ÉTUDES SUR LE BASSIN DB LA LOIRK
on se laisser imposer la perpétuité d*ane situation reconnue vicieuse et intolérable? La société avait d'ailleurs la loi pour elle ; elle s'organisa et marcha.
Tel est aujourd'hui l'état des choses. La compagnie générale a été, sous le rapport industriel, un véritable progrès ; elle a fait disparaître les abus du morcellement et de l'amodiation ; elle a perfectionné les méthodes d'exploitation et l'aménagement du bassin ; mais, sous le rapport commercial, elle est encore vivement attaquée par les intérêts locaux, qui voient dans sa constitution une menace constante de monopole et d'élévation dans les prix.
On comprend que, dans des conditions de production aussi agitées et aussi pénibles, il ait été fait peu de choses pour les recherches. Les couches de houille offraient des affleurements nombreux, qui, sur plus d'un point, furent attaquées d'abord à ciel ouvert, et, lorsqu'on pénétra dans l'intérieur du sol par des travaux souterrains, les décou* vertes se succédèrent presque toujours par le fait même de l'exploitation.
Cette marche explique comment il se fait que les couches de houille ne sont bien connues que dans la région de Rivede-Gier, qui a toujours été celle qui exportait le plus facilement, ou dans les environs mêmes de Saint-Ëtienne, dont les exploitations furent stimulées par la consommation locale et le voisinage du chemin de fer. Partout ou la sortie des houilles était difficile, comme dans la vaste concession de Finniny; partout où les recherches devaient procéder à priori et s'étendre en profondeur, comme vers Sainl-Cha-
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mond et le Plat-de-Gier, on se contenta de quelques couches offertes par affleurement, et l'on préféra la médiocrité des produits aux chances des travaux qui exigeaient de fortes dépenses. Eût-il été logique de hasarder de grands capitaux alors qu'on n'avait d'autre perspective que d'entrer dans une lutte dont on voyait chaque jour les effets désastreux?
Par suite de cette lenteur dans les recherches, le bassin de la Loire offre le contraste d'une accumulation énorme de travaux sur une certaine partie de sa surface, tandis qu'une plus vaste partie est à peine connue et exploitée. La compagnie générale ne réunit que 4,744 hectares sur 21 ,000 qui sont concédés , et pourtant elle a 235 puits sur environ 340 que contient le bassin. Elle calcule que, sur une richesse minérale reconnue de 4,883,000,000 quintaux métriques, elle en possède 3,399,000,000.
Est-il vrai que cette inégalité de répartition existe réellement dans le bassin? Les concessions associées sont celles de Rive-de-Gier et celles qui entourent Saint-Étienne, c'est-à-dire qui, du bois d'Aveize à Montrambert, possèdent les trois étages de la formation supérieure. Mais nous avons démontré que la plus grande partie des 16,000 hectares qui sont en dehors de la compagnie générale possède des ressources importantes. Sans doute les détenteurs de ces surfaces auront des dépenses considérables à faire pour mettre leurs ressources en évidence, et les rendre accessibles à l'exploitation; mais alors ils seront riches par le fait même de l'activité passée du reste du bassin,