‹ De la houilleChapitre 10 sur 116 · GROUPE DE L EUROPE OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

GROUPE DE L EUROPE OCCIDENTALE

dans les territoires d'Etroeux, Quarouble, Bruay, etc., on arriva enQn à découvrir les houillères d'Anzin près de la porte de Valenciennes dite porte deTournay. Il était temps, car le comte Desandrouin était ruiné, après avoir dépensé un capital de près de trois millions.

La bouille une fois découverte, il restait à constater le nombre et l'allure des couches, et à tracer les limites du terrain carbonifère. Cette tâche était difiicile, non seulement parce qu'on se trouvait séparé de ce terrain par une épaisseur moyenne de 50 à 1 00 mètres de terrains morts, mais surtout par la présence des nappes d'eau ascendantes que nous avons déjà signalées.

L'exploration du territoire de Valenciennes fut d'abord faite uniquement par la compagnie d'Auzin, laquelle étendit ses exploitations sous les concessions de Raisme, Fresne, Vieux-Condé , Abscon ; en 1 832 elle développa , sur une échelle puissiante, celles de la concession de Denain, au* jourd'bui le point de plus grande production. En 1835, plusieurs compagnies nouvelles, stimulées par l'immense succès dont elles étaient témoins, se mirent à l'œuvre et découvrirent la houille à Lourches près Douchy, à Bruille près Saint-Amand-les-eaux, et, depuis, à Vicoigne.

C'est dans la même période qu'avait lieu l'exploration du terrain houiller aux environs de Douai; l'établissement des mines d'Aniche suivait donc de près celui des mines d'Anzin, mais avec des circonstances bien différentes. Ouvertes d'abord sur des couches peu puissantes et d'un charbon médiocre, ces mines restaient limiljes à une très faible

prodoctioD, lorsque, il y a quelques années, de nouvelles recherches déterminèrent le déplacement des travaux; ceux-ci furent établis dans de meilleures couches, et s'étendirent jusque vers le village d'Azincourt. Le développement des travaux d'Aniche ayant appelé Tattention sur le prolongement probable du terrain houiller à Touest de Douai , des recherches furent entreprises, et un puits, situé à Tescarpelle, a récemment rencontré ce terrain à 1 54 mètres de profondeur; dix mètres plus bas, on a recoupé une couche de charbon demi-gras, de plus d'un mètre d'épaisseur.

Cet heureux résultat démontre d'abord la continuité du bassin sous un territoire de deux lieues de longueur, compris entre l'escarpelle et les dernières exploitations d'Aniche; il indique, en outre, la probabilité d'une extension prolongée vers le nord-ouest, dans la direction des houillères du Boulonnais. Déjà, plusieurs recherches sont entreprises «ntre Lons et Carvin, de manière à décider la question ; de telle sorte que ce bassin du Nord, malgré les difBcuItés qui entravent l'exploitation , malgré la grande étendue des terrains déjà concédés et occupés par de puissantes compagnies, est encore celui qui ouvre le plus vaste champ aux travaux d'exploration.

Bassin de la Loire. Le bassin de la Loire , bien qu*en première ligne dans la production de la France, présente peu de souvenirs historiques. On ne sait qui commença ces importantes exploitations, et les documents positifs sur leur existence ne remontent guère qu'au dix-septième siècle. Saint-Élienne n'était alors qu'un village, habité par quel-

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qnes centaines d'ouvriers habiles dans la fabrication des armes; la première manufacture avait été établie par l'ingénieur Georges Virgile, sous le règne de François V\ Rive-de-Gier n'existait pas, et Saint-Chamond, la plus ancienne ville du bassin, célèbre par T^mmense château dont les ruines dominent encore la ville, était la principauté du pays.

La houille dut être connue et employée par les premiers habitants du bassin de la Loire, car elle affleure partout, et présente cette particularité remarquable que les affleurements sont déjà, eux-mêmes, d'une excellente qualité. Les Romains ont laissé quelques souvenirs dans le pays, par les aqueducs qu'ils ont construits, et les souterrains qu'ils ont percés pour recueillir les eaux du Gier et du Janon, et les conduire à Lyon ; les mines des environs de Saint-Chamond ont retrouvé, en plusieurs points, l'aqueduc principal, dirigé pendant quelque temps, suivant la direction des couches*de houille. Les Romains ont donc connu la houille, et peut-être Tont-ils exploitée ; peut-être quelques-uns de ces travaux anciens, remarquables en ce qu'ils ne sont pas boisés, remontent-ils à cette époque ; peut-être ces incendies souterrains, dont les affleurements off'rent.des traces si énergiques, et dont quelques-uns brûlent encore, remontent-ils à cps premiers travaux .

L'extraction de la houille s'est bornée d'abord à l'exploitation de la superficie, et pour les seuls besoins de la localité. Les travaux existaient dès le commencement du quatorzième -siècle , puisque, dans les terriers de Roche-

lu-Molière^ on a trouvé que les seigneurs s'étaient arrogé un cens sur toutes les carrières et minières existant dans toute rétendue de leur terre : le cens était de la moitié des charbons extraits , à la charge par les seigneurs de payer la moitié des frais d'extraction j ou ^ s'ils le préféraient , il se réduisait au quart net de l'extraction, mais sans aucuns frais. Le titre le plus ancien qui existe à cet égard est une transaction du 18 février 1321, entre Brian de Lavieu, seigneur de Roche-Grand-Vieux, écuyer, qui avait une censive dans l'enclave de cette terre, et Martin Chagnôn, censitaire et emphytéote de Grand-Vieux.

Le règne de Louis XIV donna une grande impulsion à la fabrication des armes, et détermina d'importants travaux pour l'aménagement des cours d'eau. Les marteaux, les aiguiseries se multiplièrent sur le Furens, et, cependant, en 1770, il n'existait encore que quarante bourgeois marchands quincailliers ou armuriers, et trente fabricants de rubans. Aussi l'ère de la grande activité ne dâle-t-ello réellement que de 1 789 : ia prospérité naquit avec la liberté industrielle.

Depuis cette époque, en effet, on a peine à suivre la marche rapide du progrès. Il y a trente ans à peine, Saint- Étienne n'était encore qu'une espèce de colonie où l'on ne venait travailler qu'avec l'idée de la quitter; tUne arène commerciale passionnée, où la civilisation avait peine à adoucir les mœurs; aujourd'hui, c'est une véritable capitale où le progrès intellectuel n'est pas moins remarquable que la marche ascendante de la production industrielle. On pou-

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