‹ De la haute éducation intellectuelle (volume 2)Chapitre 35 sur 107 · LETTRE VU. — LA LITTERATURE CORRUPTRICE · texte numérisé non relu

LETTRE VU. — LA LITTERATURE CORRUPTRICE

do colle littérature de romans et de théâtres est perdu.

Il va dans la vie un moment dangereux où la raison est faible, l'imagination forte, la sensibilité extrême; où les passions qui s'éveillent sont mises en mouvement par la légèreté l'orgueil et l'amour du plaisir, par toutes les excitations du dedans et du dehors : c'est la jeunesse. Arrivé à cet âge critique, un jeune homme a besoin d'aliments pour sonintelligencequi commenceà s'ouvrir, pour son imagination qui s'émeut et saisit fortement, pour sa sensibilité qui s'éveille, s'élance et quelquefois déborde.

Toutes ses facultés sont ardente**, impatientes, impétueuses, et, comme dit Bossue t: «cette force, celte vigueur, • ce sang chaud et bouillant, semblable à un vin fumeux, « ne permet rien de rassi, ni de modéré; » il se jette donc comme affamé sur tout ce qui provoque et précipite le travail mystérieux et périlleux qui se fait en lui alors, la transformation de l'enfant en homme.

Et le danger est d'autant plus grand à cet Age, que ces premières impressions sont plus profondes, et ont sur le reste de la vie une influence décisive. Car ce dont le jeune homme se nourrit à cet Age devient comme le fond et le principe même de son être, se change en sa vive substance, do sorte que dans la suile c'est de cela qu'il vivra, c'est cela même qu'il sera.

Eh bien ! s i alors un jeune homme se jette dans cette littérature et sur ces livres, si, par l'imprudence de parents qui laissent exposés de tels livres à sa curiosité, dans un salon ou dans une bibliothèque mal fermée dont la clef traîne, le jeune homme y porte la main, je l'affirme, il est perdu.

Et si, par un concours de circonstances heureuses, par une bonne éducation de famille soutenue par une bonne éducation de collège, on était parvenu à le préserver jusque-là, îi sauver en lui l'innocence et les mœurs, du jour où il a goùtè de ces lectures, je vous le dis, pères et mères de 11 êm m. g

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