EVOLUTION, COMPLICATIONS, PRONOSTIC
1° Evolution
Nous avons fait entrevoir tout à l'heure les dangers auxquels le petit enfant était exposé par suite des retards opéraloires. En effet, abandonnée à elle-même, la hernie étranglée aboutit presque loujours à la mort.
Tariel, dans sa thèse, cite le cas rapporté par Grooch
en 1767 et dans lequel l'étranglement aboutit à la guéri-
son spontanée par la formation d’un abeès stercoral, puis d’un anus contre nature, On vit la peau rougir, s'ulcérer, et lintestin s'ouvrir à l'extérieur. C'est là un fait exceptionnel. De même dans les cas d'étranglements spasmo-
diques, siles parties herniées n'ont pas élé lésées et si
l'organisme à pu résister à l'intoxication, on peut voir le spasme cesser el les accidents rétrocéder.
Mois, le plus souvent, l’intoxication de l'organisme,
RTE
par suite de la résorption des produits toxiques, vient à dominer la scène, el on assiste au tableau du choléra herpiaire qui prend chez l'enfant un caractère particulier d'intensité. « Le facies $e Lire, se grippe. Le pouls est petit, fréquent, dépressible. La température Lombe audessous de la normale, la respiration est anxieuse, accélérée. Les urines sont rares : on peut même observer de la rétention d'urine et de l'anurie. Des convulsions ag1tent le petit malade, les globes oculaires sont déviés. Enfin, le facies devient terreux, le pouls irrégulier et filiforme, la respiration irrégulière et le petit malade meurt en hypothermie, » (Hayes) (1).
2?’ Complications
Chez les très jeunes enfants, au cours des accidents d'étranglement herniaire, où plus souvent après l'opération, il n’est pas rare de voir survenir quelques complicalions, principalement du côté de l'appareil pulmonaire’
La broncho-pneumonie est à la fois la plus fréquente el la plus grave des complications de la hernie élranglée dont elle contribue beaucoup à agoraver le pronostic. Son. développement est favorisé par le froid et par laffaiblissement de lorganisme. Dans notre observation XVI nous parlons d'un petil enfant qui fut opéré au dispen-
(1} Thèse Paris, 1909,
HER saire des Enfants Malades et qui mourut, non pas des suites opéraloires, mais de broncho-pneumonie. Ce petit enfant, comme cela se pratique habituellement, avait été emporté par ses parents quelques heures après l'opération.
Céci prouve une fois de plus la nécessité qu'il y a d'hospitaliser à la fois la mère et le nourrisson afin d'éviter de faire promener au dehors le petit malade fraîchement opéré.
La congestion pulmonaire peut venir aussi compliquer la hernie étranglée. Trélat expliquait sa production par un processus réflexe dû au taxis. Mais nous savons aujourd'hui qu'il ne faut voir dans les phénomènes de congestion pulmonaire que la manifestation d'un empoi- . sonnement par les matières fécales, d'une septicémie péritonéo-intestinale.
La périlonite vient souventaggraver les symplômes de l'étranglement, principalement lorsque le sac renferme l’appendice ou le diverticule de Meckel. En effet, dans. ces cavités étroites, 1l s'effectue un processus inflammatoire qui reste d'abord limité au sac, mais qui, à la suite des tentatives de taxis, ne tarde pas à se propager au périloine. C’est précisément ce que nous avons observé chez le petit malade dont il est question dans l'observaon VI. Avant l'opération, l'élal général avait été de bonne heure très grave et, à lautopsie, nous avons trouvé les lésions caractéristiques de la péritonite.
Le muquel, à la période du « choléra herniaire », peut également faire son apparition. À ce moment-là, en effet, la prolifération du parasite se trouve favorisée
x s da A
HR EE par l’affaiblissement de l'organisme ainsi que par la sécheresse de la langue et de la bouche. |
L'atrophie du testicule peut enfin être signalée comme complication tardive de la hernie étranglée. Cette complicalion a fait l'objet d'une étude spéciale de Féré dans la Revue de Chirurgie de 1883. Ce dernier attribue l’atrophie de la glande génitale à une hématocèle testiculoépididymaire consécutive à la compression des éléments du cordon.
3° Pronostic
Très sombre si lon n'intervient pas, puisque nous avons vu que, livrée à elle-même, toute hernie étranglée, se terminait presque toujours par la mort, le pronostic devient bénin si l’on a recours à la kélotomie. Le pronosüc dépend donc en grande partie de la durée de l’étranglement. Mais il faut aussi faire intervenir l’âge de l'enfant, la variété de hernie étranglée et les complications.
Pour ce qui est de la durée de l’étranglement, on peut dire que plus on opère tôt, moins on a de chance de trouver du sphacèle, moins le petit être a le temps de s'intoxiquer. De plus, l’état général étant encore satisfaisant, on à moins à redouter les complications pulmonaires..
Suivant l'âge du nourrisson, Estor (1) a établi une
(1) Loc. cit.
courbe indiquañt que la mortalité est surtout élevée dans les trois premiers mois de la vie, diminue de trois à six mois, augmente légèrement du sixième au neuvième mois pour s'abaisser ensuite définitivement jusqu’au dix-
huitième mois.
Quant à la variété, on peut dire que ce sont les hernies de l'appendice et du diverticule de Meckel qui sont les plus dangereuses, car ce sont celles dont le processus inflammatoire se propage le plus souvent à la cavité abdominale, auquel cas il ne faut guère compter sur la
guérison.
Parmi les complications, 11 en est deux qui, nous l'avons déjà dit, assombrissent considérablement le -pronostic : ce sont la broncho-pneumonie et la péritonite.
Avant l’ère antiseptique, le pronostic opératoire était particulièrement sombre chez Île nourrisson; car, très souvent, on voyait les petits malades emportés par un érysipèle, un phlegmon pelvien où une péritonite. Mais, depuis les méthodes antiseptique el aseptique, ces complications se trouvant le plus souvent évitées, la mortalité a considérablement diminué. Ainsi, en nous reportant aux chiffres d'Estor, nous voyons :
Mortalité chez le nourrisson :
Avant-Pantisepsie. +08 32 0/0 Depuis l'antisepsies:. x 11,4 0/0