TROISIÈME LETTRE
La littérature ancienne.
Je ne vous redirai pas, mon cher ami, l'immortel éloge que faisait autrefois de l'étude des Lettres l'Orateur de Rome : « Cette noble étude, qui offre un aliment généreux « pour la jeunesse, un charme pour la vieillesse, un ornece ment dans la prospérité, un asile et une consolation dans « les revers, un doux et paisible délassement au foyer dou mestique, un secours et une force dans l'agitation des af- « faires et les surprises de la vie publique1. »
Je serais bien plutôt tenté de demander où sont aujourd'hui les hommes du monde qui, après avoir consacré à l'étude des Lettres leurs premières et plus belles années, en conservent quelque chose, je ne dis pas même pour la lumière de leur esprit et la consolation de leur vie, mais pour l'occupation de leurs loisirs. C'est que « les premières études a littéraires, comme disait avec raison le chancelier d'A- « guesseau, ne donnent que la clé de la littérature.» S'en tenir là, comme on le fait si souvent aujourd'hui, c'est n'y pas pénétrer; c'est renoncer même au bénéfice des premières études, car bientôt il n'en reste plus que des traces confuses. Au bout de quelque temps, on n'est plus même en état d'entendre les auteurs qu'on entendait dans son enfance.
• llœc ttudia adoletcentiam alunt, tetieclutem oblectant, UCUndûi ret rnant, advtriu perfugium ac tolatium prœbent ; détectant domt, non unpedtunt forù, etc. (Cicéhon, Pro Archid poetâ, vu. 17.)