‹ De la haute éducation intellectuelle (volume 3)Chapitre 71 sur 103 · YIN&T-SIXIÈME -LETTRE · texte numérisé non relu

YIN&T-SIXIÈME -LETTRE

L'histoire de l'Église.

Mon CHER AMI,

Je vous ai écrit quatre lettres sur Tétude de Thistoire, et toutefois, ce sujet, si important, est de plus tellement vaste, que j*ai dû passer entièrement sous silence tout une grande partie des études historiques, et la plus intéressante peutêtre à plus d'un point de vue : je veux dire l'histoire de l'Eglise. Je viens vous en entretenir aujourd'hui, si vous le voulez bien.

Le sentiment chrétien seul devrait suffire pour incliner à cette étude. Il en est de l'histoire de l'Eglise pour des chrétiens comme de l'histoire de France pour des Français : l'ignorance et Tindifférence sont là moins que partout ailleurs admissibles.

Celte étude fait du reste nécessairement partie de l'étude de la religion.

La connaissance de la religion, en effet, serait plus qu'incomplète sans l'étude de son histoire, car la religion est essentiellement historique dans ses origines comme dans ses développements.

La religion n'est pas seulement une doctrine ; c'est un fait divin, posé à l'origine dans le monde, et se perpétuant à travers les âges dans l'humanité. Contemporaine de l'homme, la religion a pris naissance au berceau du genre humain, et

se continuera jusqu'à la fin des temps. Il n'y a pas deux religions divines sur la terre ; il n'y en a qu'une seule, comme il n'y a qu'un seul Dieu, père commun de tous les hommes. Et comme l'institution divine de cette religion dans le monde est le fait capital de Thistoire des hommes, c'en doit être aussi le plus central et le plus éclatant. Et voilà pourquoi on en suit facilement à toutes les époques la trace lumineuse dans l'histoire.

C'est donc une erreur, que quelques littérateurs légers ont quelquefois adoptée, de regarder l'histoire de l'ancien peuple de Dieu comme important peu à l'histoire du Christianisme: ces deux histoires se tiennent si indissolublement, qu'elles n'en font qu'une ; l'une repose sur l'autre comme sur sa base, et les séparer, c'est tronquer essentiellement l'histoire de la religion.

Il y a donc d'abord à étudier, mon ami, l'histoire de la religion avant la venue de Jésus-Christ; c'est là que se voit la mission spéciale du peuple hébreu, la perpétuelle intervention de la Providence dans le gouvernement de ce peuple, et toute la suite de la préparation évangélique : Dieu créant l'homme pour une fin surnaturelle ; le relevant miséricordieusement après sa chute, par la promesse du Sauveur ; renouvelant cette promesse aux patriarches; se formant des fils d'Abraham une nation à part qui gardera le dépôt de cette sainte espérance ; conservant chez ce peuple choisi son culte et sa loi ; dessinant, dans tous ses plus illustres personnages et dans les principaux événements de son histoire, la figure de Jésus-Christ et de son Eglise ; mullipliant, de siècle en siècle, avec une clarté toujours croissante, les prophéties qui annonçaient le Sauveur promis; et enfin accomplissant tout au temps marqué par la venue de Jésus-Christ sur la terre.

Lîi, dans l'histoire hébraïque, sont donc tous nos ancôires dans la foi, les patriarches et les prophètes : grands hommes,

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