‹ De la haute éducation intellectuelle (volume 2)Chapitre 69 sur 107 · VINGT-TROISIÈME [LETTRE · texte numérisé non relu

VINGT-TROISIÈME [LETTRE

Nécessité d'étudier la religion.

J'arrive enfin, mon cher ami, et c'est par \h que je terminerai notre longue correspondance, j'arrive aujourd'hui ii un sujet que depuis longtemps déjà j'avais hâte d'aborder avec vous : je veux parler de l'étude de la religion.

Le chancelier d'Aguesseau, dont j'invoque si souvent l'autorité dans ces lettres, après avoir exposé à son fils les raisons d'étudier encore après les premières études, mettait en première ligne, dans le plan qu'il lui traçait pour les études de toute sa vie, l'étude de la religion. « Je commen- « cerai, dit-il, par ce qui regarde la Religion, dont l'étude « doit être le fondement, le motif, et la règle de toutes les « autres. »

Je ne sais si, dans les régions élevées de la société, s'est aujourd'hui pleinement conservée l'antique gravité des mœurs, si une certaine légèreté, inconnue autrefois, ne se rencontre pas trop souvent de nos jours môme chez les juges de la terre ; j'aime à penser toutefois que les paroles d'un magistrat tel que d'Aguesseau gardent encore leur autorité.

Pour moi, si je termine mes conseils par où d'Aguesseau commençait les siens, ce n'est pas que je n'attache, autant et plus encore que ce grand magistrat, une souveraine

Page 1