‹ De la haute éducation intellectuelleChapitre 3 sur 80 · LIV. 1". — L'HtSTOIRF · texte numérisé non relu

LIV. 1". — L'HtSTOIRF

page Tesprit est en défaut : il se sent flotter dans le doute et dans le vague , au lieu d'être sur un terrain ferme et assuré.

C'est ce qui faisait dire au judicieux abbé Fieury :

« Pour bien faire, il faut avoir posé les fondements de cette « étude dès l'enfar.ce. Car, quoique la nouveauté soit un « grand charme dans l'Histoire, rien n'est plus incommode « que d'y trouver tout nouveau, et n'y rien voir de notre « connaissance : pas un lieu, pas un homme. »

Que l'enfant, au contraire, par l'étude des dates, des détails biographiques et de toute la partie élémentaire de PHistoire, ait été initié à la connaissance des événements et des personnages; tout ce qu'il lira dans la suite, tout ce qu'il entendra lire, portera profit. Pas un événement raconté par l'historien, pas un personnage mis en scène qui ne lui soit à l'avance plus ou moins familier; et l'on comprend comment dès lors les connaissances historiques se fortifient, se développent, s'éclairent, s'enchaînent les unes les autres, et donnent naissance à des pensées, à des rapprochements, à des découvertes précieuses : c'est alors que la lecture est véritablement fructueuse, et que l'Histoire bien comprise a tout son intérêt et tout son prix.

Résumons : Élever la jeunesse chrétienne au niveau des connaissances que possèdent ordinairement les hommes instruits; faire faire aux enfants qui nous sont confiés, une étude à laquelle ils n'auront presque jamais le temps et la facilité de se livrer plus lard ; les mettre en état de comprendre, et, s'il en est besoin, de traiter sûrement un jour toutes les questions historiques qui s'agitent dans le monde; leur donner le fond et comme les matériaux essentiels de ce qui constitue la vraie science de l'Histoire; les aider enfin à ne faire, dans la suite, que des lectures profitables, qui ajoutent à leurs connaissances, les développent, les coordonnent et les fixent : voilà quelques-uns des avantages

CH. 1er. — NÉCESSITE DES ÉTUDES HISTORIQUES. \ \

•qu'on peut recueillir des premières études historiques faites dans les écoles.

J'ai dit d'ailleurs, et la chose n'a pas besoin de preuve, combien l'Histoire est nécessaire à la véritable intelligence des auteurs, et à toute la conduite des études classiques. Je dois ajouter que c'est surtout dans les classes de seconde et de rhétorique que cette nécessité se fait sentir, et que l'Histoire devient là une source abondante d'aperçus et d'idées, et comme un trésor de riches matériaux dont il est impossible à la jeunesse de se passer. Lorsqu'il s'agit de composer une narration ou un discours, il est indispensable de connaître toutes les circonstances du sujet, les faits qui s'y rapp.ortent, le caractère et la situation des personnages, le pays et l'époque à qui ils appartiennent, sous peine de peindre Rome comme Athènes, de faire parler Charlemagne comme Louis XIV, et de rester dans le vague et le déclamatoire, ffteheuse maladie de l'esprit qui, une fois contractée, devient trop souvent incurable!

L'Histoire peut servir aussi de pierre de touche, de critérium, pour discerner la vraie force des différents esprits , surtout quand on exerce la jeunesse a faire des résumés, qui soient autre chose que des analyses sèches et décharnées.

H n'y a pas là seulement un heureux effort commandé à la mémoire : le jugement s'y forme, et l'esprit y prend l'habitude de cette vue d'ensemble, de cette faculté de généraliser qui trouve plus tard de si fréquentes et de si utiles applications.

Je dirai plus : l'enseignement élémentaire de l'Histoire, le simple récit des faits et leur enchaînement clair et mé thodique peut avoir en soi, non -seulement pour des élèves de seconde et de rhétorique, mais pour les autres plus jeunes, quelque chose qui exerce et fortifie leur intelligence et contribue puissamment à former leur cœur.

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