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478 UV. VI. — LE TEMPS, Llî TRAVAIL, L'ÉMULATION.
Si on étudie leur méthode, on les voit tous élargissant pour leurs élèves le cadre de la pensée et l'horizon intellectuel, depuis l'analyse des mois et des formes grammaticales jusqu'à l'analyse même de la pensée; depuis l'apologue et le récit anecdotique jusqu'aux vastes conceptions de l'histoire universelle.
Avec ce plan d'éducation, patiente comme le laboureur qui retourne trois ou quatre fois la terre avant de lui demander sa moisson, la mémoire, l'imagination, la sensibilité morale, la raison, toutes les puissances de Vante sont tour à tour mises en exercice, et doublent leur force.
Et voilà le grand but et le grand avantage des études littéraires, telles qu'elles sont ordonnées dans le plan traditionnel de l'enseignement. 11 faut les estimer moins par les connaissances positives que par la culture d'esprit et les habitudes de travail qu'elles donnent : travail non pas mécanique, comme celui d'apprendre par cœur, mais travail de la pensée, qui seul forlitie l'esprit et le féconde. Les Humanités terminées, si Von n'a pas beaucoup appris, on est devenu capable d'apprendre. C'est là ce qui constitue proprement de bonnes études ; et c'est là ce qui distinguera toujours les bonnes études des éludes superficielles, et, par conséquent, des éludes hfttives, qui ne sauraient jamais être que superficielles.
Le défaut des éludes rapides est de ne p.as donner à l'esprit ce degré d'activité, de pénétration et de vigueur dont il est susceptible, de ne pas ie forcer à vaincre la paresse qui lui est si naturelle, et d'inspirer moins le goût des occupations solides, qu'une curiosité frivole, laquelle porie à beaucoup embrasser sans rien approfondir. Avec de pareilles dispositions, quelque genre d'études qu'on embrasse, on demeurera toujours superficiel, on se contentera de ce demi-savoir qu'un auteur met avec raison au-dessous de l'ignorance, parce que souvent il y ajoute la présomption.
CH. 1er. — LE TEMPS.
Les bonnes études, au contraire, rendent l'esprit vigoureux, patient, capable d'une application soutenue, forment môme dans le jeune âge un jugement solide et sûr, une imagination riche et sage, un goût pur et sévère; mais la condition sine guâ non des bonnes études est qu'elles soient faites avec maturité, et longtemps persévérantes dans le môme travail.