SIXIÈME LETTRE
Le mauTAif goftt litUraire.
Mon cher ami,
S'il y a une chose dont je suis certain, lorsque je vous conseille, comme je Tai fait, les grands auteurs et la grande littérature, c'est que là se trouve la vraie et sûre école du goût ; c'est que rien n'est meilleur pour conserver, épurer, fortifier en vous l'amour du beau, et pour élever votre âme tout entière en élevant votr.e esprit.
Mais en dehors de ces auteurs, que je n'appelle pas anciens, que j'appelle immortels, je vois, dans cette partie de la littérature contemporaine qui vous entoure et qui vous sollicite le plus, deux autres genres d'auteurs que j'appellerai, les uns simplement frivoles, et les autres dangereux, bien qu'au fond la frivolité et le danger soient dans les uns comme dans les autres.
* Dans tout ce qui yient d'ê|re dit, il n'a été parlé que de la littérature profane; mais, j*ai à peine besoin de l'ajouter, quelques-uns des Pères de l'Église offriraient même à des hommes du monde une lecture d'un intérêt et d'un ordre supérieur. C'est une grande littérature que celle des Pères de l'Église, et ils forment une partie trop considérable du patrimoine intellectuel de l'humanité, pour ne pas mériter la sérieuse attention de tout homme qui tient compte des grandes œutres de l'esprit humain. M. Villemain a très-bien montré, dans un ouvrage célèbre, tous les trésors d'éloquence renfermés dans cette littérature, et le profond intérêt qu'un esprit élevé y pourrait trouver. Mais nous parlerons plus convenablement de la lecture des Pères, quand nous traiterons de l'étude de la religion.