LETTRE VI. — LE MAUVAIS GOUT LITTÉRAIRE
se sont pas formés ainsi brusquement, par une sorte d*in ' vasion, d'intrusion violente de mots nouveaux, mais par rinfluence insensible et lenle du mouvement général des esprits et de la civilisation tout entière. Faite à la hûte et sans cbolx, sans précaution et sans autorité, Tintroduclion de termes nouveaux dans une langue en ferait bientôt un amas grossier et informe, et ramènerait à la barbarie.
Si vraiment votre langue est moins riche que votre génie, dirais-je à ces écrivains novateurs; si vous vous trouvez, comme dit Bossuet, dans l'impuissance d'égaler vos propres idées, eh bien! cherchez longtemps avant de créer un mot nouveau; car la somme des idées acquises et des mots trouvés est grande, et pas n'est besoin d'introduire dans la langue un terme qui ne lui apporterait point une richesse de plus : mais enfin, si vous êtes forcés d'inventer le mol, il devra toujours être clair, voire même d'une clarté frappante, qui illumine les esprits autour de vous. Le vrai génie cherche toujours la lumière : c'est un aigle qui s'élance; quand on le suit, on ne tarde pas à voir le soleil de plus près.
Dira-l-on, mon cher ami, que ce sont là des questions de forme, de petites questions? Ce serait là, permettez-moi à mon tour de le dire, une grand légèreté et une grande erreur. Les rhéteurs et les grammairiens ont quelquefois attaché trop d'importance à des vétilles. Mais je parle ici de la langue, de la forme de la pensée, du style. Or, rien de moins arbitraire que les lois constitutives [du langage; au fond, ce sont les lois constitutives mêmes de l'esprit humain. Gardez-vous donc de croire que la pensée soit tout, et le mot peu de chose. Je dis, moi, que c'est par le style, plus peut-être que par la pensée, que les œuvres vivent, et qu'un ouvrage mal écrit est un ouvrage sûr de mourir. Ou plutôt, entendons-nous : croyez-vous que le style soit uniquement dans les mots, et qu'en réalité le style et la pen-
80 LETTRES A L'.N IlOUMB Dl MONUE.
sée puissent ainsi se séparer? Non, la pensée emporte tou« Jours avec elle son expression; et quand on parle de style, si on entend bien ce qu'on dit, on entend la correspondance exacte de la pensée et du sentiment avec l'expression, et par conséquent la pensée et le sentiment sont inséparables de la vraie définition du style : ils en font partie essentielle.
C'est ce qu*a senti lui-même un des principaux chefs de récole novatrice, et Taveu qui lui est échappé ici est précieux sur ses lèvres. « L*art, a dit M. Victor Hugo, outre « sa partie idéale, a une partie terrestre et positive; quoi « qu*ii fasse, il est encadré entre la grammaire et la proso* « die, entre Vaugelas et Richelet. 11 a pour ses créations « les plus capricieuses des formes, des moyens d'exécution, « tout un matériel à remuer. Pour le génie, ce sont des ins- « truments; pour la médiocrité, des outils. »
Non, les questions de style ne sont pas des questions légères; non, il ne suffit pas d'avoir de l'esprit, du génie, de l'âme : tout cela n'existe, aux yeux et aux oreilles de ceux devant lesquels on étale ces trésors de rinlelligence^ que par la justesse, la propriété, l'harmonie de l'expression. Il n'y a pas un sentiment touchant, une pensée sublime, une passion énergique qui, pour produire son effet, ne soit obligé de revêtir Texpression propre et convenable. C'est cette expression qui est le cachet du génie, c'est par ello seule qu'il se manifeste. Le bon sens et la vérité n'ont pas d*autres armes. On fait peu de cas de celui qui parle mal, et on a raison : les termes exacts ne manquent pas aux pensées naturelles; les expressions justes viennent avec les sentiments vrais. Et il n'y a pas d'autre manière d'apprécier et de sentir la valeur des choses que la justesse des termes. On aura beau faire, la négligence et l'incorrection du style, le mépris avoué des lois du langage et des principes de la grammaire, comme aussi des grands principes
LETTRB VI. — LR MAUVAIS COUT IJTTÉRAIRB. 81
littéraires» seronl toujours les litres les )ilus contcstablcâ iQ talent et au génie.
Enfin, une troisième aberration de la littérature dont Dous nous occupons ici, et qui la vicie encore profonde*» ment, qui en fait sans remède la littérature du mauvais goût, c'est son mépris pour ce qui est le goût môme : le goût, ce quelque chose de contenu, de mesuré, de pur, d'harmonieux, qui n'est ni au-dessus ni au-dessous de la nature humaine, qui est en exacte proportion avec nos Tacultes : Voilà ce que cette école méprise; et ce qu'elle aime» c'est précisément le contraire du goût : Toutré, Texagéré, le violent; j allais dire, en me servant d'expressions qui sont de sa langue, Téchevelé et Thorripliant, le vertigineux et le monstrueux*
Une comparaison mettra ma pensée en lumière.
Voyez Virgile, voyez Racine, voyez Fénolon : trois génies de même ordre, de même famille. Leurs œuvres ravissent et raviront éternellement les hommes de goût. Mais pourquoi? D'où vient le charme qui vous saisit, quand vous entrez en commerce avec de pareils génies? Là, tout est beau, tout est grand, tout est noble; mais tout est dans les proportions, dans l'harmonie, dans les convenances ; rien de heurté, rien de choquant ou de criard dans le ton et dans la couleur, rien qui atteigne dos proportions déme* surées : c'est un art exquis, c'est le goût.
Mais, sous prétexte que ces pures et calmes émotions n'étaient pas faites pour une civilisation vieillie et blas6o telle que la nAtre, on a voulu en produire de plus violentes : et pour y arriver, on a prodigué et outré les métaphores et les images; on a forcé les pensées, les sentiments, les situations, les passions: on a multiplié, compliqué les incidents et les intrigues; chargé indéQniment la trame des récits; recouru aux inventions, aux imaginations les plus inattendues et les plus extraordinaires, en même temps
82 LRTTRES A UN HOMME l»L' M0?CD1Î.
qu^on infligeait & la langue les outrages que j'ai dits, et qu'on se créait un style analogue à ce genre violent et fiévreux.
Eh bien 1 tout cela, je ne crains pas de le répéter, c'est la corruption de la littérature, c'est un mauvais goût désastreux, qui ne peut aboutir qu'à des œuvres fausses, et qui ne produira jamais la beauté; du moins la beauté vraie, la beauté sans mélange, la beauté pure et sereine : c'est une offense perpétuelle à la délicatesse, à la justesse, à la vérité, au sens commun. Le talent même, avec un tel système littéraire, n'arrivera jamais à rien d'achevé : il pourra jeter des éclairs, mais suivis de ténèbres; rencontrer des élans, mais qui finiront par des chutes. En perdant toute mesure, celle littérature perd la vérité, la sûreté, la clarté; elle tombe dans le vague, en même temps que dans l'excessif et le monstrueux. Son impuissance se trahit par ses efforts mêmes; cette multiplicité de moyens, cette complication de ressorts n'est que de l'artifice substitué au talent, et n'aboutit qu'è^ faire de l'écrivain un machiniste, au lieu d'un artiste.
Quand aux lecteurs de pareilles œuvres, il est impossible que leur goût y résiste longtemps et ne finisse bientôt par se dépraver. De telles secousses Témoussent, le blasent, et le rendent insensible aux délicates et vraies beautés. Une grande et noble dame, trop accoutumée à ce genre, d'écrits, et dans le salon de laquelle se réunissait habituellement tout ce que cette littérature comptait d'écrivains le plus en renom, disait un jour : « Comment peut-on lire le Télémaque? C'est d'une froideur glaciale. » — «Madame, lui répondis-je, il y a en Angleterre, et en France môme, parmi les femmes du peuple, des gens tellement habitués aux liqueurs fortes, au porter, au whisky, à Taie, que quand on leur offre un verre du vin de Bordeaux le plus exquis, ils le trouvent lade et sans saveur : c'est pour eux de l'eau claire. 11 en est de même de ceux qui se sont ha-
IBTTHB VI. — I.E MAUVAIS Cûl!T LITTH^UAinK, 81
bitués à ne lire que certains ouvrages : leur goûl est telle* menl ëmoussè, que les plus belles et les plus nobles exprès^* sionsdu génie ëclairô et guidôpar la raison la plus haute, lear paraissent froides, sans couleur et sans vie. Ayct lo courage de ne lire pendant un mois (\u'AthaUe et \eDi9* (our$ sur i'ilisioire universelle, et vous verrez si vous ne tinirei pas par y prendre goût« » Cette dame eut le bon esprit do suivre ce conseil, et s'en trouva bien.
De cette tlièorie littéraire si manifestement outrée et Intempérante, devait naître, et est née en orfet, une langue intolérable, incorrecte, bizarre, forcée, et par suite obscure, et quelquefois absolument InintolliKlble, une langue, Je le dirai, voisine de la barbarie. Et il est certes impossible que la clarté ne manque pas dans une littérature où Timagina* lion et la fantaisie n'ont plus de frein et ne reconnaissent plus de lois; où les mots nouveaux abondent; où ces mots apparaissent la plupart du temps sans autre motif que leur singularité, uniquement parce qu'on veut éviter do parler comme tout le monde; où rimogt) écrase la pensée; où lo le sentiment s'égare en rêveries; où les passions bouillonnent : toutes choses pou propres à produire la propriété dos termes, et Texactitude de langage, qui font comprendre 9UX autres ce que Ton veut dire.
C'est le genre, dirais-jo, de ceux qui pensent sans savoir précisément ce qu'ils pensent, qui veulent sans savoir précisément ce qu'ils veulent, et par conséquent qui parlent sans savoir précisément ce qu'ils disent.
Cette littérature d'imagination a tellement nimé l'image, qu'elle a cru que l'image pouvait suppléer à la pensée. Mais une image qui n'est pas le vêtement d'une idée, qu'est-ce pour l'esprit ? L'image peut embellir une pensée, elle ne peut pas en tenir lieu. Quand il n'y a qu'image ou sensation, mais rien dessous, et que ridée manque, c'est le vague, c'est le vide : si à côlô de l'imaginalion qui parle à l'imagi-
84 LETTRES A UN IlOMUE DU HOM)E.
nation, du sentiment qui parle au sentiment, il n'y a pas Fesprit qui parle à Tesprit, il y a nécessairement impossibilité de comprendre.
Un tel genre, évidemment, est un genre faux; de telles œuvres ne peuvent plaire qu'aux esprits déjà dévoyés, et leur succès serait la ruine même du bon goût. Elles peuvent séduire et attirer; mais elles n'éclairent pas, elles égarent, comme ces lueurs douteuses qui vous font sortir infailliblement du vrai chemin, si vous courez à leur trompeuse clarté. Avec de tels guides, Ton vit perpétuellement comme dans des régions fantastiques. Ton côtoie sans cesse Tabîme^ Ton marche haletant et comme pris de vertige.
Il fautdonc en revenir aux éternels principes, aux immuables lois de la raison, du bon sens et du bon goût. En dehors de \k, il n'y a, il ne peut y avoir rien de beau et rien de durable.
M. de Bonald, en parlant d'autres principes, d'autres lois, des principes et des lois de l'ordre moral, a dit une belle parole, qui s'applique parfaitement à la littérature : « Que « les écrivains y prennent garde : tous les ouvrages où les
< principes de l'ordre seront niés ou combattus disparai- « tront de la mémoire des hommes, quelque bruit qu'ils « aient pu faire parmi les contemporains, et il n'y aura que « ceux où ils seront défendus ou respectés qui passeront * avec gloire à la postérité, et quelquefois mériteront l'hon-
< neur, le plus grand de tous, d'être comptés parmi les « livres classiques qui servent à former l'homme pour la « société. » Cela est vrai, d'une vérité absolue. Et c'est pourquoi la fausse littérature, qui renverse Tordre et l'harmonie des facultés humaines, qui, en faisant prédominer l'imagination et la sensibilité, facultés secondaires, sur la raison, première et fondamentale faculté, se place nécessairement dans le faux, cette littérature peut avoir des succès de séduction et de surprise; mais ce seront des succès
LETTHE VII. — I.A I.ItTKU.VTURR CORnUPTinOR. 85
^pht^mèros, quo lo temps no sanctionnera point. Mlle plaira surtout à la jeunesse, à oot Ago de la vie, où la raison, le bon sens, le bon goiU, rintelligence, sont encore Talbles, où rimaginalion domine, où la sensibilité est ardente, où les entratnements do Tcsprit et du cœur sont faciles; main cela ne durera pas. Ses œuvres passeront vite. Que dls-jc? elles ont déjà pass^. Car la génération qui les a vues naître n*e$t pas encore écoulée, et déjà de tous ces bruyants écrits, de ces drames échovelés, de ces poomcs, de ces romans èlincolanls, que reslo-t-il? Ulen.
H faut le dire cependant, mon ami, et avec tristesse, il reste, pour la génération du moins qui les a subis et applaudis, les ruines faites dans les intelligencos, les atteintes portées au bon goût; il reste surtout les ruioes plus désastreuses encore faites aux mœurs, l'atteinte portée aux consciences. G*est co dont ma prochaine lettre vous dira quoN (|ues mots.
SEPTIÈME LETTllE
La littératuro corruptrice.
Mon cnnn ami,
La corruption du goût nVst pas lo seul danger de la litléi*ature dont Je vous ai parlé dans ma précédente lettre : la corruption du cœur, voilit son danger lo plus grand et Taccusation capitale que Je porte contre ell*^.
De Tune do ces corruptions à Tautre, la pente du reste est plus facile qu'il ne semblerait d'abord : car il y a une corrélation naturelle entre les idées et les sentiments; et le sens littéraire perverti, le sons moral lui-même court grand
86 LETTRES A UN HOMME DU MdNDE.
risque de Tôtre. Quand on méprise ù dessein les règles du beau et du vrai, il est à craindre qu'on n*en vienne à iné* priser aussi la règle du bien. CYst pourquoi Bossuet disait autrefois à son royal élève, à propos de la violation des règles du langage : « Nous regardons plus haut, giiand « nous en sommes si atlrhtés. Quand vous viendrez à ma* « nier, non plus les mots, mais les choses, vous en trouble-* tt rez tout Tordre. Vous parlez tnainlonant contre les lois < de la grammaire; un jour vous mépriserez les préceptes « de la raison et de la morale. »
£t nous aussi, nous regardons plus haut que le simple mauvais goût littéraire, nous regardons k une corruption plus désastreuse contre laquelle je voudrais aujourd'hui vous prémunir.
Ici la chute n'était pas seulement facile; elle était infaillible : par cette raison manifeste que la littérature qui rompt, comme nous Tavons vu, Téquilibredes facultés, et se vante de donner la prédominance à Timagination et à la sensibilité sur la raison, ne pouvait pas ne pas devenir la littérature des passions et par conséquent une littérature corruptrice, deux points qu'il ne me sera, hélas ! que trop facile de démontrer.
Je dis donc que la littérature qui pose en principe la souveraineté de l'imagination et de la sensiblliié devait chercher ses ressorts et ses succès dans la région passionnée de IMme, et devenir ce que j'appelle la littérature des passions.
Les passions, en effet, sont du domaine de la sensibilité et de l'imagination, lesquelles se nourrissent trop souvent des impressions des sens; et non pas du domaine de la raison qui s'élève plus haut, et tend à tont spiritualiser et tout ennoblir. Une liuérature qui a pour premier caractère de lâcher les rênes à l'imagination et à la sensibilité, et de les affranchir des lois de la raison, livre donc ces deux facultés à tons les périls, k tous les égarements de leur nature; elle
LETTRE VI!. — LA LITTKRATl RE nOURUPTRICB. 87
caresse donc, elle surexcite, elle exalte, elle dëcliatne nécessairement les passions, et celles, nous devons rajouter, dont les prises sur le pauvre cœur humain sont le plus redoutables.
Eh bien ! indépendamment môme de toute autre considération, cela seul est déjà une corruption, et inOniment dangereuse : c'est la perversion du goût moral.
Une telle littérature pervertit le goût moral : pourquoi? Parce que c'est une littérature enivrante, et que Tcnivrement qu'elle donne dégoûte profondément du beau, du vrai et du bien. Elle habitue aux expressions ardentes de Tima* gination déréglée, de la sensibilité exaltée; elle rend insensible aux charmes d'une imagination noble et belle, mais réglée, d*une sensibilité douce et pure, d'une raison toujours dominante et forte : Timagination et la sensibilité retenues dans les bornes de la raison et de la convenance paraissent fades.
Oui, il y a, mon cher ami, qu'on ne s'y trompe pas, une corruption que j'appellerai éminente, qui se fait d'ellemême, pour ainsi dire, sans l'intervention directe du vice, par la seule dépravation ou perturbation des facultés. C'est celle espèce de corruption, la pire de toutes, que produit toujours la littérature dont je vous parle, môme quand elle ne serait pas absolument la peinture du vice.
Si vous teniez dans vos mains l'âme d'un enfant, et que vous pussiez, à votre gré, y abaisser, y troubler la raison, et en même temps y exalter démesurément l'imagination, la sensibilité et les passions, en faisant cela vous corrompriez cet enfant profondément, et pour toute sa vie. Il ne serait pas besoin que vous lui apprissiez positivement le mal. Le mal naîtrait tout seul ; l'ftme s'y trouverait toute disposée, et sans défense contre ses atteintes. Voilà ce que j'appelle la corruption iminente des âmes. C'est d'abord de cette manière que CMte littérature corrompt.
8S LETTRES A UN lIOMUe DV MONDE.
Elle corrompt ensuite directement et de trois manières : 4« par les passions qu'elle met en jeu; ^ par les procédés littéraires qu*elle emploie pour les peindre; 3« par les principes desquels elle vit. Reprenons.
Je dis que cette littérature est positivement corruptrice par les passions qu*ellc met enjeu. Quelles sont en effet ces passions? Ce sont les passions coupables, les passions gros* sières, de toutes les plus fougueuses et les plus emportées. On a été entraîné de ce côté, et on devait Tétre : la littêra* ture des passions devait devenir nécessairement la littérature des passions violentes, la littérature des sens.
En effet, s*il peut y avoir de grandes et belles passions, se seront les passions avouées et ennoblies par riutelli* gence, les passions inspirées par une raison supérieure, avides du vrai, du grand, de Thonnéte et du beau; si au contraire vous affranchissez la sensibilité et Timagination du joug de la raison sévère et de ses saines inspirations, ces facultés ne manqueront pas d*aller là où elles sont le plus vivement attirées, c'est-à-dire du côté des sens, parce que ce sont ces passions-là qui sont les plus impétueuses, comme aussi celles qui précipitent Tâme dans les plus tristes abaissements.
Et c'est ainsi que Ton a vu cette littérature déchoir tristement, et produire des drames, des romans, des poèmes d'une houleuse immoralité; et cela, non pas tant par le fait de tel ou tel écrivain que par la force même des choses, par un inévitable entraînement.
Qui pourrait en effet le nier? sur quoi roulent perpétuellement tous ces romans ou ces pièces de théâtre dont je parle ici? Toujours sur le même sujet et dans le môme cercle; quelques variantes qu'on mette à ce thème toujours le même, quelques combinaisons nouvelles d'incidents et d'intrigues qu'on invente, toujours c'est au sens dépravé qu'on s'adresse, aux penchants dangereux du cœur, à Tima-