‹ De la Hernie du Diaphragme d'origine congénitaleChapitre 6 sur 13 · ARE · texte numérisé non relu

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sant, c’est-à-dire de hernies dont la congénitalité ne fait pas de doute (cas de Schæller, Dubois, Destrée, Dumontpallier, Duguet).

Chez notre sujet, le cæcum tout entier était logé dans le thorax.

2 L’estomac est parfois à cheval en avant de la colonne vertébrale, parfois vertical, ou bien retourné sur lui-même portant sa grande courbure en haut, ou bien enfin contourné de telle façon que sa face postérieure devient antérieure.

Notre fœtus présentait la grande courbure de son estomac en haut.

3° La rate «suit le plus souvent l’estomac dans son déplacement ; elle est, en outre, quelquefois modifiée dans sa structure anatomique. Meckel, Destrée ont trouvé deux petites rates ; elle atteint un gros volume dans un cas de Bischoff où elle mesure 6 centimètres de longueur. M. Pozzy décrit une rate singulière enroulée en corne. Elle garde habituellement des rapports directs avec l’estomac : un court méso ou une bride fibreuse l’y rattache ; cependant, Boulland a noté sa situation dans une goullière située entre les deuxième et troisième côtes ».

Chez notre sujet la rate est haut située dans la cavité thoracique, à la partie externe.

4° Le côlon ascendant et le côlon transverse sont ordinairement intra-thoraciques, ainsi qu’une partie du côlon descendant. Ils encadrent les autres viscères herniés, sans affecter toutefois de rapports constants.

Gaillard 2

Duguet et Schæller affirment que dans un grand nombre de cas le gros intestin hernié a été trouvé rempli de méconium ou de matières et de gaz.

5e L’intestin grêle est presque toujours en entier dans lethorax ; il est tantôt réductible, tantôt irréductible.

6° L’œsophage remonte quelquefois par l’ouverture anormale rejoindre l’estomac, tout entier engagé dans la cavité thoracique.

C'était le cas chez notre fœtus.

7° Le pancréas peut aussi pénétrer dans le thorax, tantôt son engagement est complet, tantôt c’est une partie seulement de l'organe qui est herniée, le plus souvent sa portion caudale.

8° Quant au foie, ce sont indifféremment la portion droite ou la portion gauche quise logent dans le thorax. Il peut avoir un sac (cas de Lambron), mais le plus souvent il n’en a point. On a dit, pour repousser l’origine congénitale de certains faits, que le tissu hépatique, très malléable, pouvait se glisser progressivement à travers les fissures musculaires du diaphragme. Nous verrons que ces cas se réduisent à l’intrusion de minces languettes de parenchyme hépatique. (Une ouverture assez grande pour laisser passer le foie doit, par sa grandeur même, avoir amené la mort » (Lambron). Il serait, en effet, difficile de concevoir que le déplacement d’un lobe tout entier du foie ait pu se produire à un autre moment que la vie embryonnaire sans entraîner des troubles considérables. « Le déplacement du foie, quand il n’est pas

le résultat d’un changement survenu dans la position respective des organes environnants ne peut être qu'un vice primitif d'organisation, attendu qu'il serait impossible que la vie continuât avec un pareil état de choses. Aussi l’hépatocèle s’est-elle presque toujours montrée congénitale. » (Jourdan).

Dans les faits de Meckel, Schæller, Dubois, Dumontpallier, Cruveilhier et Duguet, le foie était coupé en deux lobes réunis par un pont fibreux. Le lobe abdominal était le plus volumineux, le lobe thoracique pyramidal portait la vésicule biliaire pleine de calculs (Vicq d’Azyr, Lambron).

Viscères thoraciques. — Le poumon du côté sain est normal, celui du côté de la hernie est petit, atrophié, accolé à la colonne vertébrale sous forme d’une languette mince d’une couleur bleuâtre.

Le cœur et le péricarde, nous dit Duguet, ont été vus refoulés par les organes herniés, tout à fait contre les parois costales du côté opposé à la hernie, Généralement, cependant, la déviation imprimée à cet organe est beaucoup moins marquée. (C’est ainsi que Meckel a vu le cœur situé au côté droit de l’épine et vertical ; dans un cas de Chaussier, dans celui de Widerhæfer, le cœur était refoulé à droite, dans celui de Clintock il comprimait le poumon droit par la face interne. Enfin dans celui de Schœæller le cœur était rejeté assez fortement dans la cavité

thoracique gauche.

Dans notre cas, le cœur avait sa direction nor-

male, mais fortement déjeté à droite, il empietait sur la partie latérale droite du thorax.

Les médiastins sont toujours complets, c'est-àdire qu'aucun des organes les constituant ne fait défaut, on trouve toujours dans les différents cas de hernies diaphragmatiques congénitales, l’œsophage, l'aorte, et le thymus, etc., mais ces organes présentent des déplacements souvent considérables, sont déviés, aplatis, sans jamais cependant montrer aucune altération dans leurs tissus.

Ee thymus, dans notre observation, était fortement dévié à droite de la ligne médiane.

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