‹ De la haute éducation intellectuelleChapitre 4 sur 80 · LIV. 1er. — l'histoire · texte numérisé non relu

LIV. 1er. — l'histoire

La critique, entendue dans son sens le plus recherché, est sans doute au- dessus de l'intelligence de nos élèves; mais ce serait étrangement rabaisser cet âge, que d'imagiginer que toute critique excède sa portée. Pour qui a pratiqué un peu nos enfants de quatrième ou môme de cinquième, c'est une vérité d'expérience qu'il y a certaines réflexions, certains jugements qui sortent, comme par euxmêmes, du simple exposé des faits, etqui sont parfaitement accessibles à ces jeunes intelligences. On peut môme dire que ces réflexions et ces jugements, présentés avec justesse et avec mesure, peuvent seuls donner aux élèves le sens véritable de ce qu'ils étudient, et leur apprendre à se reconnaître au milieu de la diversité si grande des hommes, des temps et des lieux, des religions et des mœurs.

C'est au maître à rendre la leçon vivante dans sa brièveté et sa simplicité mêmes. Tantôt, il esquissera en quelques traits un grand caractère, et dans une vie héroïque, fera ressortir quelques actions, qui frapperont vivement et élèveront l'imagination de la jeunesse; tantôt, c'est une belle et grande pensée religieuse qu'il montrera en lutte avec les passions humaines, lesquelles, après avoir longtemps résisté, finiront par s'avouer vaincues ; ou bien, si les passions triomphent un moment, il ne manquera pas d'utiles leçons à tirer de cette victoire impie et passagère. En un mot, l'Histoire, la Fable elle-même, renferment presque toujours quelque grande idée morale que l'on peut mettre à la portée de la jeunesse : pour lui apprendre où est le beau, où est le vrai; pour l'habituer à réfléchir sur les spectacles que lui offrira le monde, sur la lutte des passions et du mensonge contre la vérité, de la perversité humaine contre la vertu.

Je m'arrête ici : j'ai dit sommairement les avantages des études historiques. Je vais en dire les inconvénients.

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