‹ De la haute éducation intellectuelle (volume 2)Chapitre 34 sur 107 · I. ET IKK VU. - LA LITTÊRATURR CORHUI'TRICE. M · texte numérisé non relu

I. ET IKK VU. - LA LITTÊRATURR CORHUI'TRICE. M

et tonte pudeur; LU donnent fi la jeuneisc la liberté de tout f aire, avec lo triste courage do ne rougir de rien.

Kl que dirai-je de ces autres principes ou sentiments, si familiers à celte littérature, et qui ont fait inventer ce» types maladifs et funestes de mélancoliques et de rêveurs, les René, les Childe-Harold , les Werther, et surtout leurs tristes descendants, qui s'en vont dégoûtes de tout, malheureux do tout, emportés par mille désirs sans but, et traînant partout leur universel ennui ; esprits bizarres, qui ne peuvent accepter ni les choses ni les hommes comme ils sont, qui trouvent la vie réelle, avec ses devoirs et ses labeurs, trop mesquine pour eux; qu'on voit s'isoler du momie, dans un orgueilleux et stérile égoïsme, pour ne pas • rapetisser leur vie, comme dit l'un d'eux, et la mettre au « niveau do la société. » Ridicule manie, quoi qu'on fass«-; triste mal, qu'on ne guérit pas on le poétisant, qu'on propage plutôt, et qui aboutit ;\ jeter les lecteurs niais ou sensibles dans les plus étranges et plus chimériques illusions, et quelquefois dans un dégoût absolu do la vie réelle et sérieuse, si mémo il ne les pousse pas, en dernier résultat, jusqu'à ce crime stupide et lAche donl ces héros de romans ou de drames donnent l'exemple, en trouvant « aussi singulier, comme dit Werther, que l'on nomme lAchc le t malheureux qui se prive de la vie, que si Ton donnait ce « nom au malade qui succombe îi une lièvre maligne. » (.0 qui est la plus cynique apologie du suicide qui frtt jamais.

Et que n'aurais-je pas h dire encore, si je voulais parler ici de ces théories soeiales, ou plutôt socialistes et communistes, qui so cachent et so propagent sous ces récits passionnés avidement tus des masses, et creusent sous les pas de la société Insouciante des mines souterraines qui la feront, îi un moment donné, sauter en l'air? Mais je ne veux pas me jeter ici dans cet effrayant sujet. Laissons ces choses; résumons et concluons.

Ainsi donc, il y a unf; littérature qui, exaltant outre mesure, et faisant dominer l'imagination et la sensibilité, affaiblit l'intelligence, la pensée, la raison, et tue le goût: mais ce n'est là que le moindre mal.

Il y a une littérature qui, flattant et excitant les passions, et les plus grossières et les plus emportées, souille et déprave l'imagination, amollit la sensibilité, l'émousse, l'ènerve, la rend incapable de tout ce qui est grand, fort, généreux, et la dispose à toutes les faiblesses et h tous les égarements ;

Qui trouble violemment le cœur, y agite les folles humeurs, y soulève toutes les fantaisies désordonnées, y attise les feux mauvais ;

Et qui, après avoir ainsi troublé, flétri, surexcité l'imagination, la sensibilité, le cœur tout entier, confond les idées, égare le sens moral, pervertit la conscience, et p?ir ses procédés littéraires, par ses théories dépravées, par ses réhabilitations scandaleuses, par ses alliances impossibles de» sens et de l'esprit, de la matière et de l'Ame, par tous se* détestables sophisme! enfin , et par la multitude d'idée* fausses qu'elle jette dans les esprits et dans les cœurs, porte la corruption jusqu'au plus intime de l'être, renversant la notion même du bien et du mal au fond des Ames.

Ah! vous croyez qu'on peut jouer légèrement avec ces choses, et passer impunément dans ces flammes! Non.

J'ai vu les cœurs les plus nobles, len esprits les plus solides, les imaginations les plus brillantes et les plus pures, perdre toutes leurs facultés, toutes leurs vertus, et tromper de la manière la plus déplorable les plus belles espérances, pour s'être imprudemment jetés sur ces livres.

Et ce sont précisément les naturel les plus généreuses, les cœurs les plus ardents, les facultés les plus heureuses et les plus vives, qui sont Ici le plus exposés.

Je n'hésite pas à le dire : un jeune homme qui se nourrit

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