‹ De la houilleChapitre 33 sur 116 · FORMATION DES ANTHRACITES · texte numérisé non relu

FORMATION DES ANTHRACITES

intervenir pour aider au développement des dépôts? Celte cause aurait été l*élastici(é de Técorce solide du globe, et le peu de résistance qu*elle pouvait opposer au poids des couches superposées. Ne peut-on pas supposer, par exemple, qu'à mesure que certaines surfaces étaient trop chargées par les dépôts, le fond des bassins cédait, et déterminait un enfoncement graduel ? Cette dépression , une fois admise , expliquerait Talternance des combustibles minéraux, intercalés dans les couches arénacées, à toutes les hauteurs. Après Tépoque houillère , la croûte du globe, déjà consolidée , ne permit plus ce grand développement de répaisseur des dépôts carbonifères, et c'est peut-être pour celte raison que ce phénomène n'est plus représenté que d'une manière si incomplète dans les terrains secondaires el tertiaires.

FomuitloB des mBthr»eltes«

Si nous acceptons ces explications pour la formation des couches de houille, elles s'étendront évidemment aux autres combustible^ minéraux. Cependant, il reste à justifier certaines anomalies dans la série normale de ces combustibles ; tels sont les anthracites des dépôts jurassiques et crétacés des Alpes , anthracites qui , en rompant la succession régulière des caractèi*es géologiques, semblent înQrmer, au premier abord, une partie de nos conclusions.

L'anthracite est , avons-nous dit , un état métamoirphique comparativement à la houille et au lignite; son gisement est normal lorsqu'il se trouve dans les dépôts

FORMATION liES AXTBRACITRft. 'i'i'Y

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226 CLASSIFICATIOM DBS COMBUSTIBLES MINÉRAUX.

les plus anciens, où cet état métamorphique est partagé par les autres roches. Ainsi, il est naturel de rencontrer les combustibles les plus minéralisés dans les schistes lustrés, dans lesH^alcaires semi-saccharoldes, dans les grès-quarzites des terrains siluriens et devoniens; puis de passer progressivement, et par des houilles de moins en moins anthraci-' teuses, à la houille maréchale et à la houille gazeuse, à mesure qu'on s*élève dans la série des dépôts houillers, et que ces dépôts ont conservé un aspect de plus en plus arenacé ; mais comment se fait-il qu'une succession aussi régulière et aussi générale des caractères minéralogiques et géognostiques soit inten*ompue tout à coup par la réappa*> rition des anthracites les plus prononcés, dans la partie supéiîeure des terrains secondaires?

On a d'abord supposé que les anthracites des Alpes n*étaient que des ligniles, métamorphosés par des influences postérieures; mais celte hypothèse est complètement détruite par Texislence de toute la flore houillère , dont les débris ont été retrouvés dans le terrain. On y a, en effet, reconnu les sitiillaireSf les sitymaria, les lépidodmdron^ les annulariaj .en tout identiques aux espèces les mieux caractérisées du terrain houiller.

Cette identité des fossiles végétaux a constamment empoché IVL Ad. Brongniart d'admettre comme récent Tâge du terrain anthraxifèro des Alpes, a Quand ou voit, dit-il, que les recherches entreprises par tant de savants et de colléeteurs ont montré que les végétaux contenus dans ces couches sont^ sans aucune exception, ceux de l'époque bouil«

« rORMATIOfl bES ANTâtlACttfiB. 2!27

lère, sans mélange d*un seul fragment des végétaux fossiles du Lias, de Tépoque jurassique, du keuper ou du grès bi^ garré) on se demande en vain quelle explication donner à ce fait unique, et si les coquilles si peu nombreuses qui ont surtout contribué à faire ranger ces terrains dans Tépoqut jurassique sont une preuve bien positive de cette position géologique. Leur petit nombre^ leur état de conservation si imparfait que leur détermination Spécifique est ou im«* possible ou fort douteuse , permettent-ils de leur dofiner plus de valeur qu*à cet ensemble de végétaux nombreux^ et la plupart bien déterminables, qui se trouvent dans les couches d'anthracite? »

L'objection de M. Âd. Brougnlart Serait décisive si la classification de ces terrains des Alpes reposait unique^ ment sur les coquilles fossiles trouvées dans quelques localités. Mais ces coquilles fossiles n'ont été^ en réalité, que des faits accessoires dans une classification fondée princi* paiement sur la continuité des couches^ continuité qui réunit les parties les mieux caractérisée! des terrains ju<rassiques et crétacés à celles qui présentent les caractères les plus métamorphiques.

En étudiant les Alpes françaises^ sur la carte géologique de France, on voit^ entre les valléea de la Durance et du Drac, une région circulaire^ de granité et gneiss, circonscrite par les terrains crétacés et jurassiques. Cette région montagneuse, qui s'élève à plus de 4^000 mètres au-déSêut du niveau de la mer (mont Pelvoux), orme un flot ér uptif^ où l'on rencontre, à chaque pas, les traces des pertnrhalioos

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dynamiques et des modificalions métamorphiques les plus profondes. C'est autour de ce massif que les recherches de M. Ëlie de Beaumont ont mis en évidence Fâge récent des alternances de schistes, calcaires , grèsetpoudingues, qui avaient été jusqu^alors classés parmi les dépôts de transition, et la postériorité des granités qui les ont soulevés. Il démontra que les anthracites de petit cœur, en Tarentaise, liés avec des couches argilo-calcaires contenant des bélemnites, servaient de base à un immense développement de roches arénacées et calcaires (contenant elles-mêmes les ammonites, bélemnites et pentacrinites), qui ne descendent pas au-dessous du terrain jurassique, et se terminent, à la montagne du Chardonnet, par des grès et schistes avec empreintes végétales et couches d'anthracite. M. Élie de Beaumont suivit la superposition de ces couches jusque dans les points où elles reprenaient leurs caractères secondaires, démontra qu'elles étaient su()éi ieures aux calcaires noirs du Lias à Digne, et arriva, de pioche en proche, a constituer les grands systèmes jurassique et crétacé qui forment la plus grande partie des Alpes.

Les nombreux gîtes d'anthracile qui se trouvent dans cette région, notamment aux environs de Briançon, dans la vallée de la Durance, et près de la Mure dans la vallée du Drac, constituent une anomalie d'autant plus prononcée, que les couches atteignent une puissance considérable, et qu'elles sont composées d'un anthracite vitreux parfaitement caractérisé, dont la composition et l'aspect sont identiques à ceux des anthraciles les plus anciens. La végé-

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