‹ De la houilleChapitre 38 sur 116 · ÉTRANGLEMENTS, RENFLEMENTS, CRAINS ET C0IIPPLÉE · texte numérisé non relu

ÉTRANGLEMENTS, RENFLEMENTS, CRAINS ET C0IIPPLÉE

être attribués à cette rupture de la structure normale, et à ces mouvements de substances solides, ou à demi solides, refoulées par les pressions latérales. Si nous étions à même d'étudier les couches de schistes et de grès qui alternent avec la houille, avec autant de soin et de détail que la houille elle-même, nous verrions que ces couches ont subi, dans beaucoup de cas, les mêmes brisements et les mêmes déformations.

Ces déformations des couches de lignite seront facilement admises, parce qu'elles sont de peu d'importance; mais examinons des exemples où elles sont plus prononcées, et par conséquent plus difficiles à expliquer. L'ancienne exploitation de la petite Ricamarie, dans la concession de la Beraudière (bassin de la Loire), nous en fournira un dans lequel la déformation est développée sur une grande échelle (PI. I).

La carte des concessions de la Beraudière et de Mont* rambert (PL XYU) indique les affleurements des couches reconnues dans ce district, et la coupe (PL XVI, fig. 2) faite suivant la ligne A B de la carte, représente les conditions ordinaires de l'inclinaison et de l'allure de ces couches. En étudiant cette carte, on voit que, dans ce district comme sur presque tout le territoire houiller de Saint-Étienne, les couches plongent en sens contraire des versants sur le»* quels elles affleurent; on voit, en outre, qu'elles sont découpées par plusieurs failles. Malgré ces perturbation, l'allure générale est régulière, du moins pour les quàtfci couches les mieux connues, qui sont : 1 "^ la grande masse^

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V les trois couches inférieures, désignées sous les noms de première, seconde et troisième brûlantes.

La grande masse a régulièrement 1 2 à 1 5 mètres de puissance; elle se renfle graduellement en profondeur, en se divisant par une ou deux barres, ainsi que Tindique la coupe (PI. XYI). Les brûlantes ont trois à quatre mètres d'épaisseur et sont ordinairement parallèles à la grande masse. Cet ensemble de couches bien stratifiées plonge sous des angles de 35 à 50 degrés , sur tout le périmètre des affleurements qui suivent le chemin de fer, depuis Montrambert jusque vers le Moncel , où ils se contournent en forme de fer à cheval ; vers la Ricamarie, les couches sont violemment comprimées et redressées dans une position presque verticale, par le soulèvement des terrains inférieurs. Ce relèvement des couches concorde avec une déformation évidente de leur allure normale, déformation dont la coupe verticale, représentée par la PI. I, fait apprécier tous les détails.

En examinant la grande masse, sur cette coupe, on voit que le toit et le mur cessent d'être parallèles, et que la houille a été refoulée vers la partie centrale, de manière à déterminer un renflement qui porte la puissance à plus de soixante mètres. L'effet de ce refoulement a été de rapprocher les trois brûlantes vers la partie renflée, tandis que, près de la surface, elles s'écartent beaucoup plus; c'est-à-dire que les bancs de schistes qui séparent les couches de houille sont étranglés aux points qui correspondent aux renflements de la houille, et dilatés vers la sur-

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face ; ils semblent avoir éprouvé, comme nous Tavons dit précédemment, des déformations analogues à celles de la houille.

L^étude de ce terrain, dans tous ses détails de position et de structure, prouve donc que la déformation de Tallure normale de la grande masse est bien le résultat des perturbations éprouvées par le sol ; tandis que la coupe verticale (PI. I), relevée d'après les travaux de l'exploitation, démontre que ces déformations peuvent atteindre les proportions les plus considérables. Une couche peut ainsi être renflée de trois, quatre fois, et plus, sa puissance normale.

Mais un renflement entraine toujours des étranglements; car la houille, qui surabonde sur un point, a nécessairement été enlevée à des parties latérales, où elle manque. Or, ces étranglements ont une grande importance dans les exploitations, surtout lorsque la suppression de la houille est complète, et qu'il y a ce que l'on appelle crain, coufjléef étreinte. Examinons les conditions d'allure des couches en coufflée, et montrons par quelques exemples qu'en effet, par des perturbations postérieures, la houille a pu être supprimée complètement sur une certaine étendue de son développement.

La couche, dite la grande masse de Rive-de-Gier, n'est nulle part plus puissante et plus richement développée qu'aux mines de la Gourle, dans la concession de la Peronnière. La puissance totale de cette couche y atteint 20 et 25 mètres , et ce riche dépôt, comme dans tout le bassin

de Rive-de-Gier, est divisé en deax parties par Tinterposition d'uQe barre dite nerf blanc. Cette barre est même développée outre mesure, ainsi que Tindique la coupe verticale ci-jointe, due aux travaux de M. Brochin (PI. II).

On voit, d'après cette coupe, que la houille subit un crain très prononcé , et que ce crain affecte aussi bien la couche supérieure que la couche inférieure. Cette simultanéité suffit pour démontrer que la suppression de la houille résulte d'une perturbation postérieure. Comment concevoir, en effet , une pareille coïncidence , si on l'attribuait à des causes contemporaines du dépôt? tandis, qu'en supposant un étranglement par compression, cette coïncidence est' forcée pour deux couches aussi rapprochées. On remarquera, en outre, que l'axe suivant lequel la pression s'est propagée d'une couche à l'autre, est à peu près normal au plan d'inclinaison , c'est-à-dire que cette compression est un effet du relèvement des couches.

Si un crain était déterminé par une pression exercée sur un seul point de la couche, il en résulterait évidemment une espèce d'ilot circulaire ou elliptique, autour duquel l'exploitation s'arrêterait par suite de l'étranglement produit; mais ce cas est le plus rare, et les pressions se sont généralement exercées suivant des lignes sinueuses , qui déterminent des, zones de stérilité plus ou moins larges.

Prenons pour exemple le champ d'exploitation de la mine des Communautés, près Blanzy (Saône-et-Loire). La couche exploitée sur ce point était une des couches supé-

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