‹ De la haute éducation intellectuelleChapitre 34 sur 80 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Quelques conseils particuliers sur le bon enseignement de la philosophie et sur la direction religieuse qu'il convient de donner à cet enseignement.

J'ai exposé dans les précédents chapitres quelle est la dignité, l'utilité, la nécessité même des études philosophiques. Et comme c'est surtout un livre pratique que j'écris ici, j'ai traité aussi de la méthode qui, selon moi, convient le mieux à l'enseignement classique de la philosophie.

Messieurs les professeurs de philosophie me permettrontils de leur offrir, en terminant, et dans l'intérêt môme le plus sérieux de l'enseignement philosophique, quelques

conseils particuliers, qui n'auraient pu trouver place dans les pages précédentes, et dont ils sentiront, je l'espère, la justesse et la gravité? — J'essaierai en même temps de leur signaler quelques écueils, dont ils ne pourront manquer de reconnaître comme moi le danger.

Ces conseils porteront sur les points importants que voici :

4° Sur la manière de proposer aux jeunes gens le doute méthodique ou cartésien ; 2° sur la discipline d'esprit, sur le procédé logique à observer vis-à-vis de certaines questions insolubles. — Mal dirigés sur ces deux points, les jeunes esprits pourraient facilement dériver dans le scepticisme; 3* sur la tendance pratique à imprimer aux études philosophiques, afin de préserver les jeunes gens de ce que Bossuet appelle le philosophique pur, et de leur inspirer Yamourdu bien; 4° sur la direction religieuse qu'il faut donner à l'enseignement philosophique; 5° sur la philosophie 'séparée, où un enseignement rationaliste à l'excès court risque de précipiter la jeunesse; 6° enfin sur Yaccord de la raison et de la foi, de la philosophie et de la religon : accord qui est la conséquence, le but suprême d'un bon enseignement philosophique, et la grande thèse de ce siècle, dont la mission selon nous, serait de conclure enfin, dans cette alliance désirable, une paix féconde.

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