‹ De la haute éducation intellectuelle (volume 2)Chapitre 37 sur 107 · LETTKK VII. — LA LITTÉRATURE CORRUPTRICE · texte numérisé non relu

LETTKK VII. — LA LITTÉRATURE CORRUPTRICE

une multitude d'individus, et pour uu pays, une cause permanente de profonde corruption.

Vous comprenez maintenant pourquoi» mon cher ami, jo me suis tu, dans mes lettres précédentes, sur toute une partie de notre littérature contemporaine; pourquoi, recommandant des études utiles et sérieuses, je me suis gardé de dire mot de ces lectures, qui ne peuvent élre que des passetemps malsains, et de ces auteurs qui ne peuvent être que des maîtres de corruption, et pourquoi je n'en parle Ici que pour dire le mépris qu'ils m'inspirent, et pour en détourner les jeunes gens, les femmes, les hommes mêmes, de toutes les forces de mon i\me.

Que si un homme grave, un père de famille, avait des raisons sérieuses de lire, et même d'étudier de tels livres, je demanderais au moins qu'il fût armé contre les dangers de ces lectures par des idées et des principes bien arrêtés, qu'il fût guidé et justifié par un but élevé. Quant à ceux qui lisent ces livres pour remplir leurs moments inoccupés, rour amuser leur oisiveté, pour donner une pftturc à leur imagination avide et désœuvrée, et qui font ainsi deces lectures la nourriture de leur esprit, ceux-là, je les condamne formellement, quels qu'ils soient. S'imaginer qu'ils passeront sains el saufs à travers de telles choses, et que leur imagination et leur cœur n'en seront pas atteints et souillés, c'est une chimère; et s'ils ont une conscience honnête, et qu'ils comptent pour quelque chose la vertu et la chasteté do leur Ame, je leur rappellerai le mot que saint Paul empruntait à un poète du paganisme: « Covrumpunt honoê mores « colloquia maltx : Ce sont les mauvais discours et les mau- « vais livres qui corrompent les bonnes mœurs, »

Non, pour atteindre la lin des éludes littéraires, pour développer heureusement ses facultés, pour élever son esprit à ce qui est vrai, à ce qui est pur, à ce qui est grand, ii ce

LETTRFS A L'N IlOMMR UV MONDE.

qui est beau, je m'en tiens à la grande et saine littérature, à la littérature sérieuse, à la littérature du bon goût et des bonnes mœurs, et je termine cette lettre par ces paroles d'un païen, chez qui la conscience et le sens moral s'étaient conservés mieux que chez certains chrétiens de nos jours : « Assurément, c'est dans les écrits de nos grands auteurs « qu'il faut chercher cette noblesse de sentiments et ce ca- « ractére mAle que Ton ne trouve presque plus parmi nous, « depuis que la fausse délicatesse et le raffinement en touto « sorte de voluptés ont corrompu notre littérature avec nos « mœurs. Scmctitas certe, et, ut sic dicamyvirilitas ab hii « petenda, quandonos in omnia deliciarum gênera vitiaque, t dicendi quoque ratione, defluxivius *, »

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