriétés communes de la nation ennemie, mais les propriétés privées des particuliers inoffensifs appartenant à cette nation ; et ces ruses de guerre qui

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116 sont souTent que des actes d'infâme brigandage '; et ces odieux artifices ou ces destructions dont les effets retombent quelquefois sur ceux mêmes qui y ont recours > ; et ces représailles dans lesquelles des hommes poussent la vengeance aux derniers degrés d'acharnement»; et ces trahisons dont Thistoire offre de si fréquents exemples, et qui ont souvent été provoquées par ceux à qui elles profitaient. Mais ce que l'on ne sait pas également, c'est que la trahison a été réduite en art et qu'elle a ses pré-*ceptes honteusement formulés dans des livres faits tout exprès pour l'éducation des gens de guerre. Je citerai, à

• Le iKiron de La Garde oonduisaU daos la Méditerranée un petit nombre de bâtiments du roi de France, Henri II, qui était alors en guerre avec Cbarles-Quint. Ayant rencontré 24 grands vaisseaux espagnols, il arbore le pavillon impérial, envoie dire à Tennemi quMl conduit en Espagne, où elle était attendue, la reine de Hongrie^ sœur de l'empereur et roi^ et demande que la flotte la salue de tous ses feux. Les Espagnols, donnant dans le piège, font une décharge de tous leurs canons. Alors La Garde, sans leur donner le temps de recharger^ arbore le pavillon français, fond sur eux, et leur prend 11^ vaisseaux et 400,000 écus d'or. Gette prouesse a été fort admirée.

* A la bataille de Steinkerque, Guillaume III, ayant surpris dans son camp un espion du maréchal de Luxembourg, le contraignît à adresser à eelai qui Tavait envoyé un faux avis destiné à faire prendre à Tarmée française des disposiiions qui faillirent la perdre et lui firent payer cher la victoire qu*eile remporta.

Après la bataille d'Helsînbourg, les Danois, obligés de fuir, tuèrent leurs chevaux et brûlèrent leurs provisions, ne pouvant pas les embarquer et ne voulant pas que rennemi en profitât. Mais ils laissaient 4,000 de leurs blessés, qui périrent empeistés ou afi'amés.

> La ville de Stade venait d*ètre bombardée et incendiée par les Danois et les Saxons. Le général suédois Stenbock se venge en incendiant la ville iiïofienûve d^Aliena, qui appartenait aux Danois. Les habitants fu-o rent obligés de fuir leurs maisons, au milieu d*une nuit de janvier, par un froid excessif et un vent violent. Les horreurs d'une pareille situation ae peuvent se décrire.

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Tappui de cetie as8eriioDt un ouTrage de M. Tabbé Deidier j qui, au siècle dernier, était professeur à l'école d'artillerie de LaFère. Cet auteur ne ya pas d'abord jusqu'à conseiller la trahison comme une chose bonne et morale : il sait qu'il soulèverait une réprobation universelle s'il s'exprimait ainsi. Il commence au contraire par dire que la trahison est en elle-même une chose mauvaise. La conclusion naturelle a tirer de 12i c'est qu'il ne nous est jamais permis d'accepter Toffire de faire notre profit de la trahison des autres, lors même que cette offre nous serait faite sans provoca* tion de notre part. Or, bien loin de là, le professeur soutient que cela est licite. Ce n'est pas tout. Il pousse bientôt la complaisance jusqu'à donner aux traîtres des préceptes très-détaillés sur les diverses manières dont ils doivent procéder • .

I « Comme la tnbisoD estininiment odieuse, Je ne voudrais pas qu'on « y engageai personne ni qu'on fit par conséquent les premières dé- « marcbes dans ces sortes de négociations^ ne f Al-oe même que pour « éviter les reproches que le traître pourrait vous en faire dans la suite ; « mais si, sans y avoir trempé en aucune manière, la trahison se trouve c toute formée dans le cœur de ceux qui viennent la proposer, un général « peut alors se servir de leur mauvaise disposition pour épargner te sang « do ses soldats et pour Tintérèt de son roi ; d'autant mieux que c*est an « prince ennemi à se tenir sur ses gardes, et quMl doit savoir qu*on s*em- « barrasse fort peu si c*est par valeur ou par ruse qu'on a le dessus i la c guerre

« Un gouverneur pourra gagner sa garnison en exagérant les sujets « de mécoalenlement qu'on a, le peu de récompense quMIs doivent es- « pérer en restant fidèles à leur prince, et leur faire de grandes pro- « messes de la part de celui dont il veut embrasser le parti. S'il y a quel- « ques oilOciers ou soldats dont il ne croie pas être bien reçu, il pourra « les envoyer dehors sous divers prétextes. S*il ne croit pas pouvoir ga- « gner sa garnison et qu'elle soit faible, en sorte qu'elle ne puisse résister « aux habitants, il fera courir plusieurs faux bruits, les uns au désavan- « tage de ^on prince, les autres à Tavaniage de Tennemi. Il répandra

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