‹ De la haute éducation intellectuelle (volume 3)Chapitre 41 sur 103 · QUATORZIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

QUATORZIÈME LETTRE

L*hi8toire de France.

Mon cher ami.

Je vous disais dans ma précédente lettre que, selon moi, rhistoire par laquelle un homme du monde, qui voudrait reprendre ses études historiques, devrait commencer, c'est l'histoire de France. J'essaierai aujourd'hui de vous indiquer quelques-uns de nos meilleurs historiens, et de dire aussi dans quel ordre, avec quelle méthode et quelle gradation, on peut faire cette belle étude de l'histoire de France.

Peut-être, si l'on n'a encore que des notions confuses sur l'histoire de France, serait-il nécessaire, avant de se jeter dans les grands auteurs, d'étudier sérieusement un de ces ouvrages qui tiennent le milieu entre les grandes histoires et les abrégés, mais qui sont complets. En voici quelquesuns : je nommerai d'abord VHistoire de France^ par M. Auguste Trognon^ excellent ouvrage, remarquable tout à la

fois par l'esprit religieux de son auteur, par la sûreté de la science, la justesse des appréciations, la gravité et la noblesse du style, et auquel TAcadémie française vient de décerner le grand prix Gobert, C'est un livre que je conseille sans hésiter à toutes les maisons d'éducation chrétienne. Le cinquième et dernier volume de cette histoire Yient de paraître. — Je nommerai en môme temps celle de t,Laurenlie^ dont le juste et ancien succès fait assez l'éloge; celle aussi de M. Amédée Gabonr. Je regrette de ne pouvoir parler qu''avec bien des réserves de l'Histoire des fronçais^ par M. Théophile Lavallée.

Je dois indiquer encore, pour ceux qui voudraient lire quelque chose de moins étendu, et comme manuel propre irappeler les faits, VAbrégé chronologique de niistoire de ^rawce jusqu'à la mort de Louis XIV, par le président Hénault, édition complétée par M. Michaud : livre utile et etact, offrant des détails essentiels et judicieusement choisis pour la connaissance des faits, des hommes, des institulioDs et des mœurs.

Ce premier travail fait, et toute la suite de l'histoire de ïrincc étudiée et apprise, on lira alors avec plus de fruit tes ouvrages plus développés.

On pourra même faire choix d'une époque, d'un siècle pwir les étudiera fond. Mais il ne faudra pas oublier qu'en Mstoire surtout, pour étudier à fond une époque, une période quelconque, il est nécessaire de connaître, d'une manière élémentaire au moins, les périodes qui ont précédé etsuivi, et tout l'ensemble de l'histoire ; et c'est à quoi vous Be sauriez trop vous appliquer, mon ami, soit que vous étudiiez les premiers siècles, soit que vous vous occupiez des derniers temps de notre histoire.

Il y a des personnes qui supposent peut-être que l'étude des premiers temps de notre histoire pourrait être négligée sans inconvénient, ou qu'en tout <;as elle offre peu d'intérêt.

Ce serait là, à mon sens, une double erreur. En toute chose, et surtout en histoire, les origines sont de la plus haute importance; et quand aux origines et aux premiers temps de rhistoire de France, ils ont été très-étudiës, et très* èclaircis par la mise au jour des sources, et par les travaux des ërudits contemporains.

Sont-ce donc les époques primitives de notre histoire qu*on voudra étudier de près? Je dis que les anciens chroniqueurs et annalistes seront lus avec beaucoup de firuît, et même de charme^ en commençant par Sulpice Sêûère et Grégoire de Tours^ et en continuant jusqu'aux temps me*. dernes, où les chroniques sont remplacées par des récits et des mémoires du plus grand intérêt.

Pour les origines, Grégoire de Tours^ traduit de nos jours par M. Guizot, est une excellente et charmante lecture : on sait en quelle haute estime le tenait M. Ozanam. Les RédU des temps mérovingiens^ de M. Augustin Thierry, inspirée presque d'un bout à l'autre par Grégoire de Tours, qui est le vrai patriarche de notre histoire, offrent un tableau plein de mouvement et de vie, où tout serait à admirer, si Fauteur n'y eût laissé échapper bien des traits se ressentant des préjugés irréligieux dont il s*est si noblement dépouUli dans ses dernières années.

Il ne faut pas s'y tromper, plusieurs de nos écrivains anciens, chroniqueurs et annalistes, ont une valeur littéraire et historique considérable. Quel que soit le mérite de certains auteurs anglais et surtout espagnols, ce sont les français qu'on estime, et avec raison, de beaucoup les premiers, par la date comme par le mérite : ils n'ont d'égaux que les grands historiens classiques. Il en est qui ne sont pas bons seulement à consulter, mais à lire. VHisloire des Croisades^ de Guillaume de Tyr^ est un livre aussi intéressant que judicieux ; il y a de même quelque plaisir à étudier, malgré sa rude latinité, l'historien normand Orderic Vital. Le pre-

mier de nos chroniqueurs français, Oeoffroi de Villehardoin, a un grand charme dans la traduction qu'en a donnée Ducange; les mémoires de Joinville^ à Taide de quelques notes explicatives, sont une ravissante lecture. M. de Wailly, de riQstitut, et M. Tabbê Millaut, ancien supérieur du petit Séminaire de Paris, en ont donné deux éditions excellentes. froissard est, comme Ton dit aujourd'hui, un coloriste inappréciable; Comines n*est déjà plus un chroniqueur: il a le génie de Thistoire, et a mérité jd'être appelé le Machiavel français.

Si on s^attache à lire Tensemble de ces collections si pré* deoses, où se trouvent les auteurs que je viens de nommer, Ton apprendra à connaître Tinfluence des événements sur les mœurs publiques et particulières, aux différentes époques de notre histoire. De la sorte, on pourra juger le vrai caractère des ces événements, parce qu'on possédera, si je pois m'exprimer ainsi, leur véritable dossier. Une telle étude enseignerait non-seulement les faits d'une façon peu commune ; mais elle enseignerait aussi les mœurs, les caitctëres, la vie domestique en même temps que la vie politique et civile. Voilà le fruit qu'on retirerait de Tétude de ces vieux auteurs et des documents que je viens de nommer ici.

Quant aux travaux plus modernes, en donnant la préférence à certains travaux contemporains, je n'ai pas prétendu répudier les historiens autrefois estimés, Mézerai^ et surtout le P. Daniel^ auquel les plus savants historiens de nos jours rendent un juste hommage. Anquetil est très-loin de les valoir.

Parmi les écrivains modernes, un des plus éminents est sans contredit M. Guizot. Dans ses Essais sur VEistoire de hance^ et dans son cours de 4 828 à 4830, où il a fait de l'histoire de France une histoire de la civilisation moderne comparée, il est remonté aux sources, et a ouvert de nouvelles perspectives à la science. M. Guizot est un grand es-

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prit, un esprit génëralisateur, qui a de plus le mérite de bien étudier les faits. Tout en rendant justice très-souvent à Tinfluence salutaire de TËglise, il n'est pas exempt des préjugés du protestantisme, en particulier sur la constitution même de TEglise dans les premiers siècles, et il faut être sur ses gardes à ce point de vue en le lisant. Mais ses aveux favorables n'en ont que plus de force, quand il parle comme il la fait des évéques, des grands saints, de saint Benoît et des monastères.

Un écrivain qui a contribué beaucoup aussi à ramener i rétilde des sources et h mettre l'histoire de France dans une nouvelle voie, c'est M. Augustin Thierry. Il y a chez cet historien une vue nouvelle et très-féconde, quoiqu'il en ait abusé jusqu'au système, celle des races diverses, avec leurs divers caractères, dont le mélange a formé les peuples modernes. Son Histoire de la conquête de r Angleterre par Us Normands est une œuvre dinvention et de génie. L'auteur est, en outre, un excellent, un véritable écrivain. Cet ouvrage, toutefois, n'est pas sans défaut. M. Thierry a forci son système et en a fait comme un lit de Procuste; puisiU mutilé et faussé une foule de faits et de personnages pour les y étendre. Mais les plus regrettables taches de ce grand ouvrage sont dues aux préjugés anti-chrétiens de Fauteur et à son étrange animosité contre l'Eglise. Eclairé d'une lumière meilleure vers la fin de sa vie, il s'occupait d'ef&cer ces taches, et les a fait disparaître des premiers chapitres. La mort ne lui a pas permis d'achever ce consciencieux p et salutaire travail. Ses Lettres sur VHistoire de France ^^ son Essai sur la formation et les progrès du tiers-état^ portent aussi à un certain degré l'empreinte regrettable des premières opinions de l'auteur; mais nous croyons néan- î moins que ces deux ouvrages, du reste éminents, peuvent être lus sans danger, dès qu'on s'est armé de quelque défiance^ et avec un très-grand profit.

Son frère, M. Amédèe Thierry, a fait, non sans mérite, ^Histoire des Gaulois ^ V Histoire des invasioîis barbares^ Histoire de la Gaule sous Vadministration romaine^ et d'in- Pressants récits de VHistoire romaine au V siècle. Le correctif nécessaire avec lequel il faut lire les ouvrages e MM. Guizot et Thierry, c'est Tabbô Gorini. 11 s'est trouvé, ans une petite paroisse d'un de nos diocèses, un prêtre, n curé de campagne, esprit élevé autant que modeste, laorieux, infatigable, qui, s'attachant à remonter aussi aux ïurces de notre histoire, et contrôlant, par les documents riginaux, les récits et les appréciations de MM. Guizot et hierry, a réussi, du fond de son presbytère, à donner avec onvenance et autorité des leçons d'histoire à ces deux laitres de la science historique. M. Augustin Thierry avait n haute estime Thumble et savant curé, et tenait grand ompte de ses critiques. Nous recommandons avec instance es bons et savants volumes.

Je regrette de n'avoir à mentionner la grande histoire de tt. Henri Martin que pour en déconseiller la lecture : les savantes recherches de l'auteur, la vérité de quelques-uns de tes aperçus, le talent dépeindre qu'il y a dans quelques-uns le ses tableaux, disparaissent pour moi devant l'esprit géoëral de l'ouvrage, profondément irréligieux et hostile au christianisme. Pour ma part, je ne recommanderai jamais de tels livres. — Les préjugés protestants de M. de Sismondi rendent également peu sûre la lecture de son histoire estimable à d'autres égards. L'attrait du style manque d'ailleurs trop souvent à son récit.

Il faut bien parler de M. Michelet pour dire qu'il y avait chez lui quelques-unes des qualités du grand historien, s'il ue les eût si tristement perverties. Dans son Histoire de France] usqu^au xv siècle, malgré d'étranges abus d'imagilialion, malgré des disproportions et des lacunes même dans le récit, malgré un esprit trop peu chrétien, il y avait

des parties très-bien étudiées, des tableaux d*une vérité saisissante, des beautés de détail admirables. Mais an jour est venu où le coup d'oeil déjà peu sûr de Tauteur s'est entièrement troublé; les passions irréligieuses ont pris Tabsolue possession de son intelligence. Tout jeté, sur les questions de morale, dans les plus bizarres et vraiment les plus bon* teuses aberrations. L'historien n'a plus été qu'un scandaleia pamphlétaire. Peu d'hommes ont ofTert un plus lamentabte exemple des torts que l'impiété fait au talent.

Le récent volume de M. Lacroix, professeur d'histoire l la Faculté de Nancy, et intitulé : Dix ans cTenseignemetii historique, est un ouvrage instructif et excellent, tout à M digne d'être mis entre les mains de la jeunesse, et d'être la par les hommes mûrs.

J'ai dit qu'après avoir pris une connaissance générale, an moins élémentaire, mais très-précise, de toute la suite de notre histoire, on pouvait choisir, comme sujet d'études plus approfondies, non -seulement telle époque particulière, mais encore telle histoire locale, par exemple l'histoire de la Bourgogne, ou du Dauphiné, ou du Languedoc. Si on* un plus grand intérêt à étudier, entre toutes les histoires, celle de son pays, on conçoit qu'il doit y avoir aussi nn intérêt particulier à étudier plus spécialement dans l'histoire de son pays celle de sa sûrement fort digne des toire provinciale.

Nos grands Bénédictins du wiii*" siècle ont posé les assises de cette histoire dans plusieurs provinces : Vaissette, le plus éminent de tous, en Languedoc; Planche, en Bourgogne; Lobineau et Maurice, pour la Bretagne ; Galmet, pour la Lorraine, etc. ; mais depuis ces vénérables et laborieux successeurs de Mabillon, on a mis en lumière une foule de documents. Que de monuments inconnus de leur temps, et aujourd'hui rendus à la science! On en publie tous les jours

province. J'insiste sur cet objet, as- î > études d'un homme de loisir, Tbis-

LETTRE XIV. — L'iJlSTOinE DE FRANGE. 224

ans les recueils des sociétés savantes ; tout honnête homme Dit encourager de ses sympathies ces publications, dont il jssort du resté presque toujours une appréciation remarlable du passé catholique. En outre, des écrivains conmporains se sont plu à écrire Thistoire de leurs provinces; ir exemple, en Bretagne, MM. de Gourson, de la Borderie, 5 Villemarqué, Pol de Courcy; en Dauphiné, M. Albert 1 Boys, M. le comte Charles de Monteynard * et M. Tabbé répied*; en Franche-Comté, M. Edouard Clerc et M. Hugonangicourt; en Lorraine, M. Guerrier de Dumast et [. de Metz-Noblat; Tabbé Monlezau en Gascogne; Tabbé ochet, lauréat et correspondant de rinstilut, en Normandie ; D Bourgogne, M. Rossignol et M. Foisset, ont publié sur îurs différentes provinces des ouvrages où l'antique foi et l vérité sont présentées et défendues par la pleine lumière leTérudition moderne.

Je craindrais, si je voulais faire ici une revue des bons mvrages qui ont paru de notre temps sur telle ou telle l>trtie de notre histoire, telle ou telle province de notre pays, de me laisser entraîner en ce moment à trop de détails, et aussi de commettre une sorte d'injustice en ne citant pas tous ceux qui pourraient être cités: je ne puis cepen- 4ant ne pas nommer VHistoire des Ducs de Bourgogne^ par M. de Barante, pleine de charme, et où le récit a toute la ïaïvelé et l'intérêt des anciennes chroniques avec lesquelles il a été composé; l'ouvrage de M. Dareste de la Ghavanne, ^^xV administration de la France depuis Philippe-Auguste; \^ fondateurs de V Unité française, et la Monarchie frange au xsiw siéde, par M. de Carné; le beau travail de M. Wallon, sur Jeanne d'Arc ; VHistoire de madame de Main-

* Publication du Cartulaire de l'abbaye de Domène, avec une excellente préface.

" Preuves de rauthenticité du Cartulaire attribué k saint Hugues, en réponse à M. Fauché Prunelle.

tenoUj par M. le duc de Noailles, ouvrage considérable, aussi savant et curieux que noblement écrit ; celle de radminislralion de Colbert, par M. Clément; et sur Henri IV, le savant ouvrage de M. Poirson, et le lumineux essai de M. C. Uercier de L^coïùbe,\ni\tu\è: la Politique (T Henri JV; la très-remarquable histoire de Louvois, par M. Camille Rousset, couronnée par l'Académie, etc.

Mais s'il y a une partie de l'histoire de France que je conseille surtout d'étudier à fond, — non pas tant certes aux très-jeunes gens qu'aux hommes mûrs et aux pères de famille, — et vers laquelle d'ailleurs les esprits soient plus portés, c'est celle qui, commencée en MS9y on peut le dire, dure encore. Certes, les événements qui se passent daB* cette période, les questions qui s'y débattent, nous louchent d'assez près pour qu'il nous importe de savoir exactement cette histoire ; et les erreurs, que les passions politiqueSi philosophiques et irréligieuses y ont répandues, sont une raison de plus pour chercher à y voir clair. Je suis tr^; convaincu, pour ma part, qu'un grand pas sera fait vers l* pacification des esprits, quand les événements si complexes de la Révolution seront connus sous leur vrai jour, et le ^^ part entre le bien et le mal déterminé avec la haute et sév^^ impartialité qui convient à riiistoire. On ne l'a pas as^®' fait jusqu'ici; on a trop négligé, en général, ce qui est; l' grand enseignement de l'histoire, et son intérêt le plus ^^^ sissant, quelquefois le plus douloureux, mais aussi lep^" lumineux, je veux dire l'étude à fond des caractères et ^^ âmes. Plusieurs aussi, entraînés par les passions du ten» P ont trop oublié l'éternelle loi morale et sociale, et ce pr"^* cipe inviolable qu'il ne faut pas amnistier le crime p^^^ les résultats, que la fin ne justifie pas les moyens, et qn."^^ un mot, il n'est jamais permis de faire le mal polir airi ^^ au bien.

11 est incontestable du moins qu'un homme bien écl»'*'^

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snr cette histoire, connaissant à. fond les événements et les hommes, les causes et les effets réels, ne flotterait pas dans son appréciation de cette formidable époque à tous les vents deTopinion et des partis, et serait plus éclairé et plus fort dans les luttes présentes. Ici surtout, ce ne sont pas les livres qui manquent ; mais rembarras est de bien choisir parmi tant de livres écrits la plupart avec la passion contemporaine. Les plus célèbres sont assez connus et entre les mains de tout le monde. Il est inutile de les nommer tous. Je me bornerai à avertir du danger, et à conseiller, surtout aux jeunes gens, d'être en grande défiance, et de ne rien lire sur ces matières avant d'avoir consulté un homme grave et sûr.

Une excellente introduction à l'Histoire de la Révolution se trouve, selon moi, dans quatre publications importantes :

<• Uhistoire du règne de Louis XVI pendant les années oUon pouvait prévenir la Révolution^ par M. Droz, de l'Académie française. Ce livre, beaucoup trop peu connu, ne saurait être assez recommandé. M. de Montalemberl l'a trèsjudicieusement apprécié dans son discours de réception à l'Académie ;

2" Les assemblées provinciales avant 4789, par M, Léonce de Lavergne, ouvrage plein de science et surtout de conscience, mais qui attriste profondément; car il révèle tout ce qu'il y avait en France, au moment de la révolution, d'éléments inappréciables, d'efforts intelligents et courageux, qui devaient et pouvaient, avec un roi aussi parfaitement sincère et bien intentionné que Louis XVI, assurer le triomphe de la vraie liberté et la régénération du pays, si quelques scélérats, passant entre la vanité des uns et la faiblesse des autres, ne s'étaient emparés de tout, n'avaient bientôt tout dominé et tout perdu ;

3« L'ancien régime et la Révolution^ par M. de Tocquevllle. On y apprend à connaître ce qu'était la France avant

2SU Lrm£5 a zrs bosse &c so5DC.

la Rè^dLatûxL : et rûn a*est {itas essentiel, car rien n'est au fond pins încoana- Poor m^oL je ne croîs f»as qa*on paisse porter an Iz^mi^nt sar la Rêrolution et Fancien Régime sans aToir I^ M. d^ TocqaerîIIe. 11 a plos ètndiè pour faire cet onîtiiie volume qjie d'antres pour faire de gros livres sur leBÀne§a|et:

i" Les Olhi^n de IT39 qne M. de la Roqnette et M. E. de Barthétemy repoblient.

Sor la Rérolntion dle-méme, Fonvrage peut-être le ploi conscîencieox, le plos exact et le plos terrible de vëriti. bien qn^il smt encore inacheré, c*est YHûtoire de la Ter^ Ttmry par M. Mortimer Temanx. Les quatre premiers volâmes ne vont qne jusqn'à la mort du roi. Il foit commença avec raison la Terreor dès 1790; et quant à moi« je la ferais commencer encore plutôt. Du jour oii FAssemblèe Constituante enleva toute force à Fautorité publique, s'en empara, et ne sut ou ne voulut pas s'en servir pour réprimer le désordre; du jour où il y eut en France un meurtre impuni. c*est-à-dire dés les 5 et 6 octobre, et même dès le 1 4 juilleti la Terreur a commencé, la Terreur des bons et Faudace des méchants : dès lors, la Terreur régna, et sur FAssemblèe Constituante elle-même. Malgré les esprits génëreoi qui se trouvaient dans cette Assemblée elle fut misérablement et constamment dominée tout à la fois par la pression des tribunes, par les violences de la rue, et par ceux auxquels Mirabeau criait trop tard et vainement : t Silence aui Trente! »

11 m'est impossible de ne pas mentionner au moins leî deux grandes histoires de M. Thiers : celle de la Révolv^ tion et celle du Consulat et de VEmpire. La première est une œuvre de jeunesse, un plaidoyer en faveur des hommes ei des choses d'un temps que M. Thiers avait le tort de troï admirer. Ou je me trompe, ou depuis l'époque qui lui fi prendre la plume, de nouvelles révolutions lui ont donn^

sur ce lemps, à lui comme à d'autres, de nouvelles el plus sàres lumières. Cet ouvrage n'est certes pas le seul qui puisse faire à un jeune homme, sur cette époque, des im- )ressions dangereuses, et ici, grâce au talent de l'écrivain, es impressions seraient peut-être dans la suite difficiles ii lodifier. On a dit de cette histoire que la vérité des couîurs n'y répond pas toujours à l'effet du tableau. Je laisse es critiques de détail; et je me borne à dire que, quant à loi, l'étude que j'ai faite de près des hommes de la Révoition, de leurs paroles et de leurs actes, de leurs écrits et e leur vie, me donne sur le fond des choses et sur les horsurs de cette époque, des lumières que nul panégyrique "•éteindra jamais dans ma conscience invinciblement éclai- 6e; el cela, du reste, sans diminuer en rien mes convieions sur les déplorables abus de l'ancien régime, ni sur ouïes les réformes nécessaires, qui étaient alors également éclamées par la politique, par la justice, par la religion, et [ne Louis XVI voulait plus sincèrement que personne.

VHistoire du Consulat et de VEmpire a été composée k âne époque où M. Thiers avait passé par Texpérience des iffaires publiques; ses jugements y ont une bien autre ma- •iinté. Sur les choses religieuses en particulier, il a Tintenion d'être juste et vrai; à son insu, il est loin de l'avoir toujours été ; la lumière lui manque sur bien des points, et (6 me tiens pour assuré qu'il pourrait modifier davantage encore aujourd'hui ses opinions, en particulier sur la négociation du Concordat, sur les articles organiques, sur les luttes de Pie VU avec Napoléon. La lecture des mémoires, "Récemment publiés, du cardinal Cons^lvi, l'y aiderait assurément beaucoup. L'immense popularité de VHistoire du Consulat et de VEmpire est du reste assez notoire. On y trouve les éminentes qualités d'historien qui distinguent M. Thiers et le placent à un si haut rang : la clarté, la rapidité, la vivacité, l'entente des faits, l'habileté d'exposition, 13,

le talent de tout concevoir et de tout exprimer de manièr^^ à faire tout comprendre, et ce grand charme, enfin, qui faL "^ qu'on est entraîné par une telle lecture, et qu'on ne peim^ t quitter un volume après l'avoir commencé. Je recommandL « particulièrement à mes lecteurs le résumé qui termine 1. e dernier volume. C'est là que M. Thiers, plus définitiveme^sat éclairé par l'ensemble des faits, et moins fasciné sur son héros, porte sur lui un jugement qui est plus complëtem&:mt la pensée de l'historien, et qui se rapproche mieux de «e qui sera le jugement de la postérité et l'arrêt de l'histoix^e.

M. Mignet a donné une courte histoire de la Révoluti on française, écrite au même temps et sous la même inspi"r-ation que celle de M. Thiers; c'est aussi une œuvre de jeunesse, composée avec toute la rigueur de l'esprit de s"3?stème et empreinte d'une sorte de fatalisme historique, ci^ui ne serait plus aujourd'hui dans les idées de l'auteur. Je ^^ conseillerais pas non plus à un jeune homme inexpê^ tImente d'aller chercher dans cet ouvrage la formule d^ ^ Révolution française. M. Mignet, depuis lors, a fait d'aut :k"GS travaux historiques d'un ordre supérieur, parmi lesqii- ^^s je citerai les Négociations relatives à la succession d"^^^' pagne. J'ai particulièrement remarqué, dans ses Notices ^^ Mémoires historiques^ les pages sur saint Boniface et V^^^" lion des Bénédictins en Allemagne. Je regrette d'avoi "** ^ prévenir les jeunes lecteurs contre Vllistoire de Ma- "^^ Siuart, du même écrivain; il y a dans ce livre un mérite ^ ^' contestable, mais qui, à son insu, n'est pas toujours, je^ ^® crois, celui de la vérité*.

Je ne puis omettre ici, et je conseille expressément '* lecture des deux grandes histoires de M. de Barante, rif '^'

* Une savante et excellente justification de Marie Stuart a été réce^^' ment publiée par M. Wiesener, jeune professeur de l'Université ; et jusqi-^ présent les adversaires de Marie Stuart n'ont pas essayé de lui répliqua ^' C'est iutitulé : Marie Stuard et le comte de Dothweîl, 1863.

toire de la Convention (six volumes), et V Histoire du Directoire {trois volumes), ouvrages remarquables par Télude des faits, la sûreté des récits, la sérénité et Télévalion du style, a modération et la douceur extrême des jugements.

L'Histoire de la Révolution^ par M. Lacretelle, a précédé outes celles que je viens de nommer, et bien que ceux qui ont venus après lui Taient un peu fait oublier, elle n'est pas ssurément sans mérite.

C'est ici que je dois nommer Y Histoire de la Restauration »ar M. Nettement, qui n'est pas encore achevée, mais dont plusieurs volumes importants ont déjà paru. On trouve dans e livre une grande véracité, un grand esprit de concilia- Ion, et le talent connu de l'auteur.

Parmi les ouvrages épisodiques et les mémoires qui se "^attachent k la Révolution et à l'histoire contemporaine, je me bornerai à signaler :

VHistoire de Napoléon et de la grande armée pendant ^*flnn^ 4 SI 2t par M. de Ségur, ouvrage qui obtint, quand il E>arut, un si grand succès;

Les Souvenirs contemporains^ de M. Villemain, volume i'un intérêt si profond, si vif, si attachant.

Je nommerai aussi les si intéressants Mémoires de âf"* la marquise de la Rochejaquelein^ rédigés par M. de Barante;

Et encore l'admirable Histoire de Louis AT//, par M. de Beauchesne, un des livres qui m'ont le plus ému, et surtout le plus éclairé sur la Révolution française;

Et aussi la Correspondance de Mirabeau avec le comte de ^dMark : je recommande très-particulièrement la lecture attentive de l'Introduction à cette correspondance, par le si Regrettable M. de Bacourt;

Enfin les Dernières années de Louis XV î^ par M. Hue ;

Et les Mémoires de Cléry.

Je suis très-convaincu que ce n'est pas dans les ouvrages

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composés avec effort d*esprit et poar faire triompher d^^s systèmes prèconços, qall faut étudier la révolution frac::^çaîse, mais dans les livres qui mettent les actes, les parole s, les hommes et les choses sous les yeux. On voit alors, et on juge. A ce titre, je puis signaler comme jetant sur ^^^ événements une grande lumière, parles documents auth^sntiques :

Marie^Antoinette à la Conciergerie, et ï Histoire du C: t»bunal révolutionnaire de PariSy par M. Emile Gampard ^n. archiviste de Tempire ;

La Justice révolutionnaire^ par M. Berryat Saint-Priic ;

L'Histoire des Journaux en France, par M. de Monseig:Baat.

Enfin, je ne puis oublier ici la Correspondance de Marw^ Antoinette, récemment publiée, qui a été une rèvèlatic^ xi tà inattendue et si éclatante d*une des plus aimables et des plus héroïques natures qui furent jamais, et qui esK en jnéme temps sur cette époque le monument le plus i7"Tai> le plus authentique et le plus vivant.

Enfin, sans adopter toutes les vues particulières de HC - de Maistre et du célèbre Burke sur la Révolution français^iîl est évident qu'on trouvera un intérêt très-grand à lir^ 1^ Considérations sur la France dn premier, et les Réflexe ^^ sur la Révolution française du second. Burke surtout mos^^ une âme, une éloquence, un génie merveilleux. 11 froud *^i® comme la justice divine. — Evidemment il est très-ï^^'* d'entendre sur ces faits ceux qui les ont vus de haut e*^® loin, et qui n'étaient pas, en écrivant, sous le coup e "^ ^* tyrannie des événements.

J'ai recommandé d'abord l'étude de cette grande épo^^^ de la Révolution française, parce qu'elle dure encore ^ ^' que les questions formidables qu'elle a soulevées sont I ^^^ d'être toutes résolues. Mais on ne peut pas s'en tenir là ^ '' n'y a pas moyen d'oublier qu'avant la Révolution il y ^"^ une France, et une France glorieuse ; et certes, pour hf^^

des raisons, 89 n'est pas chez nous Tunique date à laquelle il faille s'arrêter.

Toutefois, je ne remonterai pas Thistoire de France de siècle en siècle pour indiquer l'intérêt particulier que présente chaque époque; mais comment passer sous silence et xie pas recommander à l'étude spéciale des hommes tant soit peu curieux de connaître la plus glorieuse et la plus dTéconde époque de notre pays, ce grand xvii* siècle, ce i*ègne de Louis XIV, sur lequel d'ailleurs tant de travaux r^emarquables ont été faits : histoires générales ou récits I^articuliers; biographies, mémoires *, études de tout genre, .sur Tadministration, les finances, les guerres, sur toutes lesgrandes questions et les grands hommes de ce temps-là : ^oilà assurément qui mérite d'être étudié, voilà qui vaut mieux que les études malsaines, et les entretiens quelquefois ïlus malsains encore du club et du cercle, et que toutes ces "frivolités et ces misérables occupations qui dérobent trop souvent les meilleurs heures et les meilleurs jours ! Je le demande de nouveau, comment a-t-on du temps à donner aux vains littérateurs et feuilletonistes de l'époque, et pas un jour, pas une heure pour l'étude des grands siècles de ïhistoire de son pays ? Plus j'avance dans l'examen détaillé <Iece qui pourrait occuper utilement les loisirs d'un homme du monde, plus devient inexplicable pour moi l'abandon si fréquent de toute étude sérieuse. N'est-il pas évident que l'histoire de France, à elle seule, suffirait pour occuper et charmer toute une vie? Nous n'en sommes qu'au xvii« siècle, Gtdéjà combien d'ouvrages du plus haut intérêt, que bien peu de jeunes gens et d'hommes du monde ont lus, et qu'il 'eur serait si facile de lire I

* Malgré mes répugnances, et toutes les réserves que je suis obligé de 'ftire, je dois nommer ici, au premier rang, le cardinal de Retz et Saint- ^imon, celui-ci rival de Bossuet par la splendide originalité de sa laqf^ue, et quelquefois par la hauteur de sa pensée.

Si nous remontons plus haut dans notre histoire, nous trouvons Henri IV et la Ligue, les guerres de religion, le protestantisme, la découverte de TAmérique et Tliistoire • des colonies européennes dans le Nouveau-Monde, et enfin le Moyen Age.

Le Moyen Age, époque longtemps négligée, obscure, mal jugée, est enfin aujourd'hui plus équilablement appréciée. Là, surtout, dans Tombre mal éclaircie, dans l'apparent chaos de ces temps, Tincrédulité était allée chercher ses armes, et une histoire également ingrate et ntensongère faisait un crime à TÉglise de ses propres bienfaits. [:l\ est un point important surtout qu'on a trop oublié ici: c'est que TÉglise, ou la Papauté, au moyen âge, n'a jamais été, en fait, une souveraine paisible et incontestée ; qu'elle a toujours rencontré, ici où là, pour ne pas dire partout, des résistances violentes; qu'elle était la tête de la société, l mais une tête à laquelle le corps était loin de toujours ] obéir ; et que par conséquent elle ne saurait être respon- j sable de tous les abus, crimes, excès, que certains historiens ■ lui ont imputés injustement, et dont beaucoup remontent \ même jusqu'au paganisme romain et germanique. j

Le jour s'est levé d'ailleurs sur ces grandes questions; ■■ et bien qu'aujourd'hui encore des esprits extrêmes en restent sur le moyen âge au dénigrement absolu ou à l'enthousiasme absolu, un esprit impartial et sincère peut contempler, à côté des misères inévitables, la grandeur réelle de ces temps et la portée véritable des faits.

Quels temps et quels faits immenses ! A s'en tenir aux grandes lignes de cette histoire, les invasions et les établissements successifs des Barbares, rislamisme, le règne de Charlemagne, le Schisme grec, la Féodalité, les Croisades, les grands Papes, les grands Ordres religieux, la lutte du Sacerdoce et de l'Empire, les guerres entre la France et TAngletcrre : voilà les grands faits historiques qui domi-

nent tout le moyen âge. Qui ne voit, d'après ce simple énoncé, quel haut intérêt présentent de telles études? Aussi, avec quel ardeur les hommes de labeur ont-ils exploré cette époque I La science catholique et môme la science protestante s'y sont exercées à l'envi ; et qui veut étudier ces temps n'est pas en peine de trouver d'excellents ouvrages, quelques-uns même écrits par nos frères séparés, que la bonne foi et la vraie science ont transformés en apologistes inattendus de TEglise, de la Papauté, et des grandes Institutions catholiques. Comment se fait-il, encore une fois, quand on a des loisirs, qu'on ne soit pas tenté d'étudier par soi-même et de se faire une opinion personnelle, éclairée, sur de tels siècles et de tels faits?

Que ceux auxquels je m'adresse comprennent bien ma pensée. Je ne demande pas à tous les hommes qui ont du loisir de se faire érudits; mais je ne vois certes pas pourquoi ils dédaigneraient de profiter du travail des érudits ; et je leur montre comment ils pourraient, avec peu de peine, ou plutôt avec un grand charme, par de simples lectures bien ordonnées, employer noblement leurs loisirs, acquérir d'utiles connaissances, et tenir constamment leur esprit clans une région élevée. Que d'autres s'enfoncent dans le passé et fouillent péniblement le sol de Thistoire; en un Diol, que les savants fassent la science; mais au moins que les hommes du monde se donnent la peine de lire, et de profiter de la science toute faite !

Vraiment ici ma surprise est extrême, et mes regrets, je ïïeveux pas dire mes reproches, s'adressent non pas se,ule- Dientaux jeunes gens et aux hommes légers, mais à des hommes sérieux et à des chrétiens sincères, qui restent Irop indiftérents aux questions les plus intéressantes pour leur foi, et ne prennent pas même la peine de lire les ouvrages des catholiques militants, qui sont pour eux sur la brèche, et défendent la cause commune. Comment ! voilà

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des écrivains, des laïques, tels que MM. Ozanana, Charles Lenormant, Franz de Champagny, Albert de Broglie, de Montalembert, qui consacrent de longues années à étudier quelque point important de Thistoire ; Ozanam use sa vie à faire Tbistoire de rétablissement du cbristianisme chez les Germains ; M. de Montalembert poursuit depuis vingt ans l'histoire de Tordre monastique en Occident : M. de Broglie publie sur TÉglise et Tempire romain au W siècle six beaux et savants volumes. N'y a-t-il pas une vraie tristesse à penser que pour beaucoup de catholiques, à qniil en coûterait peu de lire ces ouvrages, ces ouvrages sont comme non avenus ?

Serait-il donc si difficile de faire un travail comme celui que je vais dire, et de lire, dans un temps plus ou moins long, selon les loisirs qu'on a, mais avec suite, la série d'ouvrages que je vais indiquer, qui s'échelonnent pour ainsi dire, et se complètent les uns les autres?

Commencer, par exemple, avec Les Césars de M. de ChaiB' pagny, y compris Rome et la Judée ; poursuivre avec s^ Antonins^ trois ouvrages de premier ordre, que doit sui^t^ un dernier tableau, où se développeront parallèlement p^^ dant le m® siècle la décadence du monde païen et les p*' grès du christianisme. De là, il n'y a qu'un pas aux six "^ lûmes de M. de Broglie sur VEglise et Vempire romain iv« siècle; M. de Broglie donne la main à Ozanam, qui suite avec ses volumes sur la Civilisation au v*' siècle : c' répoque de l'invasion des Barbares. On peut poursui alors encore avec Ozanam et son Histoire de Vétablissem^ du christianisme chez les Germains; puis on rencontre^ belles leçons historiques de M. Ch. Lenormant, qui intr*^ duisent plus avant dans le moyen âge, et les quatre magc^ fiques volumes de M. de Montalembert sur les Moines â^(0 rident, — Un chef-d'œuvre d'érudition et d'équité hist^ rique, qui ferait entrer encore plus à fond dang l'intelligent

S temps, c'est le Pouvoir temporel du Pape au moyen »ar le modeste et savant abbé Gosselin. lourrais multiplier ces indications, ajouter ici, aux ous cités déjà, Thistoire de quelques grands papes, telle Histoire d'Innocent III, par M. S. Hurter, ou de Gré- VII ^ par Voigt; V Histoire de Photius et du schisme par M. Jager, très-intéressante par le fond des choses; nredes Croisades, par M. Micliaud, ouvrage qui n'est ns reproche assurément, mais qui, malgré ses défauts, us, selon moi, la réputation qu'il mérite; enfin, VHisles Variations, par Bossuet, où l'origine et les phases es du protestantisme sont retracées de main de maître, , malgré les discussions théologiques qu'on y ren- > parfois, offre un intérêt et un charme singulier, il pas manifeste que ces lectures seraient pour tout quelque peu sérieux du plus haut intérêt, et qu'elles mandent pas un travail impossible ; qu'il s'agit ici 3ment de leur donner une part de son temps, et de ursuivre avec constance ? Voilà comment je comprenqu'un homme d'intelligence et de loisir s'occupât Dire.

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