DIAGNOSTIC
Si la hernie étranglée est facile à reconnaître chez le
garçconnet ‘ou chez l'adulte, il n'en est pas toujours de même chez le petit enfant qui, nous l'avons dit, ne peut
nous indiquer ce qu'il ressent. Néanmoins, si les parents,
un peu observateurs, savent nous raconter exactement ce qui vient de se passer, nous pourrons être guidé dans nos investigations el, assez souvent, nous arriverons, sans trop de difficultés, à établir notre diagnostic.
Il y à cependant toute une série d’affections qui, par la similitude de certains symptômes, peuvent tantôt faire ignorer l'existence d’un étranglement herniaire, tantôt au contraire en imposer pour un élranglement qui en réalité n'existe pas. Aussi nous proposons-nous. d'étudier ces divers états pathologiques et de rechercher par quels moyens nous arriverons à les différencier de l'affection qui nous occupe.
l° Affections pouvant faire ignorer un étranglement qui existe.
Gastro-entérite. — Les nourrissons se trouvent souvent atteints de troubles dyspeptiques se caractérisant par des vomissements continuels. Aussi, chez eux, lorsque des accidents d'étranglement herniaire viennent à se produire, l'acceniuation des troubles fonctionnels est-elle souvent attribuée à l’état pathologique déjà existant. Il
faudra donc surveiller attentivement les petits sujets
atteints de vomissements graves el toujours avoir à l'idée la possibilité d’un étranglement herniaire.
Hydrocèle et étranglement. — Lorsqu'une anse herniée se trouve cachée par du liquide d'hydrocèle, le diagnostic peut être très difficile à poser. En eflet, en présence d'une lumeur volumineuse, irréductible, mate à la percussion, translucide, on pense immédiatement à une hydrocèle ; et, comme d'autre part il existe des troubles fonctionnels de l'intestin {ce qui se voit dans certains cas d'hydrocèle), on les attribue à des complications réflexes du côté de l’abdomen.
On pratique alors la ponction de l'hydrocèle. Mais, comme la tumeur conserve encore un certain volume et comme d'autre part aucune amélioration ne se produit, l'existence d’un étranglement ne peut plus être mise en doute.
Un élranglement herniaire S'accompagnant d'une 11e flammalion scrotale peut passer inaperçu. Témoin le cas
: Ange rapporté par Broca et à propos duquel l'intervention fut relardée de 48 heures. Lorsque, dital, « la peau est rouge, œdémateuse, infillrée, on peul croire à une simple Iymphangile ou à l'inflammation d’un kyste du cordon, car il est bien connu que parfois ces inflammations retentissent un peu sur le périloine voisin, causant de la constipation, des vomissements, provoquant jusqu'à un certain point Pallération des traits » (Broca).
Dans ce cas, on doit surtout s’en reporter aux phénomènes abdominaux ét, pour peu que ceux-ci soient accenlués, il fault intervenir.
Quant à l'étranglement tesliculaire, on a longtemps admis qu'il pouvattexister et donner lieu à des sym-. ptômes de pseudo-étranglement : on admettait que le testicule sain pouvait être comprimé dans le canal inguinal par des brides fibreuses ou que, plus souvent, ayant franchi lanneau externe, il y remontait brusquement sous l'influence de l'effort et s’y étranglait.
D'après Villemin (1), « ces déplacements du testicule existent incontestablement, mais il est douteux qu'ils donnent naissance aux accidents graves simulant l'étranglement herniaire ».
2° Affections pouvant faire croire à un étranglement qui n’existe pas.
Hydrocèle avec accidents abdominaux. — Une erreur fréquente est celle qui consiste à prendre pour une her-
(1) Aclualilés médicales : Le canal vagino-péritonéal,