‹ De la justice et des jugesChapitre 11 sur 30 · MO · texte numérisé non relu

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oserait le penser, aujourd'hui les nouvelles croyances ne fuient pas le monde et ne cherchent pas la solitude : à Fécart, sans bruit, dans une studieuse retraite, elles savent se contenir et s'entretenir par la méditation.

Et si, un jour , ces mômes croyances osent s'épancher dans l'intimité ; si cet épanchement n'a lieu qu'auprès d'un ancien chef ayant renoué lui-même de vieilles relations ; et si en telle situation le procureur général de la Cour suprême, par l'indiscrétion la plus inouïe et la trahison la plus perfide, livre un ancien et fidèle magistrat à un magistrat nouveau,, improvisé d'hier, chef de Cour souveraine, les vieilles croyances se ravivent et font éclater une indignation qui est à son comble.

Si cette indignation est comprise du chef actuel de la mar gistrature française. Monsieur le Garde des Sceaux daignera excuser une agression dont je me reconnaîtrais par trop coupable et que je me reprocherais s'il n'y était fait droit.

Mais qu'on le croie bien : je n'aurai, certes, a me reprocher en tout ceci que pins de ménagements et plus de réticence qu'on n'en mériterait jamais.

Gomment, Monsieur le Ministre, le procureur général qui aurait ainsi lancé à plaisir des brandons de discorde entre un nouveau chef de Gour et un ancien chef de parquet, serait ce même procureur général qui préalablement aurait également lancé contre ce même chef de Gour souveraine la plus sanglante des allusions historiques ?

Oui, Monsieur le Garde des Sceaux, oui, avant de livrer mes communications intimes à ce premier président , le procureur général Dupin aurait lancé sa gourmade et épan- (bé sa bile contre pareil chef de magistrature impériale.

En conséquence, après avoir ainsi résumé le grief dont je me plains et les motifs qu'il m'a été impossible de ne pas déduire pour les justifier, je réclame comme satisfaction due à mon caractère par suite des indiscrétions commis ses auprès du premier président et à mon encontre personnelle, que'M. Dupin, procureur général en la Cour de Cassation, soit mandé en chancellerie et que Monsieur le Ministre de la justice dans ses hautes attributions de discipline judiciaire avertisse ce magistrat qu'il a commis à l'égard d'un ancien procureur général de la Cour d'Aix un acte d'inconsidération tel qu'on ne doit point l'excuser du magistrat qui est à la tête de tous les parquets de France.

Daignez agréer, etc., etc.

BORÉLY

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