‹ De la haute éducation intellectuelle (volume 3)Chapitre 69 sur 103 · LETTRE XXV. — ÉTUDE DE L'APOLOGÉTIQUE · texte numérisé non relu

LETTRE XXV. — ÉTUDE DE L'APOLOGÉTIQUE

d'elle, dans des conférences littéraires ou scientifiques auxquelles elle est tenue d'assister^ ou dans des revues, ou des livres rapidement populaires parmi les étudiants, ne serait-il pas bon qu'elle s'armât, elle aussi, pour la défense, et qu'elle 8e préparât, dés ces premières années, à combattre ces mille sopbismes qu'on emprunte aujourd'hui à l'histoire, aux sciences, à l'économie politique, etc., contre la religion? Sous prétexte d'une sage réserve ou d'une fuite prudente, faut-il condamner les jeunes gens catholiques à laisser humilier ou calomnier publiquement devant eux leur foi, sans qu'ils osent répliquer?

C'est du besoin que je signale ici, vivement senti autrefois par quelques jeunes catholiques, membres à Paris d'une conférence d'histoire, où la religion était sans cesse attaquée, que sont nées deux grandes œuvres de ce temps-ci : les Conférences de Saint-Vincent de Paul et les Conférences de Notre-Dame auxquelles je faisais allusion tout à l'heure. Ces jeunes gens prenaient, isolément d'abord, mais hardiment, la parole dans ces réunions, à rencontre des saintsimoniens et des fourriéristes qui étaient là : bientôt, ils se reconnurent et se groupèrent; et pour se grouper, ils sentirent la nécessité d'un lien extérieur commun et public : ils choisirent les bonnes œuvres; ainsi naquirent les Conférences de Saint-Vincent de Paul, dont l'impiété a bien compris l'importance, si on en juge par la haine qui les a lâchement poursuivies après qu'elles ont été frappées. Ces jeunes gens sentirent aussi la nécessité d'un enseignement apologétique en rapport avec les controverses contemporaines, et de là la création des Conférences de Notre-Dame, qui réunissent, au moment où j'écris ces lignes, cinq mille hommes au pied de la chaire d'un Carme et d'un Jésuite. Il y a quelques années, j'avais essayé aussi dans ma cathédrale des conférences apologétiques, et cela avec une bénëdiction de Dieu qui m'a fait vivement regretter d'avoir

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été impérieusement obligé de les interrompre. J'ai pu du moins, Tannée dernière, grâce au zèle d'un bomme apostolique, les fonder d'une manière permanente et régulière, et mon vœu serait que dans toutes les villes épiscopales de France de pareilles conférences fussent instituées. Mais ceci, mon cber ami, est l'affaire des évoques, et pas la vôtre.

Arrivons à la pratique. Quels ouvrages indiquer aux bommes qui, convaincus des raisons que je viens d'exposer, voudraient faire cette étude des preuves de leur religion? — Pour ne pas perdre de vue la généralité de ceux auxquels je m'adresse, et me tenir toujours dans la mesure nonseulement du possible, mais du facile, je me bornerai encore ici à quelques courtes indications.

D'abord, c'est dans les apologistes contemporains qu'il faut étudier l'apologétique, parce qu'ils répondent plus directement aux objections contemporaines.

Ainsi, il faut nécessairement qu'un homme du monde ail lu et relise :

Les Conférences de M. Frayssinous, admirables de noblesse, de logique et de clarté;

Le bel ouvrage de M. Nicolas : Études philosophiques sur le christianisme^ arrivé à sa seizième édition, et qui a ramené tant d'âmes au christianisme. Je ne connais pas pour un homme de plus grand honneur et de plus grand bonheur que d'avoir fait un pareil livre. Et cet homme est un laïque.

Les Conférences du P. Lacordaire et du P. de Ravignan;

Le Génie du christianisme^ surtout la quatrième partie du culte chrétien et les bienfaits du christianisme.

J'ajoute Vlntroduction philosophique à l'étude du Chris-

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