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DÉBRIS VÉGÉTAUX DES DÉPOTS HOUILLBRS

Les annularia se distinguent des astérophillites en ce que leurs feuilles verticillées sont dans le plan du rameau qui les porte; elles donnent lieu, dans les schistes, à des impressions élégantes et bien étalées. Les feuilles sont réunies à leur base de manière à former une sorte d'anneau qui entoure la tige. Les variétés caractérisées par les dénominations de longifolia et brevifoUa sont très répandues dans presque tous nos bassins houillers.

M. Brongniart a résumé ainsi qu'il suit les familles et espèces qui constituent la flore houillère:

Algues, elc 6 espèces.

Fougères 250

Lycopodiacées ( Lepidodendron) 83

£quisélacées ( Calamités ) 13

Sïgillariées 60

Noggérathiées 12

Aslérophilliliées 44

Cycadées 3

Conifères. 15

Monocotylédones douteuses 15 ^

Total 501 espèces.

Cette flore, si singulièrement caractérisée par les tiges creuses et charnues, et par sa grande simplicité acotylédone, disparait après la période houillère. Les végétaux du grès bigarré, ceux des terrains secondaires supérieurs et des terrains tertiaires, ont un caractère tout à fait différent. Les monocotylédones, qui figurent à peine dans le terrain houiller , s'y développent peu à peu ainsi que les dicotylédones , de manière à indiquer, dans la succession des

204 CLAI»SIFICATIO?l DES COMBUSTIBLES MINÉBAUX.

flores (Illogiques, la même progression vers la varieié, la complicaUoD et le perfeciionnemeni des organes, qoe dans les faunes successives.

Les feuilles et les petites tiges du terrain bouiller sont souvent rassemblées dans un même plan de stratification des argiles schisteuses, où elles ont été comprimées et fossilisées comme dans les feuillets d'un herbier. Leur interposition a détruit, en partie, l'adhérence de la roche, et y détermine des clivages très faciles. Ix)r8que ces accumulations se trouvent au-dessus d'une couche exploitée, et à quelque distance du toit, elles causent souvent la chute de l'épaisseur intermédiaire, appelée le faux^toù ; alors, si le grain de la roche est fin, si sa couleur est d'un gris clair et uniforme, on voit, sur les surfaces nouvellement mises à nu, les dessins végétaux se détacher en noir, et reproduire les détails les plus minutieux de la structure des plantes. Les stries des tiges comprimées, les folioles les plus délicates avec leurs nervures, les grandes tiges couchées dans toute leur longueur, permettent de distinguer les espèces et d'admirer dans toute sa perfection cet admirable phénomène de conservation.

Toutes les plantes fossiles, ainsi rassemblées dans les roches du toit ou du mur d'une couche de houille, doivent être considérées comme appartenant à cette couche ; or, en rapportant ainsi, à une mémo couche, toute une série de fossiles, ou en trouvera qui seront caractéristiques, sinon pour cette couche seule, «lu moins pour un étage du terrain houillcr.

DEBRIS VÉRÉTAUX DPS I.ÉPOTS HODM.LRRR.

2or>

a Ainsi, dit M. Ad. Brongniart ', les coucbee qui pa~ raissent les plus inférieures dans le bassin de Sainl-Ëlienne renrerment abondamment Vodonlopieris Brardu (fig. 9) k très larges pinnulea, sans traces d'autres odoulopieris ; tandis que les couches supérieures des carrières du Treuil présentent très fréquemment Vodonlopieris minor (lîg. 23), sans mélange de l'antre espèce.

f\g. Î3. — Odohtopteri

« En général, chaque couche de houille n'est accompagnée que par les débris d'un nombre assez limité de végétaux. Quelquefois même, dans les couches les plus anciennes, ce nombre parait atteindre à peine huit à dix. Dans d'autres cas, et plus généralement dans les couches moyennes et supérieures, le nombre des espèces devient

' finélaux fomiirs, Diciin

1 d'Iiiiiliiiru nuliirelle.

20C CLASSIFICATIOIH DBS COMBUSTIBLRS MINÉRAUX.

plus considérable, mais il dépasse bien rarement trente à quarante. Chacune de ces petites flores locales et temporaires, qui accompagnait la formation d'une couche de houille 9 est donc extrêmement limitée. C'est, du reste, ce que nous voyons encore, de nos jours, dans nos grandes forêts, et surtout dans celles qui sont composées de conifères; une ou deux espèces d'arbres recouvrent de leur ombrage quatre ou cinq plantes phanérogames différentes, et quelques mousses. »

Dans un autre passage, M. Ad. Brongniart dit encore « qu'il parait résulter de beaucoup d'observations locales, que les lépidodendron seraient plus abondants dans les cou> ches anciennes que dans les couches supérieures de la plupart des terrains houillers; que les vraies calamités seraient souvent dans le même cas; que les sigillaires paraîtraient dominer dans les couches moyennes et supérieures; que les aslérophyllitêSy et surtout les annularia, se trouveraient beaucoup plus abondamment dans les couches supérieures ; qu'il en serait de même des conifères, dont les débris n'ont été rencontrés que dans les couches tout à fait supérieures du bassin d'Autun, etc. »

La position des plantes fossiles dans les dépôts houillers peut conduire à reconnaître les phénomènes qui les y ont amenés. Ainsi , lorsqu'elles sont accumulées et stratifiées dans certaines couches de schistes ou de grès, en abondance telle, quelquefois, qu'elles impriment à ces couches une structure onduleuse comme celle qui résulte naturellement d'un entassement de végétaux aplatis, il y a eu

I)^:BRIS YÉGÉTAtX 1>R8 DÉPOTS HOUILLERS. 207

évidemment charriage par les eaux et concentration de ces végétaux sur certains points.

Lorsque les végétaux sont verticaux^ ou plutôt lorsque leurs tiges sont perpendiculaires au plan des dépôts, on reconnaît souvent qu'ils sont dans leur position normale, et qu'ils ont été moulés et fossilisés sur le point même de leur croissance. Tels sont les nombreux fossiles que M. Brongniart a dessinés dans les grès de la carrière du Treuil ; ces végétaux étaient tous en place, clair-semés, et dans une position qui lui ont paru avoir tous les caractères d'une véritable forêt fossile , ensablée par l'envahissement des grès.

On a constaté depuis beaucoup d'autres exemples de

végétaux verticaux : dans les bassins houillers de l'Amérique du Nord, cette position est, en quelque sorte, la position habituelle des grandes tiges. Dans le bassin du nord de la France, et notamment dans les houillères d'Anzin, on a trouvé, et examiné en détail, plusieurs exemples dans lesquels les tiged étaient toujours perpendiculaires aux plans de stratification des couches qui les contiennent. La fig 24 indique la position d'une de ces tiges en place, dans les couches de grès (5) et de schistes plus ou moins charbonneux (1, 2, 3, 4, 6, 9, 12) qui recouvrent une petite couche de houille (8) où elle devait évidemment avoir ses racines implantées '. On voit que celte tige a été progressivement ensablée, et que les détritus dont chaque banc est

» Noie adress^?e k la Sociélé g<^ologique par M. de Jcnnings. Bull. ih37.

208 CLASSIPICATION DES rOMBlSTIBLBS HINKIIAIjX.

composé formaient, autour de la lige, une espèce de bourrelet saillant, Jusqu'à ce que cette lige, altéi-ée par la décomposition , eût ^ rompue. Elle appartenait à une sigillaire, et a été trouvée à 232 mèlres de profondeur dans la mine dite la BItuse-Bome.

Cette position normale des végétaux en place, toujours

» KIg, S4.

perpendiculaires au plan rie stratification des couches, lors même que ce plan est très incliné, fournit une nouvelle démoiislrution de l'horizontiilité première des dépôts houillcrs.

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