VINGT-UNIÈME LETTRE
Les sciences.
Mon cuer ami,
Dans la revue que je fais ici des études possibles pour un homme du monde, et dans l'exposé des motifs qui invitent à telle ou telle de ces études, selon le goût et l'aptitude de chacun, comment pourrais- je oublier les sciences, et les grands motifs qui recommandent, aujourd'hui surtout, l'étude des sciences?
Certes, je ne tiens pas en estime si exagérée les beauxarts et les belles-lettres, que je ne voie rien en dehors, et que je ne conçoive aucune culture d'esprit au delà.
Et je combats d'ailleurs ici dans les hommes du monde des habitudes si funestes, un découragement si répandu, une abdication d'esprit si lamentable, que ce n'est pas trop de tous les grands aiguillons pour réveiller en eux l'apathie intellectuelle, leur faire comprendre l'impérieux devoir, pour tout homme et pour tout chrétien, de cultiver en soi le don de Dieu, et de rendre h son Créateur les talents que Pon a reçus de lui.
Eh bien ! l'étude des sciences est encore un de ces grands aiguillons : et, incontestablement, l'étude d'une science quelconque, môme dans la limite où un homme du monde peut s'y livrer, suffirait pour occuper utilement une vie. Quelques considérations sur l'objet, la méthode, les applications des sciences, et leur influence sociale, mettront ma pensée dans tout son jour. Je serai du reste très-bref ici, ayant traité longuement des sciences dans le précédent volume.