CHAPITRE VII
VARIÈTÉS CLINIQUES
Ilest certaines formes d'étranglement dont l'allure clinique présente un caractère un peu particulier. Aussi avons-nous pensé qu'il convenait de les décrire dans un chapitre spécial. Nous voulons parler de l’engouement, du pincement latéral de l'intestin, de l'étranglement de l'appendice et du diverticule de Meckel.
1° L'ENGOUEMENT, la plus fréquente de ces variétés, est déterminé par l'accumulation de matières solides ou pâteuses dans une anse herniée appartenant le plus souvent au gros intestin.
«Il était classique, il n’y a pas longtemps encore, dit Broca HE d'établir pour les hernies un diagnostic diffé-
-rentiel entre l'engouement et l'étranglement. Aujourd’hui,
l'engouement nous apparaît dans l'immense majorité des
(1) Presse médicale, 1902. -
Le be eas comme un étranglement léger, justiciable du taxis si l'on veut, mais encore mieux de la kélotomie. »
Ce qui caractérise l'engouement, ce sont les symptômes de l'étranglement (vomissements, constipation) avec un élat général pouvant demeurer satisfaisant pendant un temps assez long (pendant 20 jours dans ke cas que rapporte Broca {1]). Il est donc important, au point de vue du pronostic, de différencier une hernie engouée d'une hernie étranglée. Pour diagnostiquer l'engouement, il existe un signe excellent indiqué par Broca : la tumeur, saisie entre le pouce et l'index et pincée fortement, présente une malléabilité spéciale due à l’aplatissement des matières fécales.
Contrairement à l'étranglement, l'engouement peut se réduire sous l'influence d’une purgation et d'un massage de la tumeur ; il peut même disparaître spontanément.
Néanmoins, à cause des récidives qui ne tardent pas à se produire, il convient d’avoir, de préférence, recours au traitement chirurgical.
2° LE PINCEMENT LATÉRAL DE L'INTESTIN est un accident que l’on rencontre surtout chez l'adulte, mais qui peut aussi se produire chez le nourrisson. Eslor(2) en a-publié un exemple des plus caractéristiques. + Rue
Cet accident se produit par le même mécanisme que létranglement proprement dit, seulement la tension intra-abdominale, au lieu de pousser une anse entière de Pintestin à travers l’orifice inguinal, en expulse simplement une partie de la circonférence. Cette portion, par
[1] Locscit.
(2) Montpellier médical, 1903, I, 365.
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suite de la congeslion et de la tuméfaction dont elle devient le siège, ne tarde pas à s'incarcérer.
L'intestin conservant dans ce cas une perméabilité suf- fisante pous assurer le passage des matières fécales, nous avons le tableau symptomatique suivant : d'une part,il
existe une tumeur inguinale plus où moins perceptible
au palper, douloureuse, s'accompagnant de vomissements ; d’autre part, les selles persistent abondantes, parfois même diarrhéiques. Il convient donc de bien connaître celte particularité afin de ne pas croire, le cas échéant, à des troubles de simple gastro-entérite.
Le traitement de celte variété est le même que celui des étranglements complets que nous allons étudier dans un moment.
3° ÉTRANGLEMENT DE L'APPENDICE ET DU DIVERTICULE DE MECkEL. — L'appendice et, ce qui est beaucoup plus rare, le diverticule de Meckel, peuvent s’étrangler isolément et donner Jieu à des troubles et des complications d'une particulière gravité.
Etranglement appendiculaire. — Les cas d’'étrangle- ments primitifs d'une appendicocèle sont très rares et Osty, dans sa thèse (1), sans nier leur possibilité, ne les ‘accepte que «dans Îles circonstances où l'appendice engagé en anse dans un trajet herntaire serré est lassé pour ainsi dire et se comprime d'autant plus qu'il s'engage. » Presque toujours l'éfranglement est consécutif à une appendicite. Les agents pathogènes pénétrant dans le cul-de-sac appendiculaire s'y développent, déterminent