‹ De la haute éducation intellectuelleChapitre 55 sur 80 · CH. IV. - UTILITÉ DR L'ÉTUDE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

CH. IV. - UTILITÉ DR L'ÉTUDE DES SCIENCES

. « tenir pour avoir trop circonscrit, trop borné le champ do i la pensée.

• Dans un siècle où le génie des découvertes rappelle « le grand mouvement du xvu* siècle, dans un sièclo où a tout s'accomplit par les sciences, où elles sont liée» à « tous les progrès de la civilisation , quel autre nom i donner, en effot, à l'homme qui affiche la prétention de * rester étranger i\ ce qui fait la puissance de son pays, « la prèoccupaiion de sa nation, l'intérêt des débats aux- « quels il assiste, des conversations mêmes auxquelles il a est mêlé?

a Vous ne l'imiterez pas. Vous voudrez comprendre ces « mots scientifiques dont le vocabulaire des affaires se a charge, et ne pas ignorer ces phénomènes découverts « hier, vulgaires aujoud'hui, qui appellent l'attention pu- « blique par leur importance ou leur éclat. »

Rien n'est plus juste que ces paroles. Voici, par exemple, une invention contemporaine, la vapeur, qui a changé entièrement les conditions de l'existence et des relations entre les hommes, supprimé les distances, multiplié à un prodigieux degré les affaires; qui, de plus, appliquée à des industries sans nombre, accélère et accroît les produits, supprime et remplace des milliers de bras. Est-il permis à un homme élevé d'ignorer la théorie et le fonctionnement des machines à vapeur, et quand il est dans un wagon, de ne pas même savoir comment est produite et agit la force puissant» qui l'emporte?

Voilà encore l'électricité, force non moins merveilleuse que la vapeur, qui, domptée comme elle, et pliée au service de l'homme, porte, avec plus de rapidité encore, la pensée et la parole humaine d'un bout du monde à l'autre ; fait communiquer entre elles instantanément les grandes capitales; permet de parler et de s'entretenir à travers les océans; et, par d'autres propriétés non moins curieuses

décompose les corps, argenté ou dore les substances, et devient un serviteur inappréciable de l'industrie et des arts. Un homme cultivé aujourd'hui peut-il être admis à ignorer ces prodiges de la télégraphie électrique et de la galvanoplastie?

La lumière est aussi un instrument merveilleusement docile entre les mains de l'homme, et les applications que l'industrie en fait sont d'un usage quotidien, universel, Peut-on décemment rester étranger à ces choses, à moins de consentir à être rangé dans la classe des ignorants?

Que ne doit pas la médecine à la chimie et à la physique? Et, pour être tenu de ne pas rester tout à fait étranger aux précieuses ressources que l'art de guérir a tirées et tire chaque jour de ces sciences, est-il nécessaire même d'être médecin?

Peut-on encore, si on habite une ville de commerce maritime, ne rien savoir de la grande géographie des mers; une ville de manufacture, rien de la chimie et de la mécanique; la campagne ou une ville de petits propriétaires, rien des sciences qui ont rapport à l'agriculture?

Il y a donc, qu'on me permette encore ces détails, des connaissances pour ainsi dire encyclopédiques, qu'il importe à tout enfant destiné à la haute éducation intellectuelle de posséder de bonne heure. Un jeune homme ne doit-il pas savoir, par exemple, comment se fabriquent les objets qui se présentent constamment sous sa main; se faire une idée des instruments, des machines, des outils les plus simples qu'il rencontre tous les jours,? Doit-il demeurer étranger aux notions les plus vulgaires de la science, jusqu'à ne pas savoir distinguer un thermomètre d'un baromètre ? Peut-il ignorer la géographie astronomique, au point de ne savoir distingner une planète d'une étoile, ni se rendre compte des phases de la lune, etc.? Quant à moi, je voudrais qu'un cours de notions scientifiques et élémentaire

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