‹ De la guerre et des armées permanentesChapitre 3 sur 36 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

Avirielic^ Amgl^imrrm, Bapa^ae, Itmlle, Corae^ de 1988 à 1969.

L'Europe jouissait à peine de quelques années de paix, lorsque la mort de deux monarques vint y rallumer la guerre. C'est le sort des Etats soumis au régime monarchique d*être ainsi dépendants de la naissance ou de la mort ou du mariage d'un prince. Louis XV, ayant inutilement tenté de rétablir son beau-père Stanislas sur le trâne de Pologne après la mort d'Auguste II (1733), déclare la guerre à Tempe-

reur d' Autriche, qui avait appuyé Télection d'Auguste in. Le vieux maréchal de Villars s'empare de Milan, et les maréchaux de Coigni et de Broglie gagnent les batailles de Parme et de Guastalla. Pendant ce temps les Espagnols envahissent le royaume de Na« pies. L'empereur demande la paix. Stanislas renonce au trône de Pologne ; la souveraineté de la Lorraine lui est attjdbuée avec réversion à la couronne de France (1738).

La guerre de la succession d'Autriche, dans laquelle il n^ avait d'engagés, comme dans la plupart des précédentes guerres, que des intérêts princiers, [met de nouveau toute l'Europe en feu. Les principaux Etats avaient garanti la pragmatique sanction, par laquelle Charles YI avait assuré son héritage à sa fille aînée, Marie-Thérèse. A sa mort, ces mêmes Etats méconnurent leurs engagements (1740). L'électeur de Bavière, Charles-Albert, et l'électeur de Saxe, Auguste III, prétendirent à la succession ; Philippe V, roi d'Espagne, réclama la Bohême et la Hongrie^ et le roi de Sardaigne le duché de Milan. Louis XV prend parti pour l'électeur de Bavière, qu'il nomme son lieutenantgénéral, et que la diète de Francfort proclame empereur d'Allemagne sous le nom de Charles Vil. Le roi de Prusse. Frédéric II, qui venait d'arriver au trône, envahit la Silésie, à laquelle ses prédécesseurs avaient renoncé. Marie-Thérèse se voyait dans une situation des plus critiques : elle était enceinte, et un instant elle ne sut pas, ainsi qu'elle l'écrivait à sa belle-mère, s'il lui resterait une ville pour faire ses couches. Mais elle

parvint, par sa fermeté et avec le secours de l'Angleterre et dé la Hollande, à dissoudre la ligue qui s'était formée contre elle. En renouvelant le vieux serment d'André II et en parlant latin aux magnats assemblés à Presbourg, elle avait gagné l'affection de cette brave nation hongroise, si maltraitée par ses prédécesseurs et qui ne devait pas l'être moins par ses successeurs. Les Français remportent quelques avantages en Italie, mais sont battus en Allemagne. Louis voit chasser de toutes parts l'empereur qu'il avait fait à si grands frais. Pendant qu'il prend quelques villes de Flandre, S0,000 Autrichiens passent le Rhin et entrent en Alsace (1744).

Reportons un instant nos regards de l'autre côté du détroit.

Sur les plaintes plus cupides que justes de commerçants anglais^ plaintes très-insuffisantes en ellesmêmes pour déterminer à la guerre, mais trop souvent jugées suffisantes en Angleterre, Georges II rompt avec l'Espagne (1739). Cette guerre coûtera à l'Angleterre 40 millions de livres sterling. Une expédition dirigée par Tamiral Vernon détruit le fort de Porto- Bello. Ce faible succès et la capture d'un galion, faite. Tannée suivante, par l'amiral Anson, excitèrent à des armements plus considérables. Une escadre de 29 vaisseaux de ligne et de plusieurs frégates, et portant environ 60,000 hommes de mer ou de terre, est dirigée sur la Nouvelle-Espagne. L'expédition vient échouer au siège de Carthagène, et la mortalité causée par le climat se joint aux revers de la guerre. Georges

94 FRUIIÈIIE PARTIE

vient prendre part à la guerre continentale avee 36,000 Anglais ou Hanovriens. A Dettingen (1743), les Français perdent S,000 hommes. Uannée suivante, la flotte anglaise, forte de 30 vaisseaux et commandée par Mathews, se mesure, pendant trois jours, près de Toulon, avec les escadres réunies de France et d*£spagne, composées de 26 vaisseaux et commandées par de Court et Navarro, et s'attribue un succès que Ton a regardé comme fort douteux, ce qui prouve que des deux parts on se fit beaucoup de mal. Dans les Pays-Bas, le maréchal de Saxe bat le duc de Gumberland. A la bataille de Fontenoy (174S), les alliés perdirent 12,000 hommes, et les vainqueurs eurent 7,000 morts ou blessés.

La mort de Charles Vil assurait la succession de l'empire à Marie-Thérèse et à son époux, le duc de Toscane, qui fut proclamé sous le nom de François ?'. Louis XY avait néanmoins continué la guerre. Il aide Charles-Edouard, fils du prétendant d'Angleterre, dans cette expédition aventureuse, qui, après avoir ranimé les dissensions civiles et fait verser en pure perte beaucoup de sang, échoue misérablement à Culloden (1746), et fournit au parti vainqueur l'occasion de souiller froidement son triomphe en dressant de toutes parts des échafauds. Il ne restait alors au roi de France qu'une quarantaine de vaisseaux de guerre : ils sont harcelés et la plupart anéantis par la marine anglaise, qui compait déjà à cette époque 269 vaisseaux de guerre. Les troupes françaises, réunies à celle de l'infant, don Philippe d'Espagne, sont obligées

ACCROISSEMENT IKES ABHÉI» PERMANENTES 95

d'abandonner Tltalie, après avoir été battues à Plaisance où elles ont 8,000 morts ou blessés et 4,000 prisonniers. Les succès de Louis à Lawfeldt et à Berg-op- Zoom sont balancés par de nombreux revers: en assiégeant cette dernière ville, son armée, campée dans un marécage, avait été plus que décimée par les maladies. De toutes les parties belligérantes, c'est lui qui désire le plus vivement la paix. Il la propose plusieurs fois en vain. Elle est enfin signée à Aix-la-Chapelle (1748) ; mais ce ne sera en réalité qu'une trêve de quelques années (1).

Après avoir envahi la Silésie, le roi de Prusse (2)

(1) La paix armée inspirait à Montesquieu, qui venait d'être témoin de la conflagration causée dans toute l'Europe par la guerre de la succession d'Autriche, ces remarquables paroles^ qu'il publiait vers cette époque: « Une maladie nouvelle s'est répandue en Europe; ce elle a saisi nos princes et leur fait entretenirun nombre désor- « donné de troupes. Elle a ses redoublements et elle devient né- « cessairement contagieuse ; car , sitôt qu'un État augmente ce « qu'il appelle ses troupes, les autres soudain augmentent les « leurs ; de façon qu'on ne gagne rien par là que la ruine commune. « Chaque monarque tient sur pied toutes les armées qu'il pourrait « avoir si ses peuples étaient en danger d'être exterminés; et on « nomme paix cet état d'efforts de tous contre tous. Aussi l'Europe « est-elle si ruinée, que les particuliers qui seraient dans la situation « où sont les trois puissances de cette partie du monde les plus « opulentes, n'auraient pas de quoi vivre. Nous sommes pauvres « avec les richesses et le commerce de tout Tunivers; et bientôt, à « force d'avoir des soldats, nous n'aurons plus que des soldats, et « nous serons comme des Tartares. » \ Esprit des lois, livre 13, ch. 17, tome I«r^ taris, 1838.) Que dirait aujourd'hui Montesquieu?

(S) Frédéric II est assurément im des plus habiles guerriers des temps modernes. On conçoit que, si nous pouvions faire à quel* qu'un un mérite de cette funeste habileté, ce ne serait pas à un roi qui se disait philosophe. Voici en quels termes parle de ce grand capitaine un historien contemporain, qui était loin pourtant de

se rétait fait céder par le traité de Breslau. Marie- Thérèse, ayant voulu reprendre cette province, fat obligée de la céder de nouveau par le traité de Dresde, après la bataille de Friedberg (174S) où Frédéric tua 6,000 Autrichiens et Saxons et fit 7,000 prisonniers. Mais ces deux puissances continuaient de s'observer d'un œil inquiet. Frédéric, se croyant menacé par les armements que Marie-Thérèse fait en pleine paix et par TalUanee de cette princesse avec Elisabeth, impératrice de Russie, et avec Auguste m, roi de Pologne et électeur de Saxe^ se ligue avec le roi d'Angleterre, et prend l'initiative de l'attaque (1786). Louis XV, je veux dire madame de Pompadour, piquée au vif par les épigrammes de Frédéric, et servie par l'abbé de Bemis, fait alliance avec TAutriche, et s'engage à lui fournir 100,000 hommes et des subsides. Les rôles étaient bien changés, comme on vait : un ami de la France devenait son ennemi, et une ancienne ennemie était transformée en amie apparente. C'est ainsi que

ressentir une aussi vive répulsion que nous pour la gloire des armes : « Never was the art of war carried to such a pitch as by him, and « it must be added, its horrors also. In this war^ Europe saw with « astonishement campaigns carried on in the midst of winter^ great « and bloody battles fought, yet producing no visible advantage to « the victors. At no time since the days of heroism^ were such « numbers destroyed^ so many towns iakeiif so many skirmishes « fought^ such stratagems practised, or such intrepidity discovered. « Armies were by the german discipline considered as composing <( one great machine, directed by one commander^ and animated « by a single will. From the commentary of thèse campaigns, « succeeding gênerais will take their lessons of dévastation, and « improve upon the arts encreasing human calamity. » (Goldsmith^ Historyof Snglani, ch. 50, Georges II, Londres, 1771.)

ACCROISSEBIENT DES ARMÉES PERMANÏMTES 97

le sort des nations peut être livré comme un jouet d'enfant à rhumeur d'une maîtresse de roi et aux intrigues d'un faiseur de petits vers galants. U n-y avait, pour la France, à peine remise de ses derniers revers, aucune nécessité de prendre part à la nouvelle guerre. La véritable cause qui Vy entraîna fut le besoin qu'éprouvait une courtisane titrée de se venger d'une tète couronnée ; il fallait aussi qu'elle fit un ministre et un cardinal du charmant abbé qui écrivait de si jolis madrigaux : n'est-ce pas que les peuples ne saurûent jamais payer trop cher d'aussi grandes choses ? Le roi de Prusse, à qui revient, dans cette guerre, la responsabilité des premières hostilités, entre en Saxe avec plus de 100,000 hommes, s'empare de Leipsick et de Dresde, défait l'électeur à Pirna et le force à se retirer dans ses États de Pologne. U s'avance ensuite contre les Autrichiens, qu'il bat auprès de Prague (1757). Mais il abandonne le siège de cette ville pour aller attaquer le maréchal Dawn, qui lui fait essuyer une défaite signalée. Dans le même temps, le maréchal d'Estrées gagne contre le duc de Cumberland la bataille d^flastenbeck, et un corps d'Autrichiens entre à Berlin. En ce moment, les affaires de Frédéric paraissent désespérées ; elles se relèvent tout à coup. ARosbach, il met en pleine déroute les Français, commandés par le prince de Soubise. Puis il chasse les Autrichiens et les Russes de la Silésie et de la Prusse : à la bataille de Zorndorf, 30,000 hommes des deux camps restèrent sur le champ de bataille. Les Français sont battus de nouveau, à Crevelt et à Minden, par le duc de

Brunswick; mais les maréchaux de Broglie et de Cas» tries battent les Hanovriens, à Gorbach et àKlostereamp (4760). Les pertes que la France essuyait sur le costi* nent n'étaient pas les plus considérables. Les Anglais ^traisirent ses flottes de Toulon et de Brest, et hii enlevèrent successivement la plupart de ses établissements de rinde orientale et de F Amérique du Nord : ces guerres lointaines se firent des deux cÂtés aveo un luxe de eraautés déshonorantes. La paix de Paris (1763) vint mettre un terme à cette lutte désastreuse, appelée guerre de sept ans^ et dans laquelle le récit des nom** breux combats» des sièges de villes prises et reprises ne fait naître cp'im sentiment de dégoût. Les traités remirent les choses en Allemagne dans l'état où elles étaient auparavant. Ce fut la France qui perdit le plus et F Angleterre qui s'enrichit de ses pertes. Jamais ce dernier État n^avait été plus puissant : il avait alors 112 vaisseaux, montés par pins de 60,000 hommes. Il est vrai, d*nn autre c6té, que ces avantages venaient de lui coûter plus de !00 millions de livres sterling. Vers la même époque, profitant adroitement des di^ sions des petits souverains de l'Inde, il y fonda cet immense empire, qui semble assurer à son commerce et à son industrie une prospérité intarissable, mais qm, prenant tme ertei«io« indéfinie et par des moyens qoe la morale n^approuve pas toujours, accumule pltxd d'un péril surravenîr de la Grande-Bretagne.

Un an après la paix de Paris, Louis XV, qm déjà avait plusieurs fois aidé la république de Gênes à contenir les Corses, race généreuse mais rude et barbare,

^tl'il fallait civiliser au lieu de ropprimer, envoyait, sffirlàdëmaiide du séiiàt géiibis, de tibùvelleâ ttdUpeâi, qill dèvâieilf »éj6urnët dans File Jjenddiit quatre Ahë. Ge iénipé èfipii^ê, les Génois, rebutés par lès rêvdltes iiiécfs^àiltte de leuW iùdomptablès sujets, teinditefltt la C8fèë à Louis (lîfig), côrHihê oit \èM ùti dorflàitté, fe^és et bêf es, atl inoàieni Même dû tm dé sèâ ilohlës ènfànià côfàmëiiçëit à la policëf en thëtàté ieidps ^'il hû apprenait â secouet lé jôHg de ses tyrans/ Telle é^ rôrîginë trèè-peu Kotiôrablé dé Id souteradriété dé la Ffancé sur la Corse. C'est dii reste la même origine ^e celle de beauéoup d'autres souverainetés, qui ôiit été adhetées ^and elles n'ont pas été obtenues pab^ ïa l^oléticé. Voltaire dit, en parlant de ce marché : et H a testait à savoir si les hommes ont le droit de veiMre a d'fihttres hotnines ; mais c'est une question ipi'bix a n'exaiïtiïïelra jamais dans aucun traité (ï). yt N'en déplaise au prophète railleur, qui aimait la vérité et tftA savait la dire plus éloquemmient que personne quand il n'avait pas quelque intérêt à li taire, un temps viendra et il n'est pas éloigné, où Ton examinera au contraire avec grand soin éette question daûs lei^ traité^. Quelques lignes plus loin. Voltaire fait cette étrange réflexion, qui sent bieù le gentilhomme de la chambre du roi et le protégé de madame de Fompadour : « Le duc de Ghoiseul (2), qui dirigea toute cette

(1) Précis du siècle de Louis XV, ch. 40, t. IV, Paria, 1836.

(2) On sait que ce ministre fut disgracié par les soins de madame du Barry, pour avoir représenté au roi que cette femme ne méritait pas qu'il descendit jusqu'à elle. Des historiens ont vanté

dOO PREMIÈRE PARTIE

« entreprise, eut la gloire de donner au roi son maître a une province qui peut aisément, si elle est bien cul- « tivée, nourrir 200,000 hommes, fournir de braves <t soldats, et faire un jour un commerce utile, i» Gomment peut-il y avoir de la gloire (j*entends de la vraie gloire, et Voltaire était tenu de s'y connaître) à diriger une vente honteuse? Aux yeux de la multitude ignorante et passionnée, peut-être; mais est-il permis à un écrivain, qui prétend au beau titre de philosophe, d'en juger ainsi? Paoli ne pouvait lutter avec succès contre les nouveaux maîtres. H fit un dernier effort à la bataille du Golo (1769), où il fut défait par le général de Vaux. Ainsi fut étouffée la liberté naissante d'un peuple qui méritait de sortir de la barbarie où il est encore à moitié plongé. L'année même où la Gorse succomba violemment, elle donna le jour à cet homme qui fut la personnification de la force matérielle et qu'elle lança plus tard sur le continent où nous le verrons bientôt faire peser sur l'Europe et particulièrement sur la France un joug des plus lourds et des plus durs.

cette hardiesse. S'il eût osé dire au prince qu'il devait à ses sujets Texemple du respect des mœurs^ à la bonne heure. Mais le duc de Choiseul avait trouvé fort bon que madame de Pompadour, dont il était une créature^ et qui ne sortait pas de plus noble maison que madame du Barry, fût jugée digne de servir au libertinage de iOD maître.

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Pologne, RttMic, Var^aie, PmmM^ Aatrieliey éla

Après la mort d'Auguste III, Catherine II, impératrice de Russie, qui avait détrôné son maii et qui est accusée de l'avoir fait étrangler, envoie des troupes en Pologne pour appuyer VélecHon de son amant Poniatowski^ proclamé sous le nom de Stanislas U (1764). De ce moment la nation ne s'appartenait plus, et il était facile de prévoir le sort qu'elle allait subir peu d'années après. Les confédérés de Bar, voulant ôter toute liberté aux dissidents grecs ou protestants, se révoltent (1768). Catherine envoie des troupes pour les disperser. Les confédérés excitèrent alors les Turcs à s'armer contre les Russes. Jamais la Turquie ne fut plus mal inspirée dans ses attaques. L'habile impératrice était servie à souhait. Son armée^ commandée par Galitzin, repousse celle du sultan, s'empara de la forteresse de Choczim, et pénètre en Moldavie et en Yalachie (1769). L'année suivante, Romanzov bat deux fois les Turcs sur les bords du Pruth et du Kàgul, et le général Panin, maître de la forteresse de Bender^ fait passer par les armes une partie de la garnison. En même temps la flotte turque était incendiée dans la baie de Tchesmé. Dolgorouki défait 60,000 Turcs et Tartares qui défendent l'isthme

182 PRiajllÈRE PÀBTm

de Pérékop, et s'empare de la Grimée (1771). Le sultan Abdoul-Hamed porte son armée à 300,000 hommes ; elle est battue par les généraux Romanzov et Kamenskoi, près de Schumla, et le traité de paix de Kainarc^i (1774), établissant ta Russie sur la mer Noire, lui assure cette position avancée d'où elle a depuis menacé constamment de ruine l'empire otto*

m^. Le r^ss^at dçftnitit ^^ ^tt®. gWJçr«, à. l^qu^e le§. EçJjQmais a,vaiwt ppus;s41çs;Tviî<?S5 a^mi^ i^eoâ^ k ^lA^s^ç plus puissante, l'ayaisl^ reç/^ae aus$ii plus, a^nuie çt plus pressée d^ dçyorer la proie (jub'elle coiivoitait ei^ Pologa.^. Deu:^ ans aya^li la p^ajx da Ij^ainarc^i, ayaît çi^ liei^. déjà, ^uf^^ Catherin, II:, Frédéric H et SlaiÂBr TyrèsHE), ÇQ prew^i: dém^mjbreB^nt qajw Ioua Ygk ta^e (i), et en pré^H^»^. d^qu^l la, Erapce et l'Angle^

(1) Le 31 juillet 1772, il écrivait à Catherine^ <t. Ils doiv^nt voua « rémercier ' tous de leur donner, à quelque prix que ce soit, la « paix dont ils avaient tràs-grand.hesoin. » Le. 18. novembre de la même annéei, il écrivait à Frédéric : « On prétend que c'est voua. Sire, « qui avez imaginé le partage de la Pologne, et je le crois, parce « qu'il y a là du génie. » {Cûrrespondance^ particulière, t. x.)- Cette glonôçatioi^ àv^ génie de la gue^rre ^t de. ses.; funestes conquête^ est peu en harmonie avec ces traits énergiques par lesquels le môme lutiBur, dans un de ses ouvrages qui abondent le plus en esprit qftais mçdl^çureuaemei^t. a^s^i, en saletés, flétrit la prpfe^ion q4litaire et l'institution permanente des armées de l'Europe : c^Riea <( n'était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux « armées. Les tronopettes, les Mres, les hautbois, les tambours, les

calons forpaaient une harmoiûe telle qu'il. n'y en eut jamais eq « enfer. Les canons renversèrent d'abord à peu près six mille « hommes de chaque côté; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur « d^s mçndes environ neut à dix, mille coquins qui en infe^taieQt « la surface. La bayonnette fut aussi la raison suffisante de la mort K de quelques milliers d'hommes. Le tout pouvait bien se monter « à u^e ,tipentain«, d« njille â{D/es. Qaipidide, qui tremliâMt c(VWie.u|k

ACCROISSEMENT DE8 ARICÉSS PERMAIfENTES 103

terre restèrent mnetteft. Vingt «ne aprèe^ eette imquité se continua par un second partage entre Ca« therine et Frédéric^GuiUaume II, et enfin, malgré le déyooement de Kosciuzko et de sesbravescompagnons, par on troisième partage entre Catherine, Frédéric- Guillaume et François II, empereur d'Autriche. Ce fut dans ce dernier partage que le féroce SouvaroT incendia Praga et en massacra les habitants. Stanislas D, ce dernier fantâme de roi polonais, qu'avaient laissé subsister les àeax premiers démembrements, ajouta à cette dérision celle d'une abdication en forme entre les mains de la princesse à qui il devait sa honteuse élévation. La vérité n^est pas due seulement aux princes : elle est bonne à dire aussi aux peuples. Mes vives sympathies pour la malheureuse nation polonaîse ne m'empêcheront pas de déclarer ici trèsH&et*

« philosophe^ se cacha du mieux qu'il put pendant cette boucherie « héroïque. Enfin^ tandis que les deux rois faisaient chanter des « Te Deum, chacun dans son camp, il prit le parti d'aller raisonner « ailleurs des effets et des causes. Il passa par-dessus des tas de « morts et de mourants et gagna d'abord un village voisin; il était « en cendres : c'était un village Abare que les Bulgares avaient (f brûlé} selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblés de it coups regardaient mourir leurs femmes égorgées^ qui tenaient <r leurs enfants à leurs mamelles sanglantes; là des filles éventrées, « après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros^ ren- « daient les derniers soupirs ; d'autres, à demi brûlées, criaient « qu'on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient ré- « pandues sur la terre, à côté de bras et de jambes coupés. Candide (c s'enfuit au plus vite dans un autre village : il appartenait à des « Bulgares» et les héros Âbares l'avaient traité de môme. Candide, « toujours marchant sur des membres palpitants ou à travers des « ruines, arriva enfin hors du théâtre de la guerre. » {Candide ou rOptimiste, chapitre 3, t. VIII.)

i04 PREMIÈRE PARTIE

tement qu'elle doit un peu et avant tout s'en prendre à elle-même de ses infortunes. La cause qui y a le plus contribué est Tintolérance de la partie dominante à regard des dissidents appartenant aux communions grecque ou protestantes, et auxquels la diète de Wilna avait accordé la liberté religieuse et les mêmes droits qu'aux catholiques. Ces dispositions avaient toujours été éludées ou violées et avaient fini par être abolies. Les dissidents persécutés cherchèrent et trouvèrent un appui naturel auprès de leurs coreligionnaires du dehors. Cela fournit à deux ennemis de la Pologne, à la Russie et à la Prusse^ des prétextes pour intervenir dans ses dissensions intestines et finalement pour se la partager. Si cette nation doit renaître un joiur, ce ne sera qu'en expiant cette faute capitale par l'adoption de principes et de règles de conduite diamétralement opposés (1). U faudra aussi qu'elle comprenne

(1) Comment ne pas espérer cette renaissance, en voyant les abprêmes efforts que font ses derniers enfants et en entendant le cri universel de réprobation qu'excite la cruauté .de ses bourreaux ! Pour désirer la fin de si odieuses boucheries, il n'est pas même nécessaire d'être ami de la liberté ; il suffit d'avoir un cœur d'honmie. L'Europe occidentale a deux raisons puissantes pour venir en aide à la Pologne. Honneur d'abord; car il s'agit de la réparation d'une grande iniquité qu'elle a laissé consonuner quand elle pouvait s'^ opposer. En second lieu, intérêt ; car il est} grand temps qu'elle pense à opposer des barrières à l'invasion de la barbarie moscovite, et la brave nation polonaise, reconstituée sur les larges bases des principes démocratiques et en dehors des influences d'une église qui l'a perdue dans le passé, est le meilleur rempart qui puisse être élevé de ce côté. Malheureusement, pour lui venir en aide, la situation, en ce qui regarde la France en particulier, est des plus défavorables. Il faut bien le dire, puisque d'autres travaillent à

bien que les révolutions ne doivent plus aujourd'hui se borner à changer les formes politiques et à faire passer le pouvoir de mains en mains ; celles-là seules ont chance et méritent de réussir, qui sont faites dans l'intérêt de toutes les classes d'un peuple et particulièrement de celles qui ont été le plus déshéritées dans le passé et qui sou£frent le plus. Les tentatives d'affranchissement qui ont été faites plusieurs fois en Pologne jusque dans ces derniers temps n'intéressaient guère que la noblesse ; elles intéressaient trèspeu ou plutôt elles n'intéressaient pas du tout, je ne dirai pas cette classe moyenne, appelée ailleurs la bourgeoisie et qui existe à peine en Pologne, mais les paysans, qui composent la grande majorité de la nation. Comment parler de liberté à des malheureux que l'on retient encore aujourd'hui dans l'abrutissement du servage ? De quel droit décrier auprès d'eux le régime russe, quand on l'imite sur le point le plu&

égarer l'opinion publique sur ce sujet, nous ne saturions penser à déclarer la guerre au gouvernement russe ; car on ne déclare pas la guerre sans griefs qui nous touchent directement, et puis il faudrait la déclarer en même temps aux gouvernements autrichien et prussien^ qui sont solidaires du même crime du partage de la Pologne, ce qui serait donner le signal de cette conflagration universelle de l'Europe, qui a causé tant de désastres sous le premier empire. Reste donc la seule voie des représentations et des négociations. Mais sonmies-nous en position de parler haut et ferme ? Il est évident que, si nous venions demander au tzar, en termes pressants, énergiques et qui lui feraient entrevoir la cessation de nos relations amicales, d'affranchir les Polonais, il aurait trop beau jeu pour nous répondre : « Je me soucie bien de votre amitié. « Commencez donc, vous qui le prenez sur un ton si fier, par être « libres vous-mêmes. »

edienx ? Lorsqu'un homme eommet le crime de po#séder son semblable comme nne béte de somme, et qu^il l'appelle à son secours dans le moment du danger, Tesclave a le droit de répondre que, puisqu'il ne s'appartient pas, il lui importe peu à quel maître il obéisse (1).

§XYI

MmgMmrWf Biate-'IJAls 4*ABiéH«««, Wfvmntm, I B t f g— ,

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Mais voici que les puissances occidentales de l'Europe transportent le théâtre de la guerre au-delà de l'Atlantique, comme si le vieux continent ne leur suffisait pas pour s'entre-déchirer.

Dans une adresse au roi Georges III et au Parlement d'Angleterre, le congrès de Philadelphie demande le redressement des griefe des colonies, opprimées par la métropole (1774), Cette démarche est repoussée durement par le roi et son Parlement, malgré les efforts éloquents de Fox. Les Américains ne pensaient pas encore à se séparer de la Grande- Bretagne. Attaqués à Bunker par le général Gage, ils

(1) U ftiut rendre cette jnstiee à la plupart de ces nobles enfants de la Pologne, réfagiés au milieu de nous, qu'ils désavouent au* jourdliui le servage des paysans polonais. Voir la remarquable lettre de M. Ostrowsky, publiée dans le numéro du Siècle du 6 mars

AGCROISSEBfEIff BBS ABMÉEft PERMANENTES 107

Fepeu90ent avec avantage les tFonpee royales, qui perd^st un laiUieF d'hommes. II9 se déclarent ind^ p^^ants (1TT6). Bs sont battus à plusieurs r^rîsev par le génâral Howe, et le congrès est obligé de se retira dans la province de Maryland. A la bataiBe da Trenton, WasUngton défait un eequ» d« Hessois cpie l'Angleterre avait à sa solde. A Saraitoga^ le général Burgoyno est fereé par le g^iérat apéricain Salei» à capitula el à BpiettFe bas les âmes. Le gowvememMit français reconnaît Findépendance des Élat»-Uhîe el feitf ayee eux un traîlé d'aUtao^e ()Tf8)v G^éfaàl soq droit, tt notifie ce trakféau gouv^mement anglais, qm kd déclape la guerre. Louis XYI avait aters 19 va»K seaux deli^ieet S9» frégates^ â envoie 96 vaisseaux» aon»aaad& pav dfBst»kig et portant an» Amérkaius un» seeouv» de 43^,000^ Imimee (pii sTeopsoent de la vâle de Saîi|t-<Gec»rges. L^fi^agne se réunit è hi Kranoe contre- ^Angleterre ('i'TZ9)v OdUe-<» arnae du nombreux vaisseaux : elle avait alors^ TOi^OOfr mate^ lots eè autan! de. soldâits de terre. Sa dépense dé guerre moQtfiât, cette smnée^là, à pree db 16- nnfiions de livres sterl&ag. Les Anglais livrent dé nombreux combats de mer^ dans tescpiels ils ont générailsment l'avantage^ Bs- s'emparent d*un grand nombre de possessions françaises et espagnoles* dans V Amérique et rinde. L'amiral Rfodney bat, au cap Siûnt-Yincent, la flotte espagnole, oommandée par don Juan de Langera (4780). Celui-ci est' fait prisomiier avec 2i400 hommesi Dans Faction, qui- avait duré dis Heures, un de ses^ vaisseaux avait sauté' avec rétquipage-, com**

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posé de 600 hommes. La Hollande, à Timitation de la France et de l'Espagne, reconnaît le gouvernement des États-Unis (1781) : Georges déclare la gaerre aux Hollandais. Rodney leur enlève plusieurs de leurs possessions des Antilles, et laisse le général Yaughan y exercer des déprédations et des cruautés qui excitent rindignation de Burke dans le Parlement. Washington et Lafayette forcent Comwallis à capituler à York-Town : 8,000 Anglais sont faits prisonniers. La guerre d'Amérique commençait à n'être plus guère populaire en Angleterre, si même elle l'avait jamais été ; mais le parti de la cour tenait à la continuer, et trouvait encore dans le Parlement une majorité^ qui pourtant diminuait tous les jours et qui finit par s'évanouir. Rodney hat le comte de Grasse près de la Dominique (1782). Les Français eurent 2,000 tués et 4,000 blessés. 4 vaisseaux furent pris, un cinquième sauta et un sixième avait coulé. Peu de temps après, 2 vaisseaux et 10 batteries flottantes des escadres française et espagnole sont incendiés à Gibraltar, et 10,000 hommes périssent brûlés ou noyés. Malgré ces succès^ le parti de la guerre perdait tous les jours du terrain. Une adresse au roi, demandant la paix, avait enfin passé au Parlement. Le gouvernement anglais reconnaît l'indépendance des États-Unis d'Amérique, et la paix est signée à Versailles (1783).

En attendant l'heure prochaine, où la vieille rivalité de la France et de l'Angleterre se réveillera plus ardente que jamais, quittons un instant l'Occident, et suivons au nord et à Torient la marche des événements.

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